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lundi 6 décembre 2010

AFP - Urgent - Le journal Le Monde a été racheté par Jean-Luc Delarue

Ce soir, Le Monde lance un appel à témoignage qui confirme la rumeur : l'animateur-producteur Jean-Luc Delarue aurait racheté le journal. Le dernier appel à témoin ressemble à s'y méprendre à ceux de "Tout une histoire"



On peut lire sur le site (et pas forcément sur la photo ci-dessus) :

Le Monde prépare une enquête sur le couple à l'épreuve des nouvelles technologies. Si vous avez découvert l'infidélité de votre conjoint en lisant l'un de ses e-mails ou SMS ou encore par l'intermédiaire de Facebook, votre témoignage nous intéresse. Si les nouvelles technologies vous ont conduit à tromper votre conjoint, racontez-nous votre expérience. Vos réponses pourront être utilisées pour une enquête à paraître dans Le Monde et une sélection de vos témoignages sera publiée sur Le Monde.fr.

Et vous, avez vous appuyé sur la touche Bis lorsqu'elle est apparue sur les téléphones ? Avez-vous utilisé le deuxième combiné pour espionner votre mari ? La touche Répétition du minitel ? Avez-vous déjà décollé une enveloppe à la vapeur ?

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mercredi 1 décembre 2010

Des questions pour Dominique Cardon et Anne-Marie Kermarrec ?

Samedi prochain à 15h30, Les Champs Libres reçoivent Dominique Cardon et Anne-Marie Kermarrec dans un Champs Contre-Champs consacré à Internet et la démocratie.



En pleine affaire Wikileaks, après le licenciement de deux facebookiennes pour des propos tenus sur leur wall, à l'heure où les jeunes semblent plus politisés que leurs homologues du XXe siècle... Les sujets ne manquent pas, et j'ai la chance d'animer cette rencontre qui s'annonce passionnante. Si vous avez des questions pour eux, n'hésitez pas à venir les poser vous mêmes : l'entrée est gratuite (mais la réservation conseillée au 02 23 40 66 00). Si vous ne pouvez pas venir, mais que ça vous titille quand même, n'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, je me ferai votre messager. Les commentaires sont ouverts ;-)

Plus d'infos :
sur le site des champs libres

chez Alter1fo, le magazine internet rennais

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vendredi 22 janvier 2010

Le syndrome de l'écran vide

Petit billet pour signaler celui de Sylvain Maresca, sociologue, enseignant-chercheur à l'Université de Nantes, à propos de la non utilisation des cadres photos numériques. Une illustration de l'écart culturel entre génération. On est toujours frappé lorsqu'un sociologue rapporte des propos d'enquêtés qui trouvent un écho parfait dans votre propre expérience. Là, c'est le cas.

>>> L'écran vide, lu sur La vie sociale des images, par Sylvain Maresca.

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mercredi 22 juillet 2009

Mes vacances en direct sur facebook


J’observe depuis quelques jours un phénomène nouveau. Sur facebook, le réseau social désormais bien connu d’une bonne partie des internautes, on voit apparaître de plus en plus de photos de vacances. Des photos de vacances il en existe depuis que la photographie s’est démocratisée et que tout un chacun a pu capturer l’image comme bon lui semblait. Ce qu’il y a de nouveau, c’est que ces photos sont rendues (semi)publiques quasiment dans l’instant où elles sont prises. En tout cas la possibilité existe, et de mes contacts partis en vacances, nombreux sont ceux qui nous font partager leur expérience presque en direct, surtout les possesseurs d’iPhone. Et cela m’interroge pas mal...

L’iPhone a permis aux opérateurs de téléphonie de réussir là où ils avaient échoué avec le MMS. Il n’a jamais été aussi facile de prendre des photos et de les transmettre à un correspondant ou à une plate-forme de réseau social de type facebook. Le nombre d’iPhone dans le monde (même s’il reste encore l’apanage d’un groupe limité d’habitants des pays du Nord) est impressionnant : les ventes du téléphone d’Apple ont connu une progression de plus de 600% en un an et ceux-ci représente 50% du traffic web mobile aux Etats-Unis. Il n’a pas fallu très longtemps aux constructeurs historiques de téléphones portables et PDA pour s’engager sur la voie tracée par la marque à la pomme et disputer sa rente de monopole (voir les Nokia N97 ou Palm Pre). On a d’ailleurs là une illustration parfaite de ce que Joseph A. Schumpeter nommait une grappe d’innovation : la conjonction de la miniaturisation de la photo et de l’informatique, les innovations en matière de réseau de communication (la norme 3G) et de technologie web. La communication par message visuel est devenue, grâce à cela, réalité. Dès lors il n’est plus rare de voir apparaitre les photos personnelles de ses contacts sur son ordinateur, quelques instants seulement après qu’elles aient été prises, dans un dossier intitulé le plus souvent « Téléchargements mobiles ».

Définis par notre « agir » plus que par notre « être »

Il est clair que les réseaux sociaux modifient profondément les règles de la sociabilité, les manières d’entretenir ses relations amicales, professionnelles, familiales, son capital social pour aller vite (pour un éclaircissement sur les relations capital social/réseau social). Le sociologue Dominique Cardon (France Telecom R&D/EHESS) évoque les « traces » que laissent volontairement les individus sur facebook et dans lesquelles on vient marcher à leur suite. Untel a vu tel film, critiqué tel ouvrage, cela m’apprend des choses sur ses goûts culturels, il me recommande tel lien, tel article, telle vidéo, il était à tel endroit et il lui est arrivé telle chose. Finalement je suis souvent mieux informé sur les détails de son quotidien que ses propres parents ou enfants. Le lien qui se construit est donc autrement plus riche qu’auparavant puisque je peux converser comme je le souhaite avec lui, en direct ou en différé, sur des sujets qui nous rapprochent.

Les réseaux sociaux influencent aussi la manière de construire sa propre identité. D. Cardon montre bien, à partir d’une typologie des différents usages du web2.0, comment les sites de réseaux sociaux accentuent la subjectivation, c’est-à-dire la construction, par l’individu lui-même, d’une identité personnelle qui fait sens, et ce de manière plus ou moins autonome par rapport à ses caractères objectifs (je reviendrai probablement sur ce point plus tard tant il est au cœur de la sociologie contemporaine). Cette identité « numérique » ne serait plus construite à partir de ce que l’on est, comme l’identité civile, mais bien plus à partir de ce que l’on fait. Et à bien y réfléchir, il est effectivement plus révélateur de voir que tel ou tel contact a répondu à tel quizz, que les réponses mêmes qu’il a apporté aux questions du quizz. De même que par le message d’état ou les photos partagées, on construit son identité à partir de ce que l’on fait « ici, maintenant, et avec untel ». Dernier exemple, celui de l’engagement : en adhérant à un groupe ou à une cause en relation avec une activité personnelle effective, on donne à voir à travers ce que l’on fait, qui l’on est.

Confusion des groupes et relation au temps

A cette profusion de comptes-rendus d’activités diverses à toutes heures du jour et de la nuit je vois deux risques. Premièrement la confusion des groupes socialisateurs. Si facebook permet de recréer un entre-soi relativement bien gardé (voir la notion de « clair-obscur » utilisée par D. Cardon pour décrire les espaces de conversation qui ne sont pas destinés à tous les internautes) les frontières entre les différents groupes sociaux dans lesquels les individus s’inscrivent sont extrêmement poreuses. Même s’il est possible d’établir des listes, de gérer les droits de vos contacts en terme d’accessibilité au contenu que vous produisez en ligne, dans les faits une fois que vos collègues de travail intègrent la sphère semi-privée de vos contacts, ils pourront voir vos photos de famille et inversement. Et vous assistez parfois à une discussion improbable entre un camarade retrouvé de l’école primaire et votre collègue de bureau à propos d’une photo sur laquelle votre coupe de cheveux de CM1 est bien risible. Ici l’exemple est plutôt drôle, mais il y a parfois des « frottements » inhérents au fait que se mélangent des groupes tels qu’amis, collègues, membres des associations et groupes formels auxquels vous adhérez, membres de la famille voire même parfois quelques inconnus ou quelques personnages politiques ou médiatiques. Et que certaines informations échappent à votre contrôle, ou plus précisément n’échappent pas au contrôle interpersonnel alors que vous ne les destiniez qu’à quelques uns. Dans la vie physique, certaines instances de socialisation peuvent entrer en concurrence plus ou moins frontale entre elle (on pense à l’école et la famille par exemple). Il peut en être de même sur facebook dans la mesure où tous ces groupes se retrouvent mélangés.

Deuxième risque, la question du temps, de sa prise en compte, du rapport que l’on entretient avec lui. Facebook provoque à peu près la même chose avec l’information personnelle que ce que font les media avec l’information en général. Sa diffusion est accélérée, et elle s’accumule au fil des détails renseignés par les contacts, jusqu’à submerger le récepteur. Et on cherche toujours à renseigner ces détails le plus rapidement possible. Dans un premier temps on renseignait l’humeur du moment en allant sur le site www.facebook.com. Ensuite on a pu le faire à partir d’autres applications en interconnexion avec le site : twitter, netvibes, ou autre. Après on a eu la possibilité de renseigner sa page par téléphone, avec un SMS envoyé à un numéro spécial. Enfin une application permet de retrouver tout facebook depuis son iPhone ou autre terminal du même genre. Si bien que l’on communique dans l’immédiat certains éléments.

J’en reviens donc à ma question de départ, celle des photos de vacances. Auparavant on racontait à son retour ses souvenirs de voyages, ses souvenirs de vacances à son réseau de connaissances. On faisait partager les odeurs, les paysages, les rencontres, les péripéties, après les avoir reconstruit et intégré dans un schéma narratif, mettant en exergue un détail, oubliant un autre. A présent on peut en plus communiquer son expérience immédiate ; presque plus besoin de raconter les souvenirs, les amis seront prévenus quasiment en temps réel, et le reste des contacts aussi. Par la même occasion, on reste informé des activités des autres, on commente telle ou telle information. Seulement le temps des vacances, pour ceux qui ont la chance d’en prendre, est un temps social particulier, dans lesquels de nouveaux rythmes ont cours, différents de ceux du quotidien. Ce temps social est particulier parce que c’est un temps de non-travail, or on a démontré que c’est bien le travail qui est l’élément qui structure le temps. Les vacances les plus reposantes sont bien celles qui permettent le break avec l’organisation temporelle liée au travail, et plus largement tout ce qui touche à l’activité ordinaire. De la même manière que les employeurs fournissent blackberry et iPhone à leurs cadres pour les rendre joignables et disponibles, les individus sont capables de se contraindre eux-mêmes à des stratégies non conscientes qui leur permettent de continuer à exister, à construire leur identité numérique, même à mille kilomètres de leur quotidien.

[EDIT : 23/07/09] J'apprends via Blog de Nuit que Facebook et Twitter ont dépassé l'e-mail en terme de partage de contenu.

Afin d'illustrer mon propos, quelques morceaux choisis de ce qui retourne après une recherche rapide sur les blogs français à partir des mots clés "Facebook" et "Vacances" :
- Tamtam's weblog : "Tatam prends des vacances … Tout comme son auteur pour une durée d’un mois et quelques jours. Bien entendu, Facebook, Twitter, Flickr et ici même (enfin normalement) seront à jour au moins une fois par semaine. Pas d’inquiétudes à avoir donc."

- Juju alias PrincessKitty : "Holidays Pictures. Pour ceux qui m'ont sur Facebook-pour les autres tant pis-vous pouvez découvrir mes photos de vacances en cliquant sur les images ci-dessous" (à noter que PrincessKitty ne semble pas savoir gérer les droits d'accès à ses photos. Si sont profil facebook n'est pas public, ses dernières photos de vacances à Antibes le sont).

- Filles à blog, le blog tenus exclusivement par des filles qui travaillent pour le magazine L'Etudiant, font la publicité de l'annuaire qui recense les hot spots wifi. Avec ce petit commentaire on ne peut plus suggestif : "Impossible de ne plus consulter Facebook ou letudiant.fr pendant les vacances. Le site linternaute met à votre disposition l’annuaire des hotspots wifi partout en France. Plus de 7000 sont référencés. Alors si vous passez vos vacances dans l’Hexagone, plus d’excuses pour rester out of order."
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Pour en savoir plus sur les sciences sociales et les réseaux sociaux, en video :

Internet, nouvel espace démocratique ?
Entretien avec Dominique Cardon


Dominique Cardon : le design de la visibilité (40')


Sur le ARHV
Dominique Cardon, Pourquoi sommes nous si impudiques ? 12 octobre 2008

Sur InternetActu, site de la Fing, par D. Cardon :
Le design de la visibilité : un essai de typologie du web 2.0

Les sciences sociales et le web 2.0 : Comprendre les sites de réseaux sociaux (1/7)

Les sciences sociales et le web 2.0 : L’identité comme signal (3/7)

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mercredi 8 juillet 2009

Reprise de l'activité (tout doux, tout doux)

Le rush de la fin d'année scolaire n'est pas le meilleur ami du blogeur, loin de là. Je me rends compte que je ne suis pas le seul à connaître un rythme de publication ralenti (c'est un euphémisme) : la blogosphère économique et sociale me semble avoir relativement perdu un peu en endurance. Mais peut-être n'est ce qu'une illusion d'optique. En tout cas il reste encore quelque fous furieux qui postent plusieurs fois par jour (Wahou, mais comment fait il ?). D'autres ont choppé une bonne vitesse de croisière (ici par exemple). Et les valeurs sures sont toujours au rendez-vous ( et ).

Ces derniers temps j'avoue être plus dans la veille que dans l'analyse et la rédaction. C'est pourquoi je vous propose quelques liens à ne pas manquer cette semaine (sélection multimédia, avec respectivement des videos, du son, du texte et des graphiques) :

- Internet, nouvel espace démocratique ? Entretien avec Dominique Cardon, sociologue
- Comment mesurer autrement richesse et progrès ? Avec Dominique Meda, philosophe et Jean Gadrey, économiste
- Le vieillissement démographique sera plus rapide au Sud qu'au Nord, Gilles Pison, démographe (INED).

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jeudi 30 avril 2009

web 2.0


On fait beaucoup dans le web 2.0 sur ce blog depuis quelques temps. Je signale ici la sortie du numéro 154 de la revue Réseaux. Revue de sociologie consacrée à la communication, aux télécommunications, aux médias, elle existe depuis 1983. Longtemps publiée dans la collection Hermès aux éditions Lavoisier, on trouve maintenant les résumé et tables des matières du côté de La Découverte. Le dernier numéro est justement consacré au Web 2.0 et en voici la présentation :

Si les plateformes relationnelles du Web 2.0 font beaucoup parler d’elles aujourd’hui, les analyses empiriques des pratiques concrètes des utilisateurs restent en revanche mal connues, si ce n’est pour moquer leur caractère infantile ou s’inquiéter des risques qu’y prennent les utilisateurs en livrant des informations sur leur vie personnelle. Pourtant, ces nouveaux sites relationnels (MySpace, Facebook ou Flickr) posent des questions très intéressantes et nouvelles. Que signifie devenir « ami » dans ces espaces relationnels, où il semble si facile de créer de nouvelles connexions avec des personnes que l’on connaît peu, mal ou pas ? Comment se développent et s’organisent les pratiques des utilisateurs ? Existe-t-il un lien entre le nombre d’informations dévoilées sur soi et la capacité relationnelle des individus ? Ce numéro spécial entend interroger, dans toute leur diversité, les usages de ces plateformes relationnelles. Les articles qui le composent s’appuient sur des enquêtes empiriques détaillées de Flickr, Wikipédia, Second Life et de la blogosphère politique française. À travers des analyses statistiques et qualitatives de la vie relationnelle sur ces plateformes, il sera possible de mieux répondre à un ensemble de questions qui se posent aujourd’hui de façon récurrente à propos des réseaux sociaux de l’Internet. Comment s’articulent les relations de la vraie vie et les relations avec les « amis » en ligne ? Comment s’organisent les systèmes relationnels sur Internet ? Quelles procédures sont mises en place pour régler les conflits et assurer la gouvernance des grands collectifs en ligne comme Wikipédia ? Comment se diffusent les informations et les opinions au sein de la blogosphère politique ?
Plus d'infos sur le site de La Découverte

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lundi 23 février 2009

Hypothèses, Agora, le Polit'bistro, etc.

La recherche française est en ébullition. Non seulement elle connaît actuellement un mouvement social sans véritable précédent, mais elle foisonne d'idées, notamment en sciences humaines et sociales ce qui nous intéresse au plus haut point. Ca foisonne, ça bouillonne même du côté de Revues.org qui, avec son maître d'ouvrage le CLEO, a mis sur pied une plate-forme de blogs intitulé Hypothèses. Sur cette plate-forme on trouve notamment deux blogs qui devraient retenir votre attention :

1. AGORA /Sciences sociales. Comme son nom l'indique c'est un lieu de débat autour de la question des sciences sociales, leur enseignement (dans le secondaire comme dans le supérieur), la recherche dans ces domaines, mais également les mutations qui touchent métiers et institutions se trouvant dans le champ de l'enseignement supérieur et de la recherche.

2. Le Polit'bistro : des politiques, du café. Ce blog prend la suite de Science politique en ligne, et gagne un auteur. Suivre de près les participations croisées dans la blogosphère va devenir un sport de haut niveau. François, auteur de Boîte Noire et de feu Science politique en ligne, ouvre avec Joël, auteur du blog de Joël Gombin, un blog sur Hypothèses, qui s'appelle le Polit'bistro et qui parlera de science politique. Si vous avez tout suivi, en cliquant sur tous les liens, les indexant sur delicious et enregistrant les flux sur netvibes, c'est que vous êtes définitivement aptes pour le web2.0, espèce de geek.

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dimanche 1 février 2009

Vos papiers d'identité numérique s'il vous plait !

Il y a quelques semaines le journal Le Tigre proposait dans ses colonnes de découvrir la vie d'un inconnu à partir des données numériques laissées sur la toile, pointant ainsi les dangers de la confusion vie privée/vie publique sur Internet. Si vous n'en avez pas encore entendu parler, allez lire ces quelques lignes.

Aujourd'hui je découvre l'existence du site www.123people.fr, moteur de recherche ciblé sur les données personnelles. Alors que le verbe "googliser quelqu'un" commence à se répandre dans le langage commun, la maîtrise de son identité numérique est plus que jamais d'actualité. Un élément de plus à pointer auprès de nos élèves friands de blogs emplis de détails persos.

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jeudi 27 novembre 2008

La ComptaNat, c'est de la balle !

La comptabilité nationale qu'est ce que c'est ? Vous avez toujours voulu tout savoir sur la construction des principaux indicateurs macroéconomiques ? Comment qu'on fait le PIB ? C'est quoi la principale fonction des ISBLSM ? Pourquoi un touriste allemand qui se fait couper les cheveux en France provoque-t-il de fait une exportation ? Toutes les réponses sont là : http://www.comptanat.fr

Francis Malherbe, expert chez Eurostat (l'équivalent européen de notre INSEE, c'est le service statistique de la commission européenne), a ouvert un site gratuit, sans pub, à l'ergonomie très carrée (mais pour un comptable national, quoi de plus normal ?) et visiblement hyper complet.

Bonne visite.

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lundi 19 mai 2008

Dix jours sans écran

Vous en avez peut-être entendu parler sur les ondes, on apprend aujourd'hui que les élèves d'une école de la banlieue de Strasbourg participent à une expérience peu ordinaire : 10 jours sans écran. A partir de demain et jusqu'au 30 mai les petites têtes blondes vont devoir se passer de leurs écrans, la télévision bien sûr mais également l'accès Internet et la console de jeu. Une chose est sûre, je serai bien incapable de tenir ce pari (sauf entre le 15 juillet et le 15 aout peut-être).

L'expérience peut être profitable, il s'agit pour ces élèves de réapprendre à jouer aux jeux de société, à refaire du sport. Même si je ne suis pas persuadé qu'ils
avaient oublié les jeux de plateau et le sport, il est évident que les jeunes générations évoluent dans un environnement particulier. Ils sont nés avec le numérique (un élève de CM2 aujourd'hui est né en même temps que les premières offre ADSL de France Télécom), et sont la proie de flux d'images incessants, probablement plus que la génération de leurs grands frères et sœurs. Une étude de l'UNAF souligne qu'un enfant de 10 ans passe, en moyenne annuelle, 1500 heures devant quatre écrans (TV, net, console, téléphone), 800 heures à l'école et... seulement 50 heures de discussion avec ses parents.

Sans jouer les jeunes réac, tous les profs savent que l'hyper-sollicitation des élèves est la source de bien des difficultés dans les situations d'apprentissage. Le problème n'est pas tant dans la consommation d'image. Après tout les générations nées avec la télévision ne sont pas plus bêtes que celles qui les avaient précédées (elles sont plutôt plus intelligente d'ailleurs). C'est plutôt la mauvaise consommation, la consommation "de travers". Tout comme la mauvaise utilisation d'Internet. Il ne suffira pas d'interdire d'image toute la jeunesse de ce pays pour résorber tous ses maux. Mais il est urgent d'éduquer à l'image et à l'usage d'internet. Pour que l'usage ne se transforme pas inexorablement en "mésusage". Je note d'ailleurs que l'expérience de Strasbourg a été précédée, tout au long de l'année, d'une solide formation à l'image pour les élèves. Le seul sevrage n'aurait eu que peu d'intérêt.

Je reprends ici un extrait d'un texte de Philippe Meirieu que je trouve, comme souvent, très intéressant :

La publicité court-circuite toute réflexion et exalte le passage à l’acte immédiat. La télévision zappe plus vite que les téléspectateurs pour les scotcher à l’écran et les empêcher de passer sur une autre chaîne. Le téléphone portable réduit les relations humaines à la gestion de l’injonction immédiate. Ce n’est pas un complot – celui de soixante-huitards qui auraient décidé de saboter l’instruction du peuple - , c’est une conspiration : tout « respire ensemble » et susurre à l’oreille des enfants et adolescents : « maintenant, tout de suite, à n’importe quel prix… »

Il ne faut pas s’étonner, dans ces conditions, qu’il soit devenu plus difficile d’éduquer aujourd’hui : les parents savent l’énergie qu’il faut dépenser pour contrecarrer l’emprise des modes, des marques, des stéréotypes imposés par les « radios jeunes » et répercutés par les médias. Les professeurs constatent, au quotidien, la difficulté de construire des espaces de travail effectif, de permettre la concentration, de former à la maîtrise de soi et à l’investissement dans une tâche. Ils voient leurs élèves arriver en classe avec une télécommande greffée au cerveau, un phallus high-tech qui dynamite tous les rituels scolaires qu’ils peinent à mettre en place. La préoccupation principale des enseignants – ce qui les épuise aujourd’hui - est de faire baisser la tension pour favoriser l’attention. Et le malaise est là : moins dans le niveau qui baisse que dans la tension qui monte.


Pour retrouver le texte intégral du texte de P. Meirieu, c'est par ici.

A lire également, une interview de Joël de Rosnay "De nouvelles formes d'intelligence et de nouvelles dépendances"


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mercredi 14 mai 2008

Vieillissement et nouvelles technologies

Si comme moi vous vous réjouissez d'avoir un beau-père sexagénaire accroc à Skype et à sa webcam pour communiquer avec ses enfants éloignés, une voisine à la retraite qui cherche à comprendre comment fonctionne la SD Card de son appareil photo numérique, une vieille tante toute fière de vous apprendre qu'elle vient de s'inscrire à ses premiers cours d'informatique, une maman qui a enfin dompté cet animal bizarre qu'est la souris, alors vous serez heureux d'apprendre que la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) a donné pour thème à son Université de Printemps l'innovation numérique et le vieillissement.

Le vieillissement de la population et l'avènement des technologies numériques sont deux phénomènes de société majeurs en ce début de XXIe siècle. Il existe un véritable fossé numérique entre les générations, même s'il n'est pas uniquement sous tendu par cette variable (voir ici). Je trouve l'initiative qui consiste à faire se rencontrer des recherches menées sur ces deux phénomènes particulièrement intéressant. En plus cela devrait donner lieu à la présentation de nouveaux usages toujours passionnants pour les geeks et autres nerds de tous poils. Le tout visible en streaming en direct. Ca se passe à Aix, les 5 et 6 juin.

>>> Pour en savoir plus

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mercredi 9 janvier 2008

Devenir Media

C'est la traduction d'une partie de la célèbre formule "Don't hate the media. Become a media" dont je ne savais pas à qui attribuer la paternité avant de lire cet article sur Media Part. Inculte que je suis. C'est aussi le titre du dernier ouvrage de Olivier Blondeau et Laurence Allard. Universitaires, tous deux docteurs en science de l'information et de la communication, ils ont déjà à leurs actifs plusieurs articles remarqués. Pour ma part j'ai rencontré les travaux de Laurence Allard au début des années 2000 lors d'une enquête ethnologique que j'ai réalisé sur les cybercinéphiles, ces gens qui passent leur vie à commenter des oeuvres sur Internet.

S'il vous reste quelques sous après les cadeaux de Noël, et que vous avez envie de me faire plaisir (on peut toujours rêver, non ?), achetez moi Devenir Media.

Pourquoi je parle de ce livre ? Parce que le journaliste de MediaPart nous dit qu'il "donne au Réseau ce qui lui fait souvent défaut, la mémoire". Et ça, ça m'intéresse, ça me donne envie de le lire. Et connaissant déjà les travaux de Laurence Allard, ça me donne envie d'en parler. Très vite j'en parlerai plus (je ne vais pas attendre une ame généreuse pour me le procurer...), mais déjà vous pouvez en trouver le sommaire ici. Et je pense qu'il est susceptible d'intéresser quelques éventuels lecteurs de ce blog comme Manu, Valério ou Nicolas, qui ont fait de l'internet leur lieu de travail. Qui a dit que le progrès technique détruisait des emplois ? De la destruction créatrice, comme disait Joseph, de la destruction créatrice...

[Ajout du 15 janvier 2008 : une note de lecture est disponible sur www.liens-socio.org]

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