mercredi 25 juillet 2007

La réforme ignore les prépas

Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet. Ce Rebonds paru dans Libération du 24 juillet aborde déjà quelques points cruciaux. Je ne peux qu'en conseiller la lecture :

La réforme ignore les prépas.
Il faut intégrer les classes préparatoires aux grandes écoles au sein des universités.

6 commentaires:

Manuel a dit…

Je l'ai lu dans le train hier et je comptais en faire un petit quelque chose sur le blog. Je partage cet opinion. Malgré la volonté affiché de tout remettre à plat, il y a encore des chasses gardées...bien gardées.

Sur la page d'en face par contre...;-)

Pierre Maura a dit…

ouais, sur la page d'en face, Richard Descoings, dont je ne conseille pas la lecture...

Anthony DOUET a dit…

Ayant fait trois ans de prépa, je suis assez partagé sur le sujet. Il est clair qu'après être sorti du cycle, je conseille à tous le "tout sauf la fac" ! J'ai été obligé d'entrer dans le rang, n'ayant pas eu le concours. Cependant, quel fossé de connaissance, quel gouffre de méthodologie !

Laisser les prépas dans les lycées, c'est assuré un suivi de l'élève, c'est lui permettre d'évoluer dans un espace clos sécurisé et peut être de lui donner plus de chances d'accéder au meilleur résultat.

Mettre les CPGE dans les universités, c'est l'accès à la connaissance et aux bibliothèques.

En attendant, il faut sauver et développer les prépas, seules gages d'avoir une "élite" en France.

Pierre Maura a dit…

L'Histoire est le cimetière des aristocrates
Vilfredo Pareto

Divergence d'opinion. Soyons honêtes : je suis un pur produit de la fac, toi des classes prépas, nos points de vue sont biaisés.

Prenons du recul néanmoins : les classes prépas peinent de plus en plus à hétérogénéiser leur recrutement. On y trouve quasiment plus que des fils et filles de cadres (surtout des enseignants). Fini le temps des fils d'ouvrier méritant. C'est pas la meilleure chose à faire pour le renouvellement des élites. C'est pas moi qui l'ai dit, c'est Pareto et Mosca.

Les Grandes Ecoles, bizarrement, ont un recrutement plus "égalitaires" que les CPGE et leurs "classes étoiles". Elles se targuent, quand on les attaque, de recueillir des proportions d'étudiants boursiers similaires aux universités. Et depuis quelques années, elles renforcent cela avec des dispositifs de discrimination positive (Essec, IEP Paris, etc..) En quoi consistes réellement ces dispositifs ? Rien d'autre qu'un contournement du "filtre" que représente les classes prépas !

Moralité ?

Enervé de service a dit…

Personnellement, j'ai fait prépa, une école d'ingénieurs, puis travaillé dans le privé et maintenant j'enseigne dans une école d'ingénieurs universitaires, donc qui ne recrute qu'une partie de ses étudiants parmi les prépas.
Mon expérience d'ancien élève, c'est que la prépa ne donne pas réellement de méthode de travail: c'est juste une passoire aux mailles assez fines pour éjecter ceux qui ne s'adapteront pas assez vite. Ceux qui en réchappent ont tout naturellement l'impression qu'on leur a donné une méthode, alors qu'ils ont seulement adopté le mode de vie et la mentalité de l'institution. Celle-ci produit de plus (et c'est sa nature qui veut ça) des gens immatures en leur "ôtant" littéralement trois anées de leur vie.
Mon expérience d'enseignant, c'est que la prépa ne produit pas nécessairement une élite mais donne aux étudiants le sentiment d'en faire partie. En termes de sociabilité et de capacité à travailler en équipe, mes élèves de prépa sont bien loin derrière les gens qui sortent de la fac ou de l'IUT.
Pour "rebondir" sur un commentaire précédent, quel est l'intérêt réel de maintenir des "élites"? Je veux dire, à part pour ces élites elles-mêmes?

Gizmo a dit…

En sympathie avec "Enervé de service". Mon analyse du match Université-(CP)GE est que la moyenne est indiscutablement plus élevée en GE, mais que la variance y est beaucoup plus faible. Autrement dit, et à la grosse louche caricaturale, la probabilité d'avoir un "mauvais" issu des (CP)GE est faible, mais la probabilité d'y avoir une "pépite" également. A l'université, l'invraisemblablement médiocre (ou plutôt, l'inadapté aux études supérieures) cotoie la pétite. C'est un des charmes du métier d'enseignant-chercheur...