
Parce qu'il n'y a pas que la biologie dans la vie, des sociologues bloggeurs se répondent au sujet de la grippe A ou du virus H1N1 ou encore le swine flu pour nos amis d'outre-manche et outre-atlantique (où se trouvent d'ailleurs les deux bloggeurs en question).
Pour en savoir plus :
Damien Babet, La grippe porcine est déjà internationale, ContreBande, 27 avril 2009
Christine Monnier, Moral Panic Versus Risk Society, The GSB, 3 mai 2009
Damien Babet, Les bonnes raisons de paniquer, ContreBande, 5 mai 2009
Photo : 2009 swine flu outbreak, The Big Picture, 6 mai 2009
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Entre le 1er janvier 2008 et le 1er janvier 2009, un emploi en intérim sur cinq a été détruit en France. C'est ce que montre la DARES dans le dernier numéro de Premières Synthèses. Cette diminution n'a pas de précédent, et conduit l'intérim a retrouver son niveau des années 90. Sans surprise, ce sont dans les secteurs de l'industrie et de la construction que l'intérim reculent le plus. Les intérimaires ont payé au prix fort la défiscalisation des heures supplémentaires.
Que la part des actifs en intérim recule en temps de crise, ce n'est pas étonnant. Mais ce qui l'est plus, c'est la rapidité de cette décrue :
Volume de travail temporaire en équivalents-emplois à temps plein et nombre d'intérimaires en fin de trimestre
Source : DARES, Pôle emploi
On peut voir sur ce graphique que la chute intervient dès le début du premier trimestre 2008. A cette période, on est encore en pleine affaire Kerviel, la crise des subprimes en est à ses débuts, on n'a pas encore entendu parlé des problèmes de Lehmann Brothers aux USA et de la Northern Rock en Europe, mais les économistes se demandent en combien de temps la crise financière va se transformer en crise économique. Pendant ce temps là, les anticipations des entrepreneurs les conduisaient déjà à ne pas renouveler les contrats à durée déterminée et ceux des intérimaires, plutôt qu'à diminuer le recours aux heures supplémentaires.
En effet, habituellement, la première variable d'ajustement ce sont les heures supplémentaires et le chômage partiel.
Nombre moyen d’heures supplémentaires trimestrielles déclarées par salarié à temps complet*

(*La rupture au 4e trimestre 2007 s'explique par le fait que "les entreprises (...) omettaient sur les années récentes de déclarer à l’enquête une partie des heures supplémentaires régulièrement travaillées". L'entrée en vigueur de la défiscalisation des heures supplémentaires a incité les entreprises à déclarer ces heures supplémentaires aux enquêtes de la DARES. La découverte de ce biais de sous-déclaration vient amplifier l'effet d'aubaine constitué par cette défiscalisation.)
Le graphique 2 montre bien, en comparaison avec le graphique 1, que l'étape de la réduction des heures supplémentaires n'a jamais eu lieu dans le cas français, et ce sont les CDD et les intérimaires qui ont été directement touchés, avec au passage des conséquences catastrophiques sur l'emploi des jeunes, surreprésentées dans ces formes d'emplois précaires. En 2009, la troisième étape de la crise économique est atteinte, celle des licenciements et des fermetures d'entreprises.
Pour aller plus loin :
L’emploi intérimaire au 4eme trimestre 2008 : un recul sans précédent de l’intérim, DARES, avril 2009.
Les heures supplémentaires au 4eme trimestre 2008, DARES, avril 2009
La défiscalisation des heures sup a accéléré la hausse du chômage, interview de Eric Heyer, Le Monde, 11 mars 2009
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On fait beaucoup dans le web 2.0 sur ce blog depuis quelques temps. Je signale ici la sortie du numéro 154 de la revue Réseaux. Revue de sociologie consacrée à la communication, aux télécommunications, aux médias, elle existe depuis 1983. Longtemps publiée dans la collection Hermès aux éditions Lavoisier, on trouve maintenant les résumé et tables des matières du côté de La Découverte. Le dernier numéro est justement consacré au Web 2.0 et en voici la présentation :
Si les plateformes relationnelles du Web 2.0 font beaucoup parler d’elles aujourd’hui, les analyses empiriques des pratiques concrètes des utilisateurs restent en revanche mal connues, si ce n’est pour moquer leur caractère infantile ou s’inquiéter des risques qu’y prennent les utilisateurs en livrant des informations sur leur vie personnelle. Pourtant, ces nouveaux sites relationnels (MySpace, Facebook ou Flickr) posent des questions très intéressantes et nouvelles. Que signifie devenir « ami » dans ces espaces relationnels, où il semble si facile de créer de nouvelles connexions avec des personnes que l’on connaît peu, mal ou pas ? Comment se développent et s’organisent les pratiques des utilisateurs ? Existe-t-il un lien entre le nombre d’informations dévoilées sur soi et la capacité relationnelle des individus ? Ce numéro spécial entend interroger, dans toute leur diversité, les usages de ces plateformes relationnelles. Les articles qui le composent s’appuient sur des enquêtes empiriques détaillées de Flickr, Wikipédia, Second Life et de la blogosphère politique française. À travers des analyses statistiques et qualitatives de la vie relationnelle sur ces plateformes, il sera possible de mieux répondre à un ensemble de questions qui se posent aujourd’hui de façon récurrente à propos des réseaux sociaux de l’Internet. Comment s’articulent les relations de la vraie vie et les relations avec les « amis » en ligne ? Comment s’organisent les systèmes relationnels sur Internet ? Quelles procédures sont mises en place pour régler les conflits et assurer la gouvernance des grands collectifs en ligne comme Wikipédia ? Comment se diffusent les informations et les opinions au sein de la blogosphère politique ?
Plus d'infos sur le site de La Découverte
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Lu dans l'excellente-revue-de-presse de ce jour de Philippe Watrelot :
Selon une étude de l'université de l'Ohio, rapportée par 20 minutes la corrélation est avérée entre le temps passé sur "FB" et des notes moyennes. "Il y a une déconnexion entre l'affirmation des étudiants selon lesquels le fait de passer du temps sur Facebook n'a aucun impact sur leurs études et nos conclusions qui montrent que leurs notes sont plus basses et qu'ils passent moins de temps à leurs études", note Aryn Karpinski, post-doctorant en sciences de l'éducation à co-auteur de l'étude. Ce qu'il faut retenir tient en peu chiffres. Les étudiants qui sont sur Facebook (plus fréquents dans les sciences dures qu'en sciences sociales, bizarrement) consacrent en moyenne 11 à 15 heures par semaine aux études hors cours, contre 1 à 5 heures pour les Facebookers. Evidement, les notes s'en ressentent, quoique de façon non proportionnelle.
Maintenant il faudrait faire une étude docimologique : est-ce que les notes des élèves corrigés par des profs qui "facebookent" sont meilleures ou plus mauvaises que s'ils sont corrigés par des non pratiquants de facebook ??
A ce propos, mais plus sérieusement, Christelle Membrey aborde
la question de la gestion de leur identité numérique par les professeurs et c'est très intéressant. Un autre blog à suivre de près, assurément.
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Si vous l'avez raté ce matin, l'interview de Camille Peugny et Cécile Van de Velde est disponible en video :
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Ce matin j'abordais en cours de Terminale le concept d'anomie chez Durkheim, notamment à partir de sa célèbre étude sur le suicide (pour en savoir plus sur les typologies, voir en fin de note). Pour illustrer le suicide anomique, nous avons étudié un texte de H. Mendras dans lequel celui-ci revient sur les formes d'anomie aiguë mis au jour par E. Durkheim. J'ai donc fait un aparté sur le fait que la crise financière et économique actuelle allait selon toute probabilité apporter son "contingent de morts volontaires", selon la formule bien connue. Je ne croyais pas si bien dire, à l'heure où je faisais mon cours le directeur financier de Freddie Mac était retrouvé mort, très probablement suicidé... Coïncidence...
Le directeur financier de Freddie Mac retrouvé mort, LeMonde.fr et AFP, 22 avril 2009
Pour en savoir plus sur le suicide vu par Durkheim :
- si vous êtes pressés, cet article Wikipédia, mais il est incomplet et approximatif. Classer les kamikazes parmi les suicides fatalistes, je doute...
- si vous avez 5 minutes, passez chez Claude Bordes. Article beaucoup plus détaillé et rigoureux.
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