vendredi 17 octobre 2008

Les Sciences économiques et sociales par temps de crise

Réduction des horaires, séparation de l’économie et de la sociologie, passage en modules optionnels... la réforme du lycée voulue par Xavier Darcos et menée par le recteur Jean-Paul de Gaudemar s'annonce désastreuse pour les sciences économiques et sociales, expliquent Stéphane Beaud (ENS Ulm), Luc Boltanski (EHESS), Pascal Combemale (Henri-IV), Michel Lallement (Paris-X), El Mouhoub Mouhoud (Paris-Dauphine), Pascal Petit (Cepremap-CNRS) et Dominique Plihon (Paris-XIII).

A lire sur Mediapart

5 commentaires:

ERZ a dit…

"il n'est jamais bon pour une société de refuser de s'interroger sur elle-même", comme l'a dit Guy Palmade.

Article très intéressant, les instructions officielles de 1967 sont d'une actualité déroutante.

Autant l'offensive patronale est évidente - on retrouve, peu ou prou, le même genre d'arguments contre les projets d'éducation permanente dans le cadre de la formation continue * au nom d'une critique professionnelle avisée (en opposition à une perspective qu'on trouverait chez Condorcet, le citoyen critique) -, autant les critiques entre guillemets scientifiques me laissent sans voix.

Brocader de cette manière l'enseignement des SES, quel coup de force, quelle imposition d'un nomos (principe de vision et de division du monde chez Bourdieu) et évacuer tout caractère arbitraire, contigent...

Une drôle d'impression, comme voir ressurgir une économie politique à la manière de l'époque de Say, non ? J'essaie de mettre en forme mais en tant que futur enseignant, ça m'enrage forcément !

Je regrette toutefois que le texte ne soit pas plus explicite ou tranché en ce qui concerne la restauration personnaliste dans le champ scientifique...



* Si le sujet vous intéresse, lisez donc Pour l'éducation permanente, de la Fondation Copernic (http://www.dailymotion.com/video/x53p9t_dgelot_news)

Emmeline a dit…

CombemaLe...

Emmeline a dit…

[En même temps chez Mediapart ils font la faute, vous n'y êtes pour rien]

Pierre Maura a dit…

@erz : je ne vous suis pas très bien, qu'entendez vous par "restauration personnaliste dans le champ scientifique"

@Emmeline : l'erreur est réparée. En effet c'est la faute à Médiapart. Jamais je n'aurai pu commettre une telle erreur ;-)

ERZ a dit…

@ PM :

Je regrette que, tant qu'à parler d'une possible cathéchèse visant à instruire avec bienveillance, "la science économique unique et apostolique, les auteurs n'exposent pas davantage les risques pour les sciences sociales d'une restauration durable de la philosophie personnaliste dans le champ scientifique.

La restauration personnaliste c'est, à partir des écrits d'E. Mounier, P. Ricœur ou C. Lefort, la réintroduction en force d'une philosophie du sujet et d'une vision œcuménique du social.

Comme la frange la plus réactionnaire du patronat est identifiée, il m'aurait semblé utile d'identifier de la même manière quelle conception de la science a à gagner à voir amoindri l'enseignement d'une sociologie abstraite et compassionnelle.