mardi 14 octobre 2008

CODICE : Conseil pour la diffusion de la culture d'entreprise

Je suis révolté. Révolté mais pas surpris. Christine Lagarde vient d'annoncer (discrètement) la nouvelle composition du CODICE, le Conseil pour la Diffusion de la Culture Economique. 10 chefs d'entreprise, 3 journalistes (Nouvel Obs, Figaro, France5), 2 consultants, 2 économistes, 1 inspecteur de l'éducation nationale, et 1 prof de SES (inconnue au bataillon jusqu'à maintenant), le tout présidé par Eric Le Boucher (Les Echos) et Nicolas Bordas (TBWA). On rajoute à cela la responsable d'un think-tank ultra-libéral anti-fonctionnaire et anti-état qui se présente comme un laboratoire de recherche en science politique (j'en parlais déjà ici), et on a fait le tour.

Dans le tas on trouve en vrac, Thibault Lanxade (Positive Entreprise), Michel Pébereau, et Jean-Pierre Boisivon (soit deux représentants de l'exécutif de l'Institut de l'Entreprise), autant d'ennemis des Sciences Economiques et Sociales. La surreprésentation des chefs d'entreprise est assez significative. On voit bien la conception toute particulière de l'économie de Mme Lagarde. Et pourtant non, l'économie ce n'est pas que l'entreprise.

En clair, l'Institut De l'Entreprise a autant de représentants dans le CODICE que l'ensemble de la communauté universitaire économique !!! C'est une honte. Je souhaite ici bien du courage à Etienne Wasmer (prof à Science Po Paris), actuel bloggeur) et Daniel Cohen (prof à Normale Sup, ancien bloggeur), pour leurs nouveaux sièges dans le COnseil pour la DIffusion de la Culture d'Entreprise.


[dernière minute : l'annonce du nouveau CODICE devait coïncider avec le lancement d'un site Internet www.kezeco.fr. Pas de bol, on a le droit à un petit message d'accueil : En raison de l'actualité économique et financière,
le lancement du site « kezeco.fr » est reporté de quelques semaines
.]

3 commentaires:

Rémi Jeannin a dit…

N'oublions pas François Dufour, fondateur et rédac chef des éditions Play Bac Presse (L'actu, Mon quotidien, Les incollables etc.).

François Dufour a eu un bac B mention bien en 1979. En 2006, il a décidé de se représenter au bac ES pour voir s'il l'aurait sans réviser et a raconté ses aventures sur un blog : http://www.playbac.fr/blogs/lecteurslactu/index.php?Dans-la-peau-d-un-candidat-au-baccalaureat
Vu le nombre de lecteurs, il a tiré tout ça sur son imprimante sans corriger quoi que ce soit et proposé le manuscrit à un éditeur, ce qui a donné Comment ne pas rater son bac, Editions Librio "2 €", 2007, bouquin qui lui a permis de faire le tour des médias et sa petite promo. Au passage, il a égratigné les SES en estimant que ce qu'on demande aux élèves est beaucoup trop dur vu qu'il n'a obtenu à l'écrit, sans réviser, qu'un 7/20. Il s'est empressé de contester également la correction en faisant corriger sa copie par d'autres collègues (choisis on ne sait comment) qui lui auraient donné une bien meilleure note, d'où une critique également de l'évaluation au bac digne d'un Bruno Suchaut ...

Comment je sais tout ça ? Il se trouve que c'est moi qui lui ai fait passer l'oral de rattrapage à Arcueil en septembre 2006. Je me rappelle bien de ce candidat quadragénaire (c'est assez rare !) et c'est par pur hasard que dans un hypermarché de province je suis tombé sur son bouquin, qui raconte notamment l'oral ...

Voir ici : http://www.playbac.fr/blogs/lecteurslactu/index.php?2006/09/22/261-dans-la-peau-d-un-candidat-au-bac-l-oral-de-rattrapage-en-eco

Et ici : http://www.playbac.fr/blogs/lecteurslactu/index.php?2006/09/30/266-dans-la-peau-d-un-candidat-au-bac-victoire

Va voir aussi ce qu'il dit de ses copies de SES à l'écrit ...
Quelle prétention de se dire qu'en repassant le bac ES 27 ans après sans réviser il devrait l'avoir les doigts dans le nez vu qu'il est diplômé de Sc Po et rédac chef d'un quotidien pour ados ! Ca me ferait bien rigoler de lui reparler de son oral de SES en direct : il ne savait pas définir "avantages comparatifs" et "IDH" dans un sujet sur "Libre échange et développement". J'ai été assez généreux ...

Anonyme a dit…

Pas d'ostrascisme excessif... Un conseil est toujours plus ou moins pluraliste et on y retrouve toujours des personnalités avec lesquelles on se sent plus ou moins en phase.
Sur le fond, l'intention de pédagogie de l'éco est très nécessaire, car la majorité des Français est peu au fait de ces sujets, tout en étant soucieuse d'en savoir davantage.
C'est particulièrement le cas des jeunes, qui n'ont pour la plupart d'entre eux (sauf filière SES) aucune formation de base en économie... C'est tout de même un VRAI SUJET quand on prétend former des jeunes et les préparer à entrer dans la vie active.
Or le système éducatif français leur apprend à peu près tout... sauf cela.
Qu'est-ce que la dépense publique ? Qu'est-ce qu'une entreprise ? Qu'est-ce que la compétitivité internationale ? Autant de sujets qu'un bachelier ignorera dans la majorité des cas.
Va-t-on un jour faire évoluer les choses ? Cela est plus que nécessaire quand on voit l'écart grandissant du systéme éducatif français avec ces réalités et son positionnement en Europe et dans le monde (son mauvais classement OCDE montre bien son déphasage de plus en plus accentué avec la vie réelle et l'économie réelle).
Il est temps que de nouvelles générations de profs, plus ouverts sur le monde et moins doctrinaires, prennent la relève.

Pierre Maura a dit…

@anonyme
Je suis bien d'accord avec vous. Malheureusement la réforme du lycée ne s'engage pas vers la voie d'une généralisation de l'enseignement d'économie (et encore moins vers une généralisation de sciences économiques et sociales). Je vous incite à signer l'appel pour les SES sur le site de l'Apses, car pour l'instant nous assitons à une marginalisation de cet enseignement.

On est loin du Danemark et ses sciences économiques et sociales dès le collège et tout au long du lycée...