mercredi 24 octobre 2007

L'Attali ne se bonifie pas avec l'âge

Attali et Sarkozy sont dans un bateau

Dans un très bon article paru dans Le Monde daté du 24 octobre, Hervé Kempf fait un parallèlle intéressant entre le Jacques Attali des années 70 et celui des années 2000. Celui de 1970 était prudent, il venait de lire le rapport Meadows qui mettait en avant le fait que la recherche d'une croissance infinie était probablement ce qu'il pouvait arriver de pire à la planète Terre et à ses habitants. Il signait un papier titré "Vers quelle théorie économique de la croissance ?" dans lequel il expliquait combien la notion même de croissance se révélait (et se révèle toujours) être un mauvais indicateur du bonheur, de la satisfaction des individus.

Le rapport Meadows allait plus loin, en affirmant que l'absence de croissance n'était pas synonyme d'absence de progrès (sans pour autant proner la "décroissance") et qu'il fallait absolument repenser nos modes de production pour sauver le caillou sur lequel nous habitons. Il prévoyait les premières conséquences néfastes à horizon 2010. Nous étions en 1972 : 40 ans, probablement un horizon trop éloigné pour prendre pleinement conscience de l'urgence environnementale. Ce rapport émanait de chercheurs du prestigieux MIT, il était une commande du Club de Rome, qui lui assura un retentissement international. 35 ans avant le grenelle de l'environnement franco-français de l'an 2007.

Le Jacques Attali de 2007 a bien changé. Le 16 octobre dernier il était l'invité de François Demorand sur France Inter (écouter l'interview). Il affirmait alors que "la meilleure façon de ne pas polluer c'est de revenir à l'âge de pierre" tout en rappelant que "le secteur de l'environnement était, avec celui de la santé, le grand secteur de la croissance"... légèrement contradictoire. Et Hervé Kempf de mettre en exergue dans son article les oppositions entre certaines conclusions de la commission Attali et les propositions des groupes du Grenelle de l'environnement. De même que le Jacques Attali qui approuvait le rapport Meadows et les prémices d'une croissance 0 du PIB s'oppose à celui qui s'obstine à provoquer une croissance française à 5%.

Ce matin, Jacques Attali était invité sur Europe 1 : "opposer écologie et croissance est une bêtise intellectuelle profonde, puisqu'en réalité on ne peut pas améliorer l'environnement sans croissance. Ce n'est pas la croissance qui pollue c'est la production. Si on veut changer la nature de la production il faut évidemment croître, croître autrement". Un seul leitmotiv, toujours le même, la croissance. Seulement J. Attali semble avoir oublier que la notion de croissance est encore, aux dernières nouvelles, définie comme l'augmentation soutenue de la production. Donc par définition si la production pollue, la croissance pollue. Il faudrait "produire autrement pour croître autrement" nous dit il. Dont acte. Mais dans ces conditions, on aurait aimé que la mise en place du PIB Vert soit une initiative de la commission qu'il préside. Mais sur ce coup, c'est le Grenelle qui a une longueur d'avance...

Liens
Le Grenelle de l'environnement
Commission Attali : Libération de la croissance française
Club de Rome


et parce qu'il faut rire au moins 30 minutes par jour...

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2 commentaires:

Anonyme a dit…

guere surprenant effectivement, deprimant ;( pour retrouver le moral j'ai trouvé un petit livre bijou :
http://www.travailleravecdescons.com
cela pourrait servir a bon nombre

Pierre M a dit…

euh... j'espère que cet anonyme n'est pas un collègue de travail.