mercredi 31 octobre 2007

En vrac... mais que du bon !

Pleins de bonnes choses à lire, encore et toujours !!


  • On continue avec un très bon billet de Christophe Foraison, que je salue au passage, sur les représentations de la structure sociale. Pour en savoir plus cliquez sur le lien : S'il te plait, dessine moi la société

  • Comme les profs de SES aiment bien les blogs, parfois ils en ont deux. Claude Bordes signe une brillante série "Mensonges et Statistiques" sur L'Antisophiste. Un flux de plus à mettre dans votre agrégateur...

  • Enfin, signalons la naissance de Science politique en ligne ! Longue vie à cette initiative qui a pour but, je cite, de recenser quelques travaux pour améliorer la diffusion de la recherche française en science politique sur Internet.

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mardi 30 octobre 2007

Service après vente... des billets de blog

Petites vacances, petits billets... Comme les vacances des profs ça sert à travailler (oui, oui, vous avez bien lu !) le format des billets est raccourci pendant quelques jours. Voire même il risque d'y avoir une interruption de service vers la fin de la semaine.

La lecture de la presse quotidienne économique a ceci de bien qu'elle permet d'assurer le service après-vente des billets postés ici ou là.

Dans La Tribune d'aujourd'hui (30 octobre 2007) on peut lire une brève en page 10 qui vient compléter ma précédente note sur les jeux videos :

Sony pessimiste pour sa division jeux video ; Quelques jours après la publication des résultats de son 2e trimestre fiscal, marqué par la bonne santé de sa branche électronique, le groupe japonais a annoncé s'attendre à une perted'exploitation de sa division jeux video deux fois plus lourde que prévu pour l'exercice en cours, qui s'achève fin mars 2008. Cette perte devrait atteindre 605 millions d'euros contre 302 millions prévus initialement.


En page 6 du quotidien, la suite de la cession de Danone Biscuits à l'américain Kraft Foods que j'avais eu l'occasion de présenter cet été :

Danone signe la cession de son pôle biscuits à Kraft ; Danone a vendu à l'américain Kraft Foods son pôle biscuit et produits céréaliers (dont la marque LU), pour 5,3 milliards d'euros. L'opération aprouvée par le conseil dadministration de Danone avait été annoncée en juillet. Elle demeure soumise à certaines conditions, notamment au feu vert de la Commission européenne dont la décision est attendue le 9 novembre. L'es deux groupes entendent clôturer la vente d'ici à la fin de l'année.


Sur la même page, deux articles et un encart sur la grève à Air France. On y parle de l'inexpérience des syndicalistes pour expliquer la situation de blocage, ainsi que de la nécessité de mettre en place le service minimum dans le transport aérien. Autant dire que cela illustre plutôt bien le dernier post sur le blog Econoclaste : Pourquoi les medias sont ils biaisés. Je vous renvoie aux deux notes de juin dernier portant sur le service minimum et le droit de grève (note 1 et note 2).

A suivre...

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lundi 29 octobre 2007

Fiscalité sur les dividendes...

Ne ratez pas ça :
"Les riches c'est fait pour être très riches..."

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vendredi 26 octobre 2007

Histoire@Politique

S'il existait, on dirait que le hasard fait bien les choses... J'apprends aujourd'hui la sortie du n°2 de la revue Histoire@Politique, la revue électronique du Centre d'histoire de Science po. Il tombe à point nommé, avec pour dossier central "Le pouvoir politique et l'histoire", dossier coordoné par... Laurent Wirth, que je citais abondemment hier. Analyse on ne peut plus fine, je vous conseille tout particulièrement l'article "Le pouvoir politique et l'enseignement de l'histoire. L'exemple des finalités civiques assignées à cet enseignement en France depuis Jules Ferry"

Sur la revue plus généralement, je me demande si le jeu de mot "Histoire apolitique" avec l'usage du "@" dans le titre est volontaire ou pas ? Je me demande également comment un site comme celui-ci (qui semble plutôt bien fait par ailleurs) n'ait pas de fils RSS. Et le web 2.0 alors ? Tout juste on trouve une vieille newsletter tout en bas de la colonne de droite (vous ne perdrez pas deux heures à la trouver comme ça).

Bon surf !

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jeudi 25 octobre 2007

Comprendre : la non lecture de la lettre de Guy Moquet

Lettre de Guy Moquet à ses parents

C'est retombé comme un soufflet, le Grenelle de l'environnement est passé par là mercredi, les annonces de Xavier Bertrand mardi... Et l'agenda politico-médiatique va vite, très vite, il passe d'une info à une autre, et à mon avis on n'est pas prêt d'entendre parler à nouveau de Guy Moquet. Bien sur, les JT de lundi soir sont revenus quelques minutes sur l'émotion suscitée par la lecture de la lettre dans les lycées, et puis quelques secondes sur le non déplacement de Nicolas Sarkozy dans le lycée Carnot où le jeune résistant communiste avait suivi sa scolarité. Mais finalement, avec la couverture médiatique pourtant conséquente lundi sur le sujet, on n'aura pas vraiment compris pourquoi ils n'ont pas voulu lire la lettre...

Des milliers de profs d'Histoire Géo ont signé des textes dans lesquels ils expliquaient pourquoi ils refuseraient de lire la lettre. Pourquoi il ne fallait pas confondre "devoir de mémoire" et "droit d'histoire". Pourquoi l'Ecole ne doit plus être pensée comme l'outil d'unification de la nation qu'elle était sous la IIIe République. Bien sûr les professeurs du service public d'éducation ont des missions claires : transmettre les valeurs de la République et notamment l'idéal laïque, qui exclut toute discrimination de sexe, de culture ou de religion, instruire les jeunes, contribuer à leur éducation, les former en vue de leur insertion sociale et professionnelle.

Mais ils ne sont plus là pour jouer les "instituteurs nationaux" (selon l'expression de Pierre Nora). Le temps du petit Lavisse et du Tour du Monde par deux enfants est révolu. L'école est là pour former des citoyens, capables d'esprit critique, capables de prendre les décisions importantes de leur vie en connaissance de cause, en connaissance de la réalité de notre société. On exerce l'esprit critique des jeunes non pas en sélectionnant ce qu'il y a de meilleur dans notre mémoire, mais en cherchant à se rapprocher de la vérité historique, sans mettre en avant les périodes les plus glorieuses, sans occulter les heures sombres.

Pour comprendre, il est bon de lire et relire ce texte de 2000 : "Histoire et Mémoire". Il est issu d'une conférence prononcée par Laurent Wirth, Inspecteur Général de l'Education Nationale et ancien professeur d'Histoire-Géographie. Je vous en livre ici quelques extraits significatifs.

Ce retour en force de la mémoire est caractérisé par son lien consubstantiel avec le présent au point de faire les titres de la presse. Les débats sur Vichy, notamment au moment du procès Papon et ceux sur la torture en Algérie sont des exemples frappants d'un véritable télescopage entre la mémoire et l'actualité, dans lequel les médias, les politiques et la justice prennent le pas sur les historiens, même si ceux-ci peuvent être convoqués comme experts. L'inscription dans l'actualité tend à l'emporter sur le regard de l'historien qui passe au second plan.

Les nouveaux modes de commémoration confirment que le présent prend le pas sur le passé : l'aspect festif et médiatique que prend la commémoration ( par exemple à l'occasion la célébration du bicentenaire de la Révolution) est significatif. On ne commémore tant aujourd'hui le passé que pour mieux célébrer ou condamner le présent.

Inscrite dans le présent, cette mémoire est le patrimoine de groupes vivants. De ce fait, comme l'a dit, dès les années trente, le sociologue Halbwachs qui est mort en déportation à Buchenwald, il y a autant de mémoires que de groupes. Elle est donc par nature plurielle. L'évolution des modes de commémoration est également significative de ce point de vue : la commémoration traditionnelle supposait un ordre et une hiérarchie qui descendait des sommets de l'Etat jusqu'aux écoliers rassemblés autour des monuments et sur les places publiques. Actuellement la commémoration sourd, au contraire, des profondeurs de la société, elle émane plutôt de groupes de solidarité et tend à déserter le national pour s'enraciner dans le local.

Enfin la mémoire est également, par nature, affective et sélective et faillible : elle a tendance à ne retenir que ce qui la conforte. Dans les débats sur la torture en Algérie, certaines associations répondent indignées, en mettant en avant leur propre mémoire fondée sur des atrocités commises par le FLN contre des civils et contre les Harkis. Cela peut déboucher sur un affrontement de mémoires antagonistes.

Ces mémoires éclatées, sélectives, souvent contraires, ne sont pas, on le voit bien, synonyme d'histoire.


Je rappelle que le texte ci-dessus n'a pas été écrit en réaction à la demande présidentielle de lecture de la lettre de Guy Moquet dans les lycées, puisqu'il date de 2000. Mais il est intéressant de constater comment, d'une certaine manière, l'évènement de lundi peut être interprété comme un retour en arrière dans la façon de célébrer la mémoire nationale, du haut de l'Etat vers le bas. Ou quand "la rupture" prend la forme du demi-tour...

L'opposition des professeurs n'était donc pas tant politique, comme on a voulu le montrer sur certaines chaines, que scientifique et éthique. Or la première compétence attendue chez les nouveaux professeurs actuellement en formation n'est autre que : agir en fonctionnaire de l'Etat, de manière éthique et responsable.

Liens :
Discours de N. Sarkozy au bois de Boulogne, le 16 mai 2007
Laurent Wirth, "Histoire et Mémoire", conférence de novembre 2000
"Agir en fonctionnaire de l'Etat et de manière éthique et responsable", BO du 4 janvier 2007, pp. 12-13
"Les missions du professeur", circulaire 97-123 du 23 mai 1997


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mercredi 24 octobre 2007

L'Attali ne se bonifie pas avec l'âge

Attali et Sarkozy sont dans un bateau

Dans un très bon article paru dans Le Monde daté du 24 octobre, Hervé Kempf fait un parallèlle intéressant entre le Jacques Attali des années 70 et celui des années 2000. Celui de 1970 était prudent, il venait de lire le rapport Meadows qui mettait en avant le fait que la recherche d'une croissance infinie était probablement ce qu'il pouvait arriver de pire à la planète Terre et à ses habitants. Il signait un papier titré "Vers quelle théorie économique de la croissance ?" dans lequel il expliquait combien la notion même de croissance se révélait (et se révèle toujours) être un mauvais indicateur du bonheur, de la satisfaction des individus.

Le rapport Meadows allait plus loin, en affirmant que l'absence de croissance n'était pas synonyme d'absence de progrès (sans pour autant proner la "décroissance") et qu'il fallait absolument repenser nos modes de production pour sauver le caillou sur lequel nous habitons. Il prévoyait les premières conséquences néfastes à horizon 2010. Nous étions en 1972 : 40 ans, probablement un horizon trop éloigné pour prendre pleinement conscience de l'urgence environnementale. Ce rapport émanait de chercheurs du prestigieux MIT, il était une commande du Club de Rome, qui lui assura un retentissement international. 35 ans avant le grenelle de l'environnement franco-français de l'an 2007.

Le Jacques Attali de 2007 a bien changé. Le 16 octobre dernier il était l'invité de François Demorand sur France Inter (écouter l'interview). Il affirmait alors que "la meilleure façon de ne pas polluer c'est de revenir à l'âge de pierre" tout en rappelant que "le secteur de l'environnement était, avec celui de la santé, le grand secteur de la croissance"... légèrement contradictoire. Et Hervé Kempf de mettre en exergue dans son article les oppositions entre certaines conclusions de la commission Attali et les propositions des groupes du Grenelle de l'environnement. De même que le Jacques Attali qui approuvait le rapport Meadows et les prémices d'une croissance 0 du PIB s'oppose à celui qui s'obstine à provoquer une croissance française à 5%.

Ce matin, Jacques Attali était invité sur Europe 1 : "opposer écologie et croissance est une bêtise intellectuelle profonde, puisqu'en réalité on ne peut pas améliorer l'environnement sans croissance. Ce n'est pas la croissance qui pollue c'est la production. Si on veut changer la nature de la production il faut évidemment croître, croître autrement". Un seul leitmotiv, toujours le même, la croissance. Seulement J. Attali semble avoir oublier que la notion de croissance est encore, aux dernières nouvelles, définie comme l'augmentation soutenue de la production. Donc par définition si la production pollue, la croissance pollue. Il faudrait "produire autrement pour croître autrement" nous dit il. Dont acte. Mais dans ces conditions, on aurait aimé que la mise en place du PIB Vert soit une initiative de la commission qu'il préside. Mais sur ce coup, c'est le Grenelle qui a une longueur d'avance...

Liens
Le Grenelle de l'environnement
Commission Attali : Libération de la croissance française
Club de Rome


et parce qu'il faut rire au moins 30 minutes par jour...

Vous aussi faites vous plaisir : http://martine.logeek.com/


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