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mardi 29 septembre 2009

Des nouveaux blogs chez Alternatives Economiques

Le mois de septembre a vu fleurir les blogs du côté de chez Alternatives Economiques, le mensuel bien connu. Alors que je suis plongé dans la lecture de l'ouvrage de Camille Peugny, Le Déclassement, je découvre que ce dernier fait partie des néobloggeurs de chez AlterEco. Pleins de nouveaux billets à lire donc.

Camille Peugny, sociologue
Alain Lipietz, économiste et homme politique
Arnaud Lechevalier, économiste.

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mardi 25 août 2009

Les bonnes choses ont une fin

Finies, les vacances. C'est la rentrée qui se prépare. J'en profite ce matin pour passer en revue ma blogroll, et signaler ainsi les ajouts indispensables :

-> Economie
Blogage sur l'économie internationale, le blog de Fabien Candau, Maître de Conf à l'université de Pau
Eco Inter-Views, le blog de Patrice Cassagnard, Maître de Conférences à Bordeaux et Denis Gouaux, Docteur.
Economie Positive, par Propspero, docteur en économie
Que disent les économistes ?, par Yannick Bourquin, doctorant à l'ENS Cachan.

-> Sociologie
Socio Voce (désolé Fred&Ben pour ce retard à l'allumage, je garde votre ancien site en lien quand même)
Une année d'articles sociologiques, le blog d'un panda qui se met au défi de publier toutes les semaines un billet sur un article sociologique.

Pour visiter, les liens sont dans la colonne de gauche.

A noter également, la parution de Tous les pays du monde 2009, le numéro de P&S de l'INED qui condense en 4 pages toute la démographie mondiale. Un must have pour tous les profs de SES et d'Histoire-Géographie, et pour tous ceux que ça intéresse d'avoir un instantané démographique de notre planète.

Photo : Blue par Pierre M sur Flickr

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mercredi 22 juillet 2009

Mes vacances en direct sur facebook


J’observe depuis quelques jours un phénomène nouveau. Sur facebook, le réseau social désormais bien connu d’une bonne partie des internautes, on voit apparaître de plus en plus de photos de vacances. Des photos de vacances il en existe depuis que la photographie s’est démocratisée et que tout un chacun a pu capturer l’image comme bon lui semblait. Ce qu’il y a de nouveau, c’est que ces photos sont rendues (semi)publiques quasiment dans l’instant où elles sont prises. En tout cas la possibilité existe, et de mes contacts partis en vacances, nombreux sont ceux qui nous font partager leur expérience presque en direct, surtout les possesseurs d’iPhone. Et cela m’interroge pas mal...

L’iPhone a permis aux opérateurs de téléphonie de réussir là où ils avaient échoué avec le MMS. Il n’a jamais été aussi facile de prendre des photos et de les transmettre à un correspondant ou à une plate-forme de réseau social de type facebook. Le nombre d’iPhone dans le monde (même s’il reste encore l’apanage d’un groupe limité d’habitants des pays du Nord) est impressionnant : les ventes du téléphone d’Apple ont connu une progression de plus de 600% en un an et ceux-ci représente 50% du traffic web mobile aux Etats-Unis. Il n’a pas fallu très longtemps aux constructeurs historiques de téléphones portables et PDA pour s’engager sur la voie tracée par la marque à la pomme et disputer sa rente de monopole (voir les Nokia N97 ou Palm Pre). On a d’ailleurs là une illustration parfaite de ce que Joseph A. Schumpeter nommait une grappe d’innovation : la conjonction de la miniaturisation de la photo et de l’informatique, les innovations en matière de réseau de communication (la norme 3G) et de technologie web. La communication par message visuel est devenue, grâce à cela, réalité. Dès lors il n’est plus rare de voir apparaitre les photos personnelles de ses contacts sur son ordinateur, quelques instants seulement après qu’elles aient été prises, dans un dossier intitulé le plus souvent « Téléchargements mobiles ».

Définis par notre « agir » plus que par notre « être »

Il est clair que les réseaux sociaux modifient profondément les règles de la sociabilité, les manières d’entretenir ses relations amicales, professionnelles, familiales, son capital social pour aller vite (pour un éclaircissement sur les relations capital social/réseau social). Le sociologue Dominique Cardon (France Telecom R&D/EHESS) évoque les « traces » que laissent volontairement les individus sur facebook et dans lesquelles on vient marcher à leur suite. Untel a vu tel film, critiqué tel ouvrage, cela m’apprend des choses sur ses goûts culturels, il me recommande tel lien, tel article, telle vidéo, il était à tel endroit et il lui est arrivé telle chose. Finalement je suis souvent mieux informé sur les détails de son quotidien que ses propres parents ou enfants. Le lien qui se construit est donc autrement plus riche qu’auparavant puisque je peux converser comme je le souhaite avec lui, en direct ou en différé, sur des sujets qui nous rapprochent.

Les réseaux sociaux influencent aussi la manière de construire sa propre identité. D. Cardon montre bien, à partir d’une typologie des différents usages du web2.0, comment les sites de réseaux sociaux accentuent la subjectivation, c’est-à-dire la construction, par l’individu lui-même, d’une identité personnelle qui fait sens, et ce de manière plus ou moins autonome par rapport à ses caractères objectifs (je reviendrai probablement sur ce point plus tard tant il est au cœur de la sociologie contemporaine). Cette identité « numérique » ne serait plus construite à partir de ce que l’on est, comme l’identité civile, mais bien plus à partir de ce que l’on fait. Et à bien y réfléchir, il est effectivement plus révélateur de voir que tel ou tel contact a répondu à tel quizz, que les réponses mêmes qu’il a apporté aux questions du quizz. De même que par le message d’état ou les photos partagées, on construit son identité à partir de ce que l’on fait « ici, maintenant, et avec untel ». Dernier exemple, celui de l’engagement : en adhérant à un groupe ou à une cause en relation avec une activité personnelle effective, on donne à voir à travers ce que l’on fait, qui l’on est.

Confusion des groupes et relation au temps

A cette profusion de comptes-rendus d’activités diverses à toutes heures du jour et de la nuit je vois deux risques. Premièrement la confusion des groupes socialisateurs. Si facebook permet de recréer un entre-soi relativement bien gardé (voir la notion de « clair-obscur » utilisée par D. Cardon pour décrire les espaces de conversation qui ne sont pas destinés à tous les internautes) les frontières entre les différents groupes sociaux dans lesquels les individus s’inscrivent sont extrêmement poreuses. Même s’il est possible d’établir des listes, de gérer les droits de vos contacts en terme d’accessibilité au contenu que vous produisez en ligne, dans les faits une fois que vos collègues de travail intègrent la sphère semi-privée de vos contacts, ils pourront voir vos photos de famille et inversement. Et vous assistez parfois à une discussion improbable entre un camarade retrouvé de l’école primaire et votre collègue de bureau à propos d’une photo sur laquelle votre coupe de cheveux de CM1 est bien risible. Ici l’exemple est plutôt drôle, mais il y a parfois des « frottements » inhérents au fait que se mélangent des groupes tels qu’amis, collègues, membres des associations et groupes formels auxquels vous adhérez, membres de la famille voire même parfois quelques inconnus ou quelques personnages politiques ou médiatiques. Et que certaines informations échappent à votre contrôle, ou plus précisément n’échappent pas au contrôle interpersonnel alors que vous ne les destiniez qu’à quelques uns. Dans la vie physique, certaines instances de socialisation peuvent entrer en concurrence plus ou moins frontale entre elle (on pense à l’école et la famille par exemple). Il peut en être de même sur facebook dans la mesure où tous ces groupes se retrouvent mélangés.

Deuxième risque, la question du temps, de sa prise en compte, du rapport que l’on entretient avec lui. Facebook provoque à peu près la même chose avec l’information personnelle que ce que font les media avec l’information en général. Sa diffusion est accélérée, et elle s’accumule au fil des détails renseignés par les contacts, jusqu’à submerger le récepteur. Et on cherche toujours à renseigner ces détails le plus rapidement possible. Dans un premier temps on renseignait l’humeur du moment en allant sur le site www.facebook.com. Ensuite on a pu le faire à partir d’autres applications en interconnexion avec le site : twitter, netvibes, ou autre. Après on a eu la possibilité de renseigner sa page par téléphone, avec un SMS envoyé à un numéro spécial. Enfin une application permet de retrouver tout facebook depuis son iPhone ou autre terminal du même genre. Si bien que l’on communique dans l’immédiat certains éléments.

J’en reviens donc à ma question de départ, celle des photos de vacances. Auparavant on racontait à son retour ses souvenirs de voyages, ses souvenirs de vacances à son réseau de connaissances. On faisait partager les odeurs, les paysages, les rencontres, les péripéties, après les avoir reconstruit et intégré dans un schéma narratif, mettant en exergue un détail, oubliant un autre. A présent on peut en plus communiquer son expérience immédiate ; presque plus besoin de raconter les souvenirs, les amis seront prévenus quasiment en temps réel, et le reste des contacts aussi. Par la même occasion, on reste informé des activités des autres, on commente telle ou telle information. Seulement le temps des vacances, pour ceux qui ont la chance d’en prendre, est un temps social particulier, dans lesquels de nouveaux rythmes ont cours, différents de ceux du quotidien. Ce temps social est particulier parce que c’est un temps de non-travail, or on a démontré que c’est bien le travail qui est l’élément qui structure le temps. Les vacances les plus reposantes sont bien celles qui permettent le break avec l’organisation temporelle liée au travail, et plus largement tout ce qui touche à l’activité ordinaire. De la même manière que les employeurs fournissent blackberry et iPhone à leurs cadres pour les rendre joignables et disponibles, les individus sont capables de se contraindre eux-mêmes à des stratégies non conscientes qui leur permettent de continuer à exister, à construire leur identité numérique, même à mille kilomètres de leur quotidien.

[EDIT : 23/07/09] J'apprends via Blog de Nuit que Facebook et Twitter ont dépassé l'e-mail en terme de partage de contenu.

Afin d'illustrer mon propos, quelques morceaux choisis de ce qui retourne après une recherche rapide sur les blogs français à partir des mots clés "Facebook" et "Vacances" :
- Tamtam's weblog : "Tatam prends des vacances … Tout comme son auteur pour une durée d’un mois et quelques jours. Bien entendu, Facebook, Twitter, Flickr et ici même (enfin normalement) seront à jour au moins une fois par semaine. Pas d’inquiétudes à avoir donc."

- Juju alias PrincessKitty : "Holidays Pictures. Pour ceux qui m'ont sur Facebook-pour les autres tant pis-vous pouvez découvrir mes photos de vacances en cliquant sur les images ci-dessous" (à noter que PrincessKitty ne semble pas savoir gérer les droits d'accès à ses photos. Si sont profil facebook n'est pas public, ses dernières photos de vacances à Antibes le sont).

- Filles à blog, le blog tenus exclusivement par des filles qui travaillent pour le magazine L'Etudiant, font la publicité de l'annuaire qui recense les hot spots wifi. Avec ce petit commentaire on ne peut plus suggestif : "Impossible de ne plus consulter Facebook ou letudiant.fr pendant les vacances. Le site linternaute met à votre disposition l’annuaire des hotspots wifi partout en France. Plus de 7000 sont référencés. Alors si vous passez vos vacances dans l’Hexagone, plus d’excuses pour rester out of order."
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Pour en savoir plus sur les sciences sociales et les réseaux sociaux, en video :

Internet, nouvel espace démocratique ?
Entretien avec Dominique Cardon


Dominique Cardon : le design de la visibilité (40')


Sur le ARHV
Dominique Cardon, Pourquoi sommes nous si impudiques ? 12 octobre 2008

Sur InternetActu, site de la Fing, par D. Cardon :
Le design de la visibilité : un essai de typologie du web 2.0

Les sciences sociales et le web 2.0 : Comprendre les sites de réseaux sociaux (1/7)

Les sciences sociales et le web 2.0 : L’identité comme signal (3/7)

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mercredi 8 juillet 2009

Reprise de l'activité (tout doux, tout doux)

Le rush de la fin d'année scolaire n'est pas le meilleur ami du blogeur, loin de là. Je me rends compte que je ne suis pas le seul à connaître un rythme de publication ralenti (c'est un euphémisme) : la blogosphère économique et sociale me semble avoir relativement perdu un peu en endurance. Mais peut-être n'est ce qu'une illusion d'optique. En tout cas il reste encore quelque fous furieux qui postent plusieurs fois par jour (Wahou, mais comment fait il ?). D'autres ont choppé une bonne vitesse de croisière (ici par exemple). Et les valeurs sures sont toujours au rendez-vous ( et ).

Ces derniers temps j'avoue être plus dans la veille que dans l'analyse et la rédaction. C'est pourquoi je vous propose quelques liens à ne pas manquer cette semaine (sélection multimédia, avec respectivement des videos, du son, du texte et des graphiques) :

- Internet, nouvel espace démocratique ? Entretien avec Dominique Cardon, sociologue
- Comment mesurer autrement richesse et progrès ? Avec Dominique Meda, philosophe et Jean Gadrey, économiste
- Le vieillissement démographique sera plus rapide au Sud qu'au Nord, Gilles Pison, démographe (INED).

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jeudi 30 avril 2009

web 2.0


On fait beaucoup dans le web 2.0 sur ce blog depuis quelques temps. Je signale ici la sortie du numéro 154 de la revue Réseaux. Revue de sociologie consacrée à la communication, aux télécommunications, aux médias, elle existe depuis 1983. Longtemps publiée dans la collection Hermès aux éditions Lavoisier, on trouve maintenant les résumé et tables des matières du côté de La Découverte. Le dernier numéro est justement consacré au Web 2.0 et en voici la présentation :

Si les plateformes relationnelles du Web 2.0 font beaucoup parler d’elles aujourd’hui, les analyses empiriques des pratiques concrètes des utilisateurs restent en revanche mal connues, si ce n’est pour moquer leur caractère infantile ou s’inquiéter des risques qu’y prennent les utilisateurs en livrant des informations sur leur vie personnelle. Pourtant, ces nouveaux sites relationnels (MySpace, Facebook ou Flickr) posent des questions très intéressantes et nouvelles. Que signifie devenir « ami » dans ces espaces relationnels, où il semble si facile de créer de nouvelles connexions avec des personnes que l’on connaît peu, mal ou pas ? Comment se développent et s’organisent les pratiques des utilisateurs ? Existe-t-il un lien entre le nombre d’informations dévoilées sur soi et la capacité relationnelle des individus ? Ce numéro spécial entend interroger, dans toute leur diversité, les usages de ces plateformes relationnelles. Les articles qui le composent s’appuient sur des enquêtes empiriques détaillées de Flickr, Wikipédia, Second Life et de la blogosphère politique française. À travers des analyses statistiques et qualitatives de la vie relationnelle sur ces plateformes, il sera possible de mieux répondre à un ensemble de questions qui se posent aujourd’hui de façon récurrente à propos des réseaux sociaux de l’Internet. Comment s’articulent les relations de la vraie vie et les relations avec les « amis » en ligne ? Comment s’organisent les systèmes relationnels sur Internet ? Quelles procédures sont mises en place pour régler les conflits et assurer la gouvernance des grands collectifs en ligne comme Wikipédia ? Comment se diffusent les informations et les opinions au sein de la blogosphère politique ?
Plus d'infos sur le site de La Découverte

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lundi 27 avril 2009

Facebook et les études

Lu dans l'excellente-revue-de-presse de ce jour de Philippe Watrelot :

Selon une étude de l'université de l'Ohio, rapportée par 20 minutes la corrélation est avérée entre le temps passé sur "FB" et des notes moyennes. "Il y a une déconnexion entre l'affirmation des étudiants selon lesquels le fait de passer du temps sur Facebook n'a aucun impact sur leurs études et nos conclusions qui montrent que leurs notes sont plus basses et qu'ils passent moins de temps à leurs études", note Aryn Karpinski, post-doctorant en sciences de l'éducation à co-auteur de l'étude. Ce qu'il faut retenir tient en peu chiffres. Les étudiants qui sont sur Facebook (plus fréquents dans les sciences dures qu'en sciences sociales, bizarrement) consacrent en moyenne 11 à 15 heures par semaine aux études hors cours, contre 1 à 5 heures pour les Facebookers. Evidement, les notes s'en ressentent, quoique de façon non proportionnelle.

Maintenant il faudrait faire une étude docimologique : est-ce que les notes des élèves corrigés par des profs qui "facebookent" sont meilleures ou plus mauvaises que s'ils sont corrigés par des non pratiquants de facebook ??

A ce propos, mais plus sérieusement, Christelle Membrey aborde la question de la gestion de leur identité numérique par les professeurs et c'est très intéressant. Un autre blog à suivre de près, assurément.

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lundi 9 mars 2009

Peur du changement ?

Comme presque tous les jours, j'ouvre mon navigateur internet préféré : mes pages visitées les plus régulièrement s'affichent et je clique sur mon espace Netvibes pour y accéder.

Parmi tous les flux, je remarque le nouvel élément chez Martin Vidberg, un dessin à propos de la vie des bloggeurs. C'est un article du Monde qui l'a inspiré, je vais lire de quoi il retourne. Hypertextualité quand tu nous tiens. L'article est étrange, un peu sur le mode "les blogs sont au journalisme ce que McDo est aux produits bio", il laisse une impression bizarre.

Dans l'article est cité Nicolas Vanbremesch alias Versac. Il est dans mes contacts Facebook, je trouverais certainement sur son "mur" un commentaire sur cet article. Pas loupé, l'intéressé reproche à cet article d'avoir quelques années de retard, et relaie un peu plus tard un article de François B. (phnk et Polit'bistro, j'en parlais dans mon dernier billet).

François s'énerve sur le Polit'Bistro : selon lui le journaliste s'est fourvoyé dans sa critique de l'activité des bloggeurs, et il le démontre de manière assez efficace. Ma première impression trouve confirmation. Le recoupement des sources du journaliste est assez limite, la distanciation et l'objectivation pêche également. Pourtant il s'agit là des piliers du métier de journaliste, que l'on ne manque pas de retrouver cités dans l'article du Monde incriminé. Les commentaires du billet sur Polit'bistro sont tout aussi intéressants, et Bouillaud y rappelle que LeMonde.fr lui-même héberge des non-journalistes sur sa plate-forme de blogs, dont Martin Vidberg.

Ah oui, c'est vrai que j'étais parti de ce dessin de Vidberg. Je retourne à Netvibes, un nouvel article est tombé sur le fil du Monde, "Une soirée organisée sur Facebook dégénère".

Intrigant, je clique. Je lis. A Tours samedi soir, une soirée dont l'origine était une page Facebook (c'est un peu le descendant du flash-mob version festive) tourne mal, sans que l'on sache qui de la police ou des jeunes ont commencé les premiers a jeté des projectiles sur les autres. Et la soirée est racontée par la journaliste. Pour les détails voici les sources qu'elle a utilisé : un groupe Facebook, un compte Twitter, une vidéo sur DailyMotion, trois blogs... Elle risque d'avoir un problème avec son collègue de rédaction, quand l'un tape sur les bloggeurs, l'autre s'en sert comme source. Attention à la schizophrénie.

Finalement ce qui change le plus ce n'est peut-être pas tant le fait que les bloggeurs piquent le travail des journalistes (même si on comprend qu'il n'est pas forcément rassurant d'imaginer perdre son emploi, le "journaliste-citoyen" est plus un construit des journalistes qu'une réalité). C'est plutôt que le travail de journaliste s'en trouve modifié : les sources sont différentes, parfois elles alimentent plus rapidement les rédactions et peuvent même faciliter le travail du journaliste dans son enquête.

Si les journalistes (les professionnels) ont peur des bloggeurs (les amateurs) c'est probablement qu'ils pensent que ces derniers les concurrencent dans leur rôle de media. Pourtant les bloggeurs sont souvent plus des relais que des concurrents, et les media ont besoin de ces relais. En effet, des études en psychologie sociale (menée par Paul Lazarsfeld au Bureau of Applied Social Research de l'Université Columbia dans les années 40, ça ne date pas d'hier) ont montré que ce qui influait un individu n'était pas tant le message asséné par un media que son relais assuré par un membre de la famille ou d'un groupe dans lequel dans l'individu est socialisé. Les journalistes gagneraient sûrement à considérer les bloggeurs comme un relais de plus, mais un relais qui a la capacité, grâce au fameux buzz, de leur remonter les commentaires sur leur travail. Un aiguillon, une pression supplémentaire pour toujours plus d'exigence.

Tiens, j'ai un nouveau message sur ma messagerie Facebook, j'avais pas remarqué. Manuel me balance un lien, vers le blog d'Antoine Doyen, photojournaliste. Selon lui, La presse web veut la peau des photojournalistes. La faute à qui ce coup-ci ? La presse web qui veut plus payer les photographes ? Où les amateurs qui viennent là encore concurrencer les pros ?

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lundi 23 février 2009

Hypothèses, Agora, le Polit'bistro, etc.

La recherche française est en ébullition. Non seulement elle connaît actuellement un mouvement social sans véritable précédent, mais elle foisonne d'idées, notamment en sciences humaines et sociales ce qui nous intéresse au plus haut point. Ca foisonne, ça bouillonne même du côté de Revues.org qui, avec son maître d'ouvrage le CLEO, a mis sur pied une plate-forme de blogs intitulé Hypothèses. Sur cette plate-forme on trouve notamment deux blogs qui devraient retenir votre attention :

1. AGORA /Sciences sociales. Comme son nom l'indique c'est un lieu de débat autour de la question des sciences sociales, leur enseignement (dans le secondaire comme dans le supérieur), la recherche dans ces domaines, mais également les mutations qui touchent métiers et institutions se trouvant dans le champ de l'enseignement supérieur et de la recherche.

2. Le Polit'bistro : des politiques, du café. Ce blog prend la suite de Science politique en ligne, et gagne un auteur. Suivre de près les participations croisées dans la blogosphère va devenir un sport de haut niveau. François, auteur de Boîte Noire et de feu Science politique en ligne, ouvre avec Joël, auteur du blog de Joël Gombin, un blog sur Hypothèses, qui s'appelle le Polit'bistro et qui parlera de science politique. Si vous avez tout suivi, en cliquant sur tous les liens, les indexant sur delicious et enregistrant les flux sur netvibes, c'est que vous êtes définitivement aptes pour le web2.0, espèce de geek.

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samedi 24 janvier 2009

6 livres

Encore une chaîne, et pour une fois elle ne vient pas de Denis C, mais du Global Sociology Blog, ça c'est la classe (Denis aussi c'est la classe ! mais le GSB, c'est la classe internationale !!).

Alors si j'ai bien compris, il faut citer les 6 bouquins qui me représentent le mieux. Pas facile. Représenter... 6 conseils de lecture, passe encore, mais représenter... Bon, tentons l'expérience, avec des livres au sens large. On va la faire chronologique, ce sera plus facile. En fait, avant de commencer la liste de livres, il faut parler de mes débuts de lecteur. Je citerais bien la station service du bourg de mon enfance. Elle n'existe plus. Mais je me souviens que, alors que j'étais en grande section de maternelle, on devait être au mois d'octobre novembre, j'ai lu mon premier mot. C'était "Super". Sur la pompe, à la station service. Mes parents avaient une 504 bleu turquoise. Ca c'est de l'info, du pipole, ça va buzzer sur le ouaib, c'est sur.

I. Le petit Nicolas, Sempé & Goscinny, ben oui... Je les ai tous lu, tous adorés. Nicolas avec Alceste son meilleur ami, toujours prêt à faire des bêtises dans le terrain vague, et puis Eudes, le costaud, celui qui tape avant de poser les questions quand ils jouent aux gendarmes et aux voleurs. Souvenirs, souvenirs...

II. Comme un certain Fr., je citerais un Zola, dans la série des Rougon-Macquart, probablement Pot-Bouille parce que c'est celui que j'avais étudié en Première pour le bac de français, donc c'est un des livres que j'ai le mieux lu. 1) je lis très mal, je lis que l'intro, puis je saute des pages, je reviens en arrière, je vais pas jusqu'au bout, etc... et 2) je lis très lentement. En ce moment je suis dans Moby Dick, autant vous dire que j'en ai pour 6 mois.

III. Questions de sociologie, Pierre Bourdieu et Le guide de l'enquête de terrain, Stéphane Beaud et Florence Weber. Rencontre avec la sociologie, la discipline scientifique. Du lycée et de mon passage par la filière ES je ne garde essentiellement que des souvenirs d'économie. La vraie claque, c'est à l'université. Je passe mes premiers partiels le jour de la mort de Pierre Bourdieu. Première année, l'extase, je comprends les rouages de la société, le trip Néo dans la matrice. Deuxième année, deuxième effet kisscool, "désenchanteur" et parfois déprimant. Troisième année les choses sérieuses commencent, la sociologie sera ma passion. En plus de S. Beaud j'aurai pu citer Bernard Lehman, Christophe Lamoureux, Christian Vogels, Rémy Le Saout. Il y a des profs qu'on oublie pas.

IV. Aide-mémoire Economie, Beitone et alii et 100 fiches pour comprendre les sciences économiques, Montoussé et alii. Ca ce sont les restes du Capes. J'en ai lu bien d'autres, des livres, des polys, des articles, des cours. Mais ces deux là, je crois que je les ai eu sur moi en permanence pendant 10 mois, nuit et jour.

V. L'esprit de l'athéisme : introduction à une spiritualité sans Dieu, André Comte-Sponville. Un jour je parlerai de religion sur ce blog...

VI. L'hiver de la démocratie, Guy Hermet. Dans le grand ordre de choses sur lesquelles porte mon intérêt, après la sociologie, vient la science politique. Je pense que ce bouquin d'Hermet a été le meilleur que j'ai lu en 2007 (Avec L. Chauvel et ses classes moyennes qui dérivent entre Stockholm et Buenos Aires).

Si j'avais eu un septième choix à faire, j'aurais probablement cité un bouquin de Luis Sepulveda que je viens de découvrir grâce à un ami Chilien. Il y a un an j'étais en train de crapahuter sur les glaciers de patagonie, côté argentin. Sepulveda m'a permis de traverser la frontière pour faire faire un tour à mon imagination du côté chilien. Et parvenir à faire voyager les gens sans les sortir de leur fauteuil de lecteur, c'est déjà pas mal.

Vont avoir le droit de se plier à ce petit exercice :
- Nicolas, le prof à l'accent si agréable !
- J'aurai aimé que Rémi, Renaud et Marjorie le fasse mais je ne suis pas sûr que la ligne éditoriale de leurs sites respectifs le leur permette.
- Ajoutons Alexandre et Stéphane, et nous sommes à 6 !

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dimanche 7 décembre 2008

Un petit nouveau...


Ce message pour faire un peu de pub pour le nouveau blog de Cédric, professeur stagiaire de Sciences Economiques et Sociales.

United Colors of SES

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mercredi 29 octobre 2008

Sexe, blog... et économie

Je vais essayer de faire simple mais ce n'est pas forcément facile à comprendre tout de suite pour qui n'est pas quotidiennement bercé dans le petit monde de l'économie (la vraie). Du 20 au 22 novembre se tiennent les Journées de l'Economie à Lyon. Qui organise cela ? Ça se complique, un comité de pilotage dirigé par Pascal Le Merrer (ENS Lyon) et Guy Barriolade (Fondation Scientifique de Lyon), un conseil scientifique (présidé par Roger Guesnerie), et tout un tas de partenaires, du Codice à l'INSEE en passant par le Ministère de l'Education Nationale... Sans oublier l'Association Française de Science Economique qui prend une part active dans ces journées.

En clair, trois jours pour parler d'économie et que d'économie. Le programme est là. Et la liste des intervenants ici (que du beau monde !). Je n'y serai pas, mais si j'avais le don d'ubiquité, j'aurai aimé assister à la conférence débat Les manuels scolaires : regards croisés dans laquelle vont discuter Michel Pébereau et mon collègue et ami Rémi Jeannin.

C'est toujours dans ce cadre des journées de l'économie que l'AFSE organise ses entretiens (Les entretiens de l'AFSE), le vendredi 21 novembre. Et dans le cadre de ces entretiens, qui porteront sur la formation des économistes, un blog a été ouvert.

Ouf... on y est, tout ça pour vous expliquer d'où sort le blog :

Le blog des entretiens de l'AFSE

La question se pose, comme tout blog attaché à un évènement, de la pérennité de celui-ci. Va-t-on pouvoir y lire des billets au delà du 22 novembre ?

Je m'arrête quelques secondes sur l'auteur du dernier billet lisible à l'heure actuelle sur le blog des entretiens de l'AFSE. Il s'agit d'un billet de Stéphane Ménia qui analyse les relations entre blog et enseignement, mieux connu sous l'acronyme SM, co-auteur du blog d'éconoclaste et du livre Sexe, drogue... et économie avec Alexandre Delaigue. D'où le titre de mon billet. J'ai pu, entre deux cartons de mon déménagement, prendre le temps de lire le premier chapitre de leur livre, chapitre intitulé La Polygamie, pensez-y.

Je vais aimer le reste du livre, c'est sûr. C'est bien écrit, c'est intéressant, accessible et distrayant, avec plein de bonnes citations que j'aime et un traitement tout particulier de l'économie que l'on connaît déjà sur le blog, mais sur le papier c'est encore mieux. Bref, c'est le bouquin à lire le soir, en étant sûr de se coucher moins con.

Mais... Mais...
Dès le premier chapitre je note une première erreur de définition. Malheureusement c'est une erreur tellement ancrée, y compris dans les dictionnaires, qu'on ne peut blâmer les auteurs. Ils confondent tout simplement la polygamie et la polygynie. Étymologiquement, poly- signifie plusieurs, et -gamie vient du grec gamos qui signifie mariage, alliance, union. Littéralement, polygamie veut donc dire "plusieurs mariages" et non pas "plusieurs épouses". A l'intérieur de la polygamie on distingue donc le fait d'avoir plusieurs épouses (c'est la polygynie), et d'avoir plusieurs maris (la polyandrie). L'erreur vient du fait que la polyandrie n'étant pas commune dans les sociétés proches de la notre, on a tendance à assimiler la polygamie systématiquement à la polyginie. A ne pas confondre avec la Polynésie donc (revival les inconnus, à la 3e minute).

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mercredi 25 juin 2008

Pause estivale ou définitive (2)


Vous allez me dire que je vous fais le coup tous les ans. Il y a un peu plus de 10 mois je vous annonçais une mutation en Charente et une envie de blogger en baisse. J'ai l'impression que je rechute.

Je quitte la Charente-Maritime, ses ciels hallucinants, les spots de surf, mes élèves adorables, pour les Côtes d'Armor, Saint-Brieuc, Paimpol et sa falaise... En même temps le rythme des billets s'effondre et j'avoue avoir de moins en moins d'inspiration et de motivation pour continuer ce blog.

D'autres préoccupations en tête. Que vont devenir les SES au milieu de la réforme du lycée ? Comment mener le combat pour les sauvegarder ? Les inepties d'Yvon Gattaz vont-elles durer encore longtemps ? Quelles classes vais-je avoir à la rentrée prochaine ? Vais-je finir GTA IV ?

(Pour ceux qui trouvent ce billet trop personnel, j'ai une excuse, je me suis fait tagguer par Cimon le Modeste ! Çà autorise une multiplication du "je")

Photo : Maison des douaniers, Dahouët par Biranbig

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vendredi 11 avril 2008

Happy birthday to me !


Alors que mon Maître-Jedi-des-blogs fête sa 500e note avec émotion, le blog Comprendre entre dans sa deuxième année d'existence. Je profite de ce message d'autopromotion pour vous confirmer que les notes plus sérieuses vont faire leur retour très bientôt [edit: non je ne me laisserais pas tenter par le côté obscur de la force], mais qu'en attendant je me retire dans un espace éloigné du monde numérique pendant une semaine. Le fil RSS va faire la sieste.

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jeudi 3 avril 2008

Rationalité limitée

Signalons la naissance d'un nouveau venu dans la blogosphère économique, qui répond au doux nom de Rationalité limitée. Cela va me permettre de tenter une petite explication de ce concept très présent dans les travaux qui ont trait à l'économie institutionnelle.

On a coutume de présenter l'économie comme la science des choix. Dans l'analyse néo-classique, modèle de base de l'économie mainstream d'aujourd'hui, les individus réalisent des choix sous contrainte mais disposent pour ce faire d'une rationalité substantielle. En clair, la théorie considère que les agents économiques sont capables d'effectuer des choix rationnels car ils disposent parfaitement de toute l'information disponible. Dans ce cas, nul doute que les individus optent pour les meilleures décisions possibles.

Herbert Simon, économiste américain (1916-2001) aussi prolixe qu'inclassable (les deux sont liés), va s'intéresser de très près aux problèmes de la décision dans les organisations, aux limites qui pèsent sur la rationalité des décideurs en situation d'incertitude. C'est en 1957, dans Models of Man qu'il synthétisera ses travaux de recherche sur la rationalité, et qu'il exposera son concept de rationalité limitée ("bounded rationality").

Le décideur se distingue alors de l'homo oeconomicus pour Simon, qui en profite pour égratigner au passage les théories de la rationalité parfaite, puisqu'il doit faire face à deux problèmes : l'imperfection de l'information et ses capacités de calculs limitées par le cerveau humain lui-même (touche à tout, Herbert Simon va se passionner pour les apports que représentent l'informatique mais également les sciences cognitives, psycho-cognitive et économie expérimentale, on le considère comme un fondateur de la recherche en intelligence artificielle).

De par l'imperfection de l'information, le décideur n'est jamais en capacité de connaître l'ensemble des alternatives qui s'offrent à lui, ni même les conséquences de ces choix. De plus il manque de temps et son cerveau n'est pas en capacité de traiter l'information pour optimiser véritablement ses choix. Pour Simon le processus de décision est donc séquentiel : le décideur, à partir d'un but qu'il se fixe et d'une idée des moyens dont il dispose pour y parvenir (c'est en cela que l'on parle de rationalité), va opter pour la première décision satisfaisante ("satisficing") qui s'offre à lui, sans savoir s'il s'agit de la décision optimale, c'est-à-dire la plus efficace pour faire simple. C'est en cela que l'on parle de rationalité limitée.

Dans un monde où la quantité d'information est en croissance exponentielle (Google ne compte plus ses pages référencées depuis plusieurs années), et où l'incertitude fait continuellement la une des journaux (même si l'on confond encore souvent risque et incertitude), on comprend l'utilité des apports de H. Simon à l'économie.

Maintenant qu'on en sait un peu plus sur ce qui se cache derrière ce concept, il nous reste à souhaiter une bonne route à Rationalité limitée

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mardi 26 février 2008

Un taggeur sachant tagger...

Me suis fait rattraper par la patrouille Colombi... Denis Colombi d'une heure de peine m'a taggé. Whazat ? En gros ça ressemble aux chaînes de courriers du XXe siècle, ou plus proche de nous à une chaîne de mail, sauf que c'est sur des blogs. Un bloggeur a du, un jour, raconter 6 choses insignifiantes sur sa vie et demander à 6 autres bloggeurs de faire de même, raconter 6 choses que les lecteurs du blog ne savent pas. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que mon heure arrive. Une fois n'est pas coutume, je vais me plier à cette norme sociale. Mais pas sans tenter d'analyser pourquoi je le fais.

1) Parce que Denis m'a taggé et que j'aime bien lire Denis, donc pour lui faire plaisir, par courtoisie et politesse, je le fais.
2) Parce que ça ressemble à une sorte de rite de passage (la blogosphère a quelque chose de tribal), et que ça n'est pas inintéressant de participer à ce genre d'expérience.
3) Parce que ça ressemble également à un système d'échange. D'échange de lien (hypertexte en l'occurrence), mais aussi d'échange de reconnaissance entre guillemets, et ça rejoint le point 2.
4) Dans la continuité du point 3 ça me rappelle Bronislaw Malinowski, les Trobriandais et le Kula, mais également Marcel Mauss et sa théorie du don. Denis nous a donné 6 éléments de sa personnalité, on ne peut refuser ce don, et on se doit d'une certaine manière de contre-donner. Le don est à la fois la source d'une certaine forme de lien social mais également une relation de pouvoir puisqu'il oblige celui qui reçoit à accepter le don puis à le rendre d'une manière ou d'une autre.

Ne t'inquiète pas Denis, j'ai parlé de Kula et pas de Potlatch, je ne vais pas révéler 7 points et te tagger en retour pour que tu en donne 8. Bref, aucune rivalité à détecter là dedans, juste de la réciprocité.

Allez zou, c'est parti :

#1 : En fait je crois que j'aurai aimé être cartographe. Dès que je découvre une nouvelle contrée, je ne peux pas m'empêcher d'acheter une carte détaillée du coin, au grand dam des personnes qui m'accompagnent.

#2 : D'une certaine manière je pense que c'est lié au point précédent, je suis fasciné par les finistères, les caps, les péninsules... Je rêve de parcourir tous les "bouts" de la planète, je voudrais apprendre à piloter pour les survoler, et à surfer pour communier avec la vague (ça c'est mon côté "Westside")

#3 : et pour finir la série géographe frustré, j'adore les phares ! Ben oui, c'est la dernière maison qu'on trouve au bout de la terre, le phare. D'ailleurs je préfère les phares sur terre aux phares en mer.

#4 : j'aime le moment quand dans la salle des profs tu lance un "t'as entendu ce matin à la radio ?", et tout le monde sait que tu parles de l'invité de France Inter de 8h20... et non pas celui d'RTL de 7h55.

#5 : la première année de sociologie est fascinante, la deuxième douloureuse, la troisième déconcertante, et la quatrième passionnante. Et le reste de votre vie s'en trouve changé. Je veux allez voir comment c'est plus loin...

#6 : mon instrument préféré est la contrebasse... c'est physique autant que musical, c'est un instrument qui ne fait pas seulement vibrer mes tympans mais mon corps tout entier. Et je ne pense pas être le seul dans cette situation. Un physicien pourrait peut être m'expliquer pourquoi les graves nous font vibrer.

Désolé pour ceux qui auront trouvé ce billet déplacé parce qu'un peu hors normes et très inhabituel. Tant mieux si certains sont content d'en savoir un peu plus. I did the job, comme on dit. Merci Denis. A mon tour de passer le témoin. And the winners are :
- Manuel Canevet, de Toujours Plus,
- Nicolas Anoto, de Prof&Militant
- François Briatte, de Boite Noire s'il passe par là.
- Christophe Foraison, de SOS...SES
- Gizmo, mais je pense que c'est peine perdue ; je ne sais pas comment traduire tag en langage Mogwaï.
- et puis je me défile pour le dernier, Denis a déjà vidé ma liste...

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jeudi 10 janvier 2008

100

Et voila la 100e note. Je profite de ce non évenement (pourquoi la 100e note représenterait quelque chose et la 101e rien ?) pour à la fois vous souhaiter une très bonne année 2008 et lancer un petit coup d'oeil dans le retroviseur : le blog Comprendre a 9 mois (jour pour jour, c'est la fin de la gestation), plus de 10000 visiteurs uniques y sont passés pour lire plus de 25000 pages et laisser près de 200 commentaires, et vous n'avez jamais été aussi nombreux à vous abonner au flux RSS (Rester Scotchés au Site) qui compte désormais environ 230 "abonnés". Merci donc de votre fidélité.

Et une fois n'est pas coutume, je voudrais ici adresser des remerciements spéciaux à ceux qui ont permis de faire connaître ce site. On le fait rarement et pourtant la réciprocité c'est bien le principe du Web ; donc sans eux, point de salut puisqu'ils sont à l'orgine de 40% de vos visites :
- le site Rezo.net qui régulièrement indexe mes billets en bonne position
- Denis Colombi et son heure de peine, de la précision sociologique comme on en fait plus.
- Marjorie Galy et sa Toile SES, LE site de référence des profs de SES.
- Emmeline, Jean-Edouard et toute l'équipe du blog RCE, spécialistes de la chasse au canard.
- Gizmo, le gentil Mogwaï qui fait plutôt office de Maître Yoda pour moi. Je redoute le jour de la transformation en gremlins...
- et last but not least, Manuel Canevet, pour ceux qui en veulent toujours plus !

Grand merci à vous et bonne continuation !

[ironie]
A ceux que je ne peux citer (que voulez vous, c'est la méritocratie : il faut bien fixer où commence le mérite et où il s'arrete) considérez votre non présence dans la liste comme l'aiguillon de la concurrence qui devrait provoquer une saine émulation, et donc vous faire progresser dans la liste des gens qui m'envoient des visiteurs. Ne rigolez pas, c'est quasiment du Ludwig von Mises dans le texte.
[/ironie]

A bientôt.

Photo : My Eye sur Flickr

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mercredi 31 octobre 2007

En vrac... mais que du bon !

Pleins de bonnes choses à lire, encore et toujours !!


  • On continue avec un très bon billet de Christophe Foraison, que je salue au passage, sur les représentations de la structure sociale. Pour en savoir plus cliquez sur le lien : S'il te plait, dessine moi la société

  • Comme les profs de SES aiment bien les blogs, parfois ils en ont deux. Claude Bordes signe une brillante série "Mensonges et Statistiques" sur L'Antisophiste. Un flux de plus à mettre dans votre agrégateur...

  • Enfin, signalons la naissance de Science politique en ligne ! Longue vie à cette initiative qui a pour but, je cite, de recenser quelques travaux pour améliorer la diffusion de la recherche française en science politique sur Internet.

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mardi 30 octobre 2007

Service après vente... des billets de blog

Petites vacances, petits billets... Comme les vacances des profs ça sert à travailler (oui, oui, vous avez bien lu !) le format des billets est raccourci pendant quelques jours. Voire même il risque d'y avoir une interruption de service vers la fin de la semaine.

La lecture de la presse quotidienne économique a ceci de bien qu'elle permet d'assurer le service après-vente des billets postés ici ou là.

Dans La Tribune d'aujourd'hui (30 octobre 2007) on peut lire une brève en page 10 qui vient compléter ma précédente note sur les jeux videos :

Sony pessimiste pour sa division jeux video ; Quelques jours après la publication des résultats de son 2e trimestre fiscal, marqué par la bonne santé de sa branche électronique, le groupe japonais a annoncé s'attendre à une perted'exploitation de sa division jeux video deux fois plus lourde que prévu pour l'exercice en cours, qui s'achève fin mars 2008. Cette perte devrait atteindre 605 millions d'euros contre 302 millions prévus initialement.


En page 6 du quotidien, la suite de la cession de Danone Biscuits à l'américain Kraft Foods que j'avais eu l'occasion de présenter cet été :

Danone signe la cession de son pôle biscuits à Kraft ; Danone a vendu à l'américain Kraft Foods son pôle biscuit et produits céréaliers (dont la marque LU), pour 5,3 milliards d'euros. L'opération aprouvée par le conseil dadministration de Danone avait été annoncée en juillet. Elle demeure soumise à certaines conditions, notamment au feu vert de la Commission européenne dont la décision est attendue le 9 novembre. L'es deux groupes entendent clôturer la vente d'ici à la fin de l'année.


Sur la même page, deux articles et un encart sur la grève à Air France. On y parle de l'inexpérience des syndicalistes pour expliquer la situation de blocage, ainsi que de la nécessité de mettre en place le service minimum dans le transport aérien. Autant dire que cela illustre plutôt bien le dernier post sur le blog Econoclaste : Pourquoi les medias sont ils biaisés. Je vous renvoie aux deux notes de juin dernier portant sur le service minimum et le droit de grève (note 1 et note 2).

A suivre...

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mardi 2 octobre 2007

Pleins de nouveaux blogs d'économistes !!

Qu'on se le dise, à la rentrée 2007, le site du mensuel Alternatives Economiques a fait peau neuve : archives accessibles intégralement en ligne pour les abonnés avec moteur de recherche performant, contenus plus agréables, des articles qui tombent tous les jours (et non plus une fois par mois), etc. Il semblerait qu'Alter Eco ait enfin pris la pleine mesure de l'outil Internet, allant jusqu'à proposer une plate-forme de blogs pour permettre aux économistes-chroniqueurs de publier des billets.

En clair, 6 économistes (bientôt 7, on nous annonce l'ouverture prochaine du blog de Dominique Méda) publient en avant-première les chroniques que l'on retrouve dans la version papier du magazine. C'est donc du "vrai faux blogging", puisque les articles ne sont pas vraiment pensés pour le format blog, qu'il n'y a pas de personnalisation des blogs de la part des auteurs, etc. Bref du blog Canada Dry : ça y ressemble, la même couleur, presque le même goût... Cela reste néanmoins un pas en avant non négligeable (mais vers où ? est-ce que les auteurs vont s'emparer de leurs blogs ?), ça mérite le détour et on peut quand même y laisser des commentaires. En cliquant sur le nom, vous tomberez directement sur le "blog" de l'économiste, en cliquant sur le , vous vous abonnerez au flux RSS pour retrouver toutes les mises-à-jour directement dans votre agrégateur préféré !



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mardi 11 septembre 2007

Y a du boulot !

Désolé pour ce passage à vide. J'ai pourtant bien quelques notes qui me trottent dans la tête, des envies de lecture, des lectures déjà faites et des envies d'en parler. Mais le temps me manque. Le métier de prof est un métier prenant, et la rentrée n'est pas la période la plus propice pour la rédaction de billets sur les blogs (en ce qui me concerne, parce que je vois bien que certains sont rentrés de leurs vacances en pleine forme). Alors s'il vous plait, ne supprimez pas tout de suite le fil RSS dans votre agégateur (ou "syndicateur", je ne sais pas). Il va bientôt reprendre vie, mais il faut lui laisser le temps de s'habituer à sa nouvelle situation.

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