jeudi 30 août 2007

Enseignant : l'entrée dans le métier


Une fois n'est pas coutume (sur ce blog, sinon le sujet est en passe de devenir un vrai "marronnier" [1]), attardons nous quelques instants sur la rentée des classes du côté des enseignants. Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager ce petit papier écrit par Gilles Lazuech et Pascal Guibert (maîtres de conférence à l'Université de Nantes en sociologie et en science de l'éducation). Il vient de faire l'objet d'une communication au congrès international Actualité de la recherche en Education et en Formation qui se tient depuis mardi à Strasbourg. Et il est fort intéressant, en particulier pour les jeunes qui, comme moi, entament leur carrière de prof.

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mercredi 29 août 2007

Ca sent la rentrée !

... et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, la preuve irréfutable est le retour de quelques bons papiers dans les quotidiens nationaux ces dernières heures. Alors comme la rentrée est également synonyme d'effervescence pour les profs, je n'ai pas vraiment le temps ces jours-ci de faire une vraie note. Rassurez-vous, j'ai bien un petit quelque chose sur les retraités en préparation. Mais pour vous faire patienter, voilà une toute petite revue de presse, si vous ne deviez lire que cela :

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vendredi 24 août 2007

Fonctionnaires/gens du privé : vivons nous sur la même planète ?

Le sens commun oppose quotidiennement le secteur public au secteur privé. Il y a plusieurs raisons à cela, et également plusieurs moyens pour propager l’idée même de cette opposition. La presse écrite, et plus particulièrement les magazines hebdomadaires économiques ou d’actualité, a pris l’habitude de consacrer régulièrement des dossiers à la fonction publique et aux supposés « privilèges » de ceux qui en font partie, les fonctionnaires (et à la télévision aussi). Bien des arguments sont invoqués pour fustiger ces derniers et bien sûr les organisations dans lesquelles ils exercent leurs métiers. En témoigne les parutions plus ou moins récentes qui mettent en exergue l’impossibilité de réformer l’administration, la réforme étant entendue comme l’économie des moyens (humains et financiers), de juguler l’inflation jugée irrationnelle des effectifs de certains ministères, limiter la puissance des syndicats qui conduit à l’immobilisme, etc. Toutes ces raisons font que le discours ambiant oppose salariés du privé et salariés du public, comme s’il existait deux France, comme si la majorité maltraitée ne pouvait qu’en vouloir à la minorité privilégiée (précisons que le secteur public employait environ 5,95 millions de salariés soit 26,3 % de la population active du pays au 31 décembre 2003).

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jeudi 23 août 2007

Suis-je un profiteur du peuple ?


Il m'est arrivé une histoire assez surprenante hier en fin d'après midi, alors que je faisais mes courses dans une entreprise de grande distribution bien connue. J'arrive au rayon boulangerie, un peu pressé par ce que fin de la liste de courses, envie d'en découdre avec la file d'attente à a caisse, passer ma carte fidélité, payer et partir dans mon home sweet home. Un monsieur d'âge respectable se tient là, devant les boules tranchées aux graines de sésame, et moi qui ai le bras long, c'est bien connu, je souhaite atteindre les boules classiques, nettement plus apetissantes (et moins chères). Je demande "Pardon" au monsieur et profite de l'intervalle ainsi créé pour me glisser tel Dominici dans les lignes arrières anglaises. Mais là le probable jeune retraité se fige sur place.

Crime de lèse-majesté odieux de ma part, il considère que je lui ai piqué son espace vital. L'air de rien, mais de manière frontale, la discussion s'engage. Avec une formule détournée il me fait bien comprendre que je manque de "savoir-vivre avec les autres". Je pratique selon lui le "pousse-toi de là que je m'y mette" ! Il me regarde et me jauge, et affirme d'un ton péremptoire que "ce sont des pratiques de fonctionnaires" (allez savoir pourquoi), et me pose la question fatidique : "vous êtes fonctionnaire ?". Oui je le suis (enfin presque, je devrai signer mon procès-verbal d'installation dans mon nouveau poste d'ici une quinzaine de jours). "Vous êtes dans l'enseignement ?". Un peu bluffé sur le coup par la formidable accuité de mon interlocuteur, je ne trouve rien de mieux que de lui répondre sur un ton ironique : "vous auriez du faire sociologue !". Et lui de me répondre : "ah, c'est la pire espèce les enseignants, des profiteurs du peuple". L'échange se muscle, mais nous controlons respectivement nos pulsions, lui se dirige vers les légumes, moi vers les caisses. Fin de l'histoire.

Qu'est ce que ce petit dramelet contemporain peut bien nous apprendre ? Que la génération baby-boom est moins polie que ses enfants et petits-enfants ? Ca c'est pas nouveau... Que les fonctionnaires sont encore des pestiférés alors qu'ils n'ont plus vraiment de privilèges, ou qu'en tout cas ils n'en auront plus à très court terme. Ca aussi nous le savons. Non, on apprend plutôt qu'on peut être retraité et bien malin. Un français sur quatre exerce dans la fonction publique. SI les orientations politiques actuelles vont tendre à faire diminuer ce chiffre, le petit monsieur aigri avait quand même une grande probabilité de tomber juste. Oui mais il a deviné que j'étais "dans l'enseignement". Alors quoi ? Mon habitus de prof se voit déjà ? Est-ce mes lunettes rectangulaires ? Ma chemise à rayures ? Ou bien ma gabardine qui lui a rappelé les robes des ses instituteurs d'antan, ceux qui tapaient forts avec leurs règles carrés pour que l'algèbre rentre mieux dans les petites têtes blondes, ceux que Brighelli et consorts voudraient voir rescuciter. Plus sérieusement, un fonctionnaire sur deux exerce dans le ministère de l'Education Nationale. Voilà la probabilité de tomber de juste qui augmente. Et moi de tomber dans le panneau dressé par le vieil aigri. Avec une impression que cette manie de dresser une partie de la population contre l'autre propre à certains a fait des petits dans la tête de mes concitoyens.

Cette petite note servant d'éxutoire à ma colère d'hier au soir, je vous réserve quelques petits biscuits, plus intéressant, sur les fonctionnaires et les retraites, ou comment cet énergumène s'est permis d'insulter un membre d'une génération sacrifiée pour la sienne, qui paiera sa retraite et celle de sa femme jusqu'à presque 70 ans.


Crédit photo : - senior citizen - par RoOobie sur Flickr

mardi 21 août 2007

Pour vivre vieux, vivons à deux


Retour de vacances, il y a des restes de romantisme dans l'air, et l'Insee nous aide à y voir plus clair : pourquoi recherchons nous l'âme soeur ? Peut-être pour vivre plus longtemps. Non l'amour ne rend pas immortel, mais le couple protège de la maladie et de la mort. Et moi qui aie toujours cru que les vieilles filles devaient leur longévité précisément au fait qu'elles sont restées des "filles"... ai-je eu tort ? L'INSEE nous répond avec une petite enquête plutôt intéressante, voyez plutôt.

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jeudi 2 août 2007

Pause estivale... ou définitive ?

Et voilà, une quarantaine de notes plus tard, bilan et pause. Au bilan, une fréquentation grandissante, quoique limitée, puisque je n'ai pas la chance de certains, qui se sont fait référencer par des portails anarchistes dès leurs débuts... Ou encore la maestria dans l'art de blogger comme peuvent l'avoir Manuel ou Nicolas. Au bilan toujours, des notes inégales, dans leur contenu, dans leur objectivité (j'en ai conscience, si si), dans leur intérêt peut-être. Mais des commentaires toujours sympathiques et intéressants. Pas de débordement, que de la courtoisie. Ca fait plaisir.


Malheureusement, si ce blog s'arrête une quinzaine de jours, je ne suis pas sûr qu'il va pouvoir repartir. En effet, ma nouvelle situation professionnelle va me faire faire un peu plus de 1000 km en voiture par semaine pendant l'année scolaire qui s'annonce (qui a dit que les profs étaient des feignants assistés privilégiés ??), ce qui devrait me prendre pas mal de mon temps. Pas sur d'avoir une connexion Internet dans ma piaule en Charente. Et parce que blogger ou conduire, il faut choisir. Si on fait les deux en même temps, il y a des risques majeurs pour sa santé, et aussi de se faire arrêter par la maréchaussée. Pour l'instant, tout reste en suspend.

Si comme moi vous partez loin de chez vous pour vous ressourcer, n'ouliez pas que vous avez beaucoup de chance : pour en savoir plus, cliquez ici. Bonnes vacances pour ceux là, bon courage pour les autres.
@+

mercredi 1 août 2007

Le salaire minimum et l'Ecole du Public Choice

Il est des économistes qui ne croient plus en la bonté de l'Homme. Ou plus précisément, en l'homme politique. Ils se retrouvent, ces économistes, dans l'Ecole dit du Public Choice (ou "Choix public" pour ceux qui n'ont pas révisé leur anglais en lisant le dernier tome de Harry Potter). Que racontent-ils ces économistes ? Pour William D. Nordhaus, la conjoncture est fonction des actions politiques, actions menées par des hommes et des femmes qui ne sont pas moins rationnels que les autres. Conséquence : les hommes politiques nous disent qu'ils oeuvrent pour l'intérêt général, alors que leur rationalité les fait oeuvrer dans le sens de leur intérêt personnel, en l'occurence leur réélection. Voyons de quoi il retourne, en examinant les dernières nouvelles concernant le salaire minimum en France et aux Etats-Unis.

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