mardi 27 novembre 2007

Rapport Olivennes, à la benne !

Le titre est un peu racolleur, il est vrai. Mais que voulez vous ? Le rapport Olivennes - du nom du PéDéGé de la Fnac - sur le piratage sur internet provoque un tollé, et pas seulement chez les associations de consommateurs et d'utilisateurs du Web. Les économistes bloggers ont laché les chiens sur le texte qui plaisait tant à Patrick Bruel et ses amis. Pour y voir un peu plus clair, j'ai recensé une bonne partie des notes qui en parlent :

@ Regards croisés sur l'économie : De Rackham le Rouge à Loïc, 11 ans
@ Notes d'un économiste : Le rapport de la mission Olivennes
@ L'éconoclaste : Le plus vif d'entre nous

Moins économique, mais non moins expert, le très bon Ratiatum :
Le rapport décrypté point par point

Et toujours sur Ratiatum, le très croustillant :
Petits mensonges de Denis Olivennes

lundi 26 novembre 2007

et ils pompaient...

Un peu d'humour dans ce monde de brutes... Vous l'avez peut-être déjà reçu dans vos boites mails, mais je ne résiste pas à l'envie de le partager. Monsieur Olivennes, je suis désolé mais je n'ai pas trouvé qui était l'auteur de ce très bon document. Je ne peux donc pas le retribuer.

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mercredi 21 novembre 2007

Du luddisme à la SNCF ?

Ce matin l'info en tête de gondole c'était le "sabotage coordonné" de lignes grande vitesse aux quatre coins de la France (ou plus précisément de l'étoile ferroviaire). Comme un non dit, le doute planait : était-ce des cheminots qui avaient volontairement dégradé leur propre outil de travail (encore que les infrastructures ferroviaires sont entretenues par Réseau Férré de France, mais on ne va pas rentrer dans les détails) ? La dégradation de l'outil de travail, le luddisme, n'est pourtant pas dans la culture ouvrière française, et encore moins dans la culture cheminotte, très attachée aux machines et aux voies. D'ailleurs le mot "Cheminot" qui apparait dans la deuxième moitié du XIXè siècle désignait précisément ceux qui construisaient et entretenaient les voies, les chemins de fer. Et aujoud'hui le terme désigne tout employé de la SNCF, roulants comme sédentaires. Petite histoire du luddisme, et retour sur la notion de sabotage...

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mardi 20 novembre 2007

petite réaction à chaud à propos de Cdanslair

Un billet au ton un peu plus personnel qu'à l'habitude mais bon... J'aime bien l'émission Cdanslair sur France 5. Je trouve le concept plutôt sympathique, les intervenants souvent intéressants, l'animateur assez pro quoiqu'il fait souvent venir les mêmes. Et ce soir, ça n'a pas loupé, on parlait des fonctionnaires, il a donc invité Jacques Marseille. David Martinon n'a qu'à bien se tenir, on lui dispute la place de porte-parole de Nicolas Sarkozy. Bref j'ai trouvé l'émission de ce soir décevante, parce que déséquilibrée, et je le fais savoir par voie de blog.

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lundi 19 novembre 2007

Grèves, conflictualité, etc...

Deux articles qui valent la peine d'être lus, parus dans Libération ces jours-ci :

"La conflictualité ne décline pas, elle se transforme", une interview de Jean-Michel Denis, sociologue (Libération du 19 novembre)

"Le mythe d'un pays gréviste", une tribune de François Doutriaux, juriste (Libération du 14 novembre)

[EDIT]
Pour un autre point de vue, un billet publié sur le blog Ecopublix.eu
Des grèves partout, sauf dans les statistiques

jeudi 15 novembre 2007

Socle commun et justice sociale

Dans le dernier numéro de l'Enseignant, la revue du Syndicat des enseignants-Unsa, on trouve une interview de François Dubet, sociologue de l'éducation. Il s'exprime sur la question du socle commun de connaissances et de compétences. Kezako le socle ? Je sors de 6 heures de formation sur ce thème, et j'y vois relativement plus clair. Quoique...
Prof de lycée, je ne devrai pas être amené à "pratiquer" ce socle puisque c'est le brevet des collèges qui valide la maîtrise des sept "piliers" qui composent le socle. Pour autant (et au risque de faire une belle lapalissade) on ne peut pas enseigner à des lycéens s'ils ne sont pas passés par le collège. Entendez par là qu'un prof de lycée fera mieux son travail si les élèves qu'il reçoit en début de seconde ont les pré-requis nécessaire à la scolarité dans ce que l'on appelle le cycle de détermination (seconde) et le cycle terminal (première et terminale). Alors c'est quoi le socle et qu'est ce qu'en pense François Dubet ?

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mercredi 14 novembre 2007

Le Contrat Nouvelle Embauche (CNE) est mort

Le CNE a vécu, il est mort. L'Organisation International du Travail l'a recalé car il ne respectait pas les deux principes fondamentaux du droit du travail que sont :
1. Le caractère raisonnable de la période d'essai
2. La motivation de tout licenciement

Je rappelle que le CNE était destiné aux entreprises de moins de 20 salariés. Il permettait à l'employeur de rompre le contrat de travail de manière unilatérale et sans motivation durant une période dite "de consolidation" de deux années qui suit la signature du contrat.

Voila la dépêche de l'AFP qui rend compte de l'avis de l'OIT réunie ce mercredi à Genève :

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Du bon usage des mots en temps de grèves

On oublie souvent le pouvoir des mots. En ces temps de mouvements sociaux, il est toujours bon de relire cet article paru sur Acrimed en 2003, plus que jamais d'actualité.

>>> Lexique pour temps de grèves et de manifestations


Toujours à propos des grèves, il y a quelques mois je publiais deux notes sur le droit de grève et le service minimum que l'on peut toujours lire ici et .

Pour relire ma note sur la valeur des sondages d'opinion, c'est par ici.

A noter également la création par la SNCF d'une page spécialement dédiée aux divers Powerpoint et documents qui circulent dans vos boites mails pour dénigrer l'entreprise et ses salariés : halte aux idées reçues. J'avais d'ailleurs relayé un article paru dans Libération (et qui ne doit plus être librement accessible à présent) mais que vous pouvez relire ici sur la pénibilité du travail de cheminot.

Plus que jamais, il est impératif d'exercer votre esprit critique à l'égard des raccourcis journalistiques et des élans de "bon sens" tellement tentant et courant ces jours-ci.

mardi 13 novembre 2007

Mesdames, messieurs... Les chiffres du chômage !

Version modifiée du 13 novembre

Retenez votre souffle, ils sont sortis. On en a parlé pendant la campagne présidentielles. Les voila. Mesdames, messieurs, roulement de tambour... TaDam ! Les chiffres "officiels" du chômage en 2006. En presque exclusivité, et avant le journal de 20h00.

C'est dans le dernier numéro d'INSEE Première que vous trouverez les explications que l'on attendait depuis des mois : les fameux résultats de l'enquête emploi qui paraissent habituellement au printemps, et qu'on a bizarement servis à l'automne cette année... Au détour d'une note sur l'évolution du chômage depuis le début 2006, on apprend le résultat de cette fameuse Enquête Emploi que l'INSEE et la Dares n'avait pas été en mesure de communiquer en avril dernier. Tout ça pour apprendre que :
En moyenne pour l’année 2006, comme en 2005 et en 2004, il s’établit à 8,8 % de la population active pour la France métropolitaine, soit 2,4 millions de personnes.
Bref ça ne bouge pas des masses depuis trois ans, quoi qu'en fasse les gouvernements... de droite (hop, voila, ça y est c'est dit... Mais la mauvaise foi a des limites : les statistiques sont souvent trompeuses). Avant de partir, n'oubliez pas de jeter un oeil au communiqué de presse d'ACDC (les Autres Chiffres Du Chômage) histoire de confronter les points de vue !

jeudi 8 novembre 2007

Les pauvres, la santé et les franchises médicales

Olivier Bouba-Olga revient sur son blog sur le bulletin INSEE Première n°1162 consacré à une étude qui différencie régions riches et régions pauvres. Je vous incite à lire ce Insee Première ainsi que la petite note d’OBO forte intéressante, avec des petits calculs qui en disent long.

Mais ces jours-ci mon attention a plutôt été retenue par le numéro précédent d’INSEE Première, le n°1161 consacré à la santé des pauvres. Dans cette note la pauvreté est entendue dans sa définition européenne, c'est-à-dire qu’est considérée comme personne à bas revenu toute personne dont les revenus ne dépassent pas 60% du niveau de vie médian. Avec toutes les imperfections qui caractérisent ce genre de définition : quid de celui qui est à 60,01 %

A l’heure où le débat sur l’instauration des franchises médicales est encore vif en France – bien que le texte ait été voté à l’assemblée le 6 novembre, pour une mise en place dès le 1er janvier 2008 – la lecture de cette note de l'INSEE est plus qu’intéressante.

Pas de progressivité

En effet, contrairement aux autres pays d’Europe où elle est instaurée, la franchise médicale à la française ne prévoit aucune progressivité. Que votre salaire soit nul, que vous soyez pris en charge par la Couverture Maladie Universelle, ou bien que vous vous appeliez Arnaud Lagardère, vous paierez la même franchise médicale. Or toutes études de sociologie de la santé montrent que les pauvres se soignent moins bien que les riches. Par méconnaissance du système (et notamment des rôles des différents spécialistes), par un rapport au corps et à la médecine différent de ceux des classes plus aisées de la population (on va chez les médecins quand on va vraiment mal… c’est-à-dire souvent trop tard), les pauvres ont un taux de morbidité (probabilité de tomber malade) et un taux de mortalité (pas besoin d’expliquer) bien supérieur aux classes favorisées. Il y a donc fort à parier que les franchises médicales ne vont pas améliorer la situation pour cette population, en l’éloignant encore un peu plus le domaine de la santé.

La santé des pauvres
L’étude de l’INSEE met en avant plusieurs points qui viennent confirmer ce que les autres études ont déjà surligné par le passé. En clair, les pauvres consultent moins les médecins, et particulièrement les spécialistes ; ils se déclarent plus souvent en mauvaise santé que le reste de la population ; dans la suite du premier élément, les problèmes dentaires sont surreprésentés ; les enfants pauvres subissent tout autant que leurs parents, si ce n’est plus, l’éloignement vis-à-vis du corps médical ; et enfin les pratiques de dépistages et de prévention sont beaucoup moins fréquentes chez les personnes appartenant aux ménages les plus modestes. Il n’est donc pas étonnant de retrouver une surreprésentation de cette population chez les personnes atteintes du cancer du colon, des seins ou de l’utérus : pas de dépistage a priori mais un diagnostic a posteriori.

La raison première avancée est tout simplement la question du financement de la santé. Face au non remboursement des appareils dentaires ou des lunettes, ou même à cause du fait d’avancer le coût de la consultation et de ne pouvoir bénéficier du tiers payant, les ménages hésitent à se soigner. Et ce même avec la mise en place de la CMU : certains ne font pas la démarche de demander à en bénéficier, probablement parce que bénéficier de la CMU revient à être « étiqueter » comme pauvre (voir la notion d'étiquetage chez H. S. Becker), mais il y a également un effet de seuil qui conduit une partie non négligeable de la population modeste à dépasser les plafonds de ressources. Ainsi on peut lire dans l'étude de l'INSEE :
Ces écarts en matière de santé peuvent en effet provenir de la contrainte financière qui pèse sur les plus pauvres, malgré la mise en place de la couverture maladie universelle (CMU) et de sa complémentaire. D’une part, les plus pauvres ne demandent pas toujours à en bénéficier, d’autre part, leurs ressources peuvent être supérieures au plafond requis pour l’affiliation. Ainsi, 22 % des individus ayant de faibles revenus n’ont pas de complémentaire santé (CMU comprise) alors que ce n’est le cas que de 7 % du reste de la population.

Dans ces conditions, on a du mal à croire que les franchises médicales à la française n’aient pas un impact sur les dépenses de santé des plus démunis. Ces franchises amènent donc une modification profonde de notre façon de penser la solidarité.

Ailleurs… l’exemple de la Suisse

Laurent Mossu, correspondant à Genève pour France Inter, rapportait ce matin que la franchise annuelle en Suisse avait permis de réduire de 20% les dépenses de santé « à qualité de soin constante ». La franchise est fixée à 300 Francs Suisse (187€), plus une quote-part de 10% (sur toutes les dépenses de médecin, de médicaments ou d’hospitalisation) qui reste à la charge du malade jusqu’à un maximum de 437€. « Grosso modo, nous dit Laurent Mossu, 15% des dépenses de santé sont couvertes par les malades », et le gouvernement suisse a pour projet de faire doubler la quote-part. « Il considère que cette participation additionnelle est parfaitement supportable, ne pénalisant pas les patients atteints de maladies chroniques, ou à coûts élevés ». A croire qu’il n’y a pas de pauvre en Suisse…

(à vous de déterminer si cette dernière phrase relève du premier, du second ou du troisième degré)

Sources :