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mardi 12 février 2013

Clichés et stéréotypes, c'est Du Pareil Au Même

Petit coup de gueule de consommateur, contre la perpétuation des clichés de genre. La marque Du Pareil au Même, spécialisée dans le prêt-à-porter pour enfant, implantée un peu partout en France, a encore fait preuve de son sexisme ordinaire.

On connaissait le "papa code" - dans le genre je prends les mecs pour des cons - qui consiste à étiqueter les fringues pour réussir à en choisir deux qui vont bien ensemble. On notera le "bon look/pas bon look" genre je te parle petit nègre au cas où vraiment tes deux neurones seraient encore endormis.


On a du adhérer au "Club des Mamans" parce que oui, c'est bien connu, ce sont les mamans qui s'occupent le mieux des enfants. Et y a pas de raisons que ça change, elles sont tellement douées pour changer les couches, donc faisons un club pour elles. Je revendique le droit, en tant que papa, d'être une maman comme les autres. Y en a marre...



Dernier exemple en date, dans la collection "bébé garçons" on trouve de bien belles salopettes, dont une qui ne finit pas de me troubler. Le bleu de travail façon mécano, avec le beau camion. Tout y est, même la symbolique.

"Je bricole avec mon papa"

Elle me trouble parce que je ne peux m’empêcher de chercher celle qui lui correspond dans la collection pour fille : "Je fais la vaisselle avec ma maman", "Je m'occupe du linge avec ma maman", "J'ai fais la liste de courses avec ma maman". Bref, on est pas prêt de corriger l'inégale répartition des tâches domestiques au sein des couples avec ce genre de message. En tout cas saluons DPAM pour son progressisme à toute épreuve, et son engagement de tous les instants dans la lutte contre les clichés sexistes.




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vendredi 19 novembre 2010

"Fées du logis"

On va finir par croire que ce blog est entièrement consacré à la question du ménage. Juste cette petite brève pour signaler une info lue sur www.ouest-france.fr.

Je ne connaissais pas ce Paul Lapie, que la journaliste dit sociologie. Quelques rapides requêtes Google nous indique qu'il n'en était pas vraiment un, plutôt un philosophe, qui a terminé Recteur de l'académie de Paris. Pédagogue, il est à l'initiative des filières que l'on nommerait technologique et professionnelle actuellement.

Une entreprise française met à la disposition de ses clients « 2 500 femmes de ménage dynamiques et motivées ». Elle organise aujourd'hui, à Paris, la finale d'une compétition interne, qui ressemble fort aux anciens concours de « Fées du logis ». Retour en arrière...
En 1908, le sociologue français Paul Lapie s'inquiétait de l'arrivée de nouveaux appareils qui facilitaient les tâches domestiques : « À toute diminution du rôle de la ménagère a correspondu une désagrégation de la famille. » Sans doute effrayées par une telle prédiction, les Françaises sont devenues de parfaites « femmes d'intérieur ».

Dès 1936, elles participent au Concours de la meilleure ménagère (lié au Salon des arts ménagers, à Paris), remercient tous les jours Paulette Bernège, fidèle disciple du « Mouvement des sciences domestiques » américain. Sa Méthode (éditions Dunod, 1928) permet de mieux organiser le temps consacré au repassage, à la cuisine, au nettoyage, aux enfants...

Stop ! Ont dit les femmes, dans les années 1960, sans réussir à lâcher complètement les rênes des tâches domestiques. Résultat, on voit revenir par la bande, les concours « Fées du logis » : en juin, à Ribeauvillé (Alsace) ; il y a quinze jours, à Trouville (Calvados)... Le coup de balai n'a pas été assez énergique.

Christelle GUIBERT.

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mardi 2 novembre 2010

Inégalités Hommes/Femmes : dans les têtes et dans les agendas.

Alors que se tenait il y a quelques jours à Paris l'Assemblée Générale constituante de l'association Osez Le Féminisme, le contenu de ma boîte aux lettres et le dernier numéro de la revue Travail, Genre et Société m'indique que cette jeune association a encore du pain sur la planche !


La répartition des tâches domestiques, l'éternelle inégalité ?
Dans le dernier numéro de la revue Travail, Genre et Société, Rachel Silvera signe un article qui dresse un panomara non exhaustif mais très intéressant de ce qui se fait au niveau communautaire en matière de politiques publiques visant à améliorer la "conciliation" entre vie familiale et vie professionnelle des femmes. Au détour d'un paragraphe elle rappelle les résultats d'une étude Eurostat de 2006 qui indiquait l'état du déséquilibre dans la répartition des tâches domestiques un peu partout en Europe.

D’importantes différences existent : entre la Suède, où [les femmes] effectuent environ 50 % de plus de tâches domestiques que les hommes et… l’Italie et l’Espagne où l’écart est de 200 % ! On pourrait penser que les hommes compensent ce faible temps domestique par un surinvestissement dans la sphère professionnelle. Mais c’est loin d’être le cas : si l’on prend en compte le temps contraint – c’est-à-dire le temps domestique et le temps professionnel – il n’y a que trois pays où ces temps sont équivalents entre hommes et femmes (Suède, Royaume-Uni et Pays-Bas). Autrement dit, même lorsque le travail à temps partiel ou les congés parentaux réduisent l’activité professionnelle des femmes, l’équilibre dans les temps sociaux ne se repère pas : les hommes gardent davantage de temps « libre », du temps pour eux-mêmes, quels que soient les modèles sociaux.



Mais pourquoi les femmes préfèrent-elles le ménage ?
Mais oui, pourquoi ? 200% de tâches domestiques de plus que les hommes, c'est plus un fardeau, c'est un hobby...

Coïncidence du calendrier, le mois de novembre est la période de distribution des catalogues de jouets pour Noël dans nos boites aux lettres. Et là, tout s'éclaire. Pour mener à bien l'expérience, j'ai gardé deux catalogues, pour comparer : Carrefour et Casino. Et finalement les deux sont quasi-identiques. Dès le sommaire, chez l'un comme chez l'autre, on retrouve une différentiation sexuée des jouets. "Les filles" d'un côté, "les garçons" de l'autre, y en a 20 pages pour chacun. Une dominante de couleur froide, bleue la plupart du temps, pour les garçons. Une dominante de rose chez les filles. On ne coupe pas au stéréotype de couleur, pour savoir pourquoi le bleu, pourquoi le rose, allez faire un tour du côté de chez Michel Pastoureau, il vous expliquera.

Et on tourne les pages. Pour les garçons : des voitures, des tractopelles, des grues, des trains, des hélicoptères et le quad de SpiderMan... Bref que des objets qui, dans la réalité, n'ont pas leur place à l'intérieur d'une maison. Chez les filles maintenant. Des poupées, des bébés à soigner, des petits animaux (rien à voir avec les dragons et les rhinocéros), des robes de princesses, des poussettes, des landaus, et finalement, la page qu'on préfère : les jouets Smoby. La caisse-enregistreuse, la cuisine, le chariot, le lave-vaisselle et la nouveauté de l'année... le clean service.



Avec le petit commentaire qui va bien : "Super, ton chariot pour faire le ménage dans toute la maison". Si on prête attention au reste de la page, on se rend compte qu'un petit garçon a fait son apparition. Bizarre, dans une rubrique réservée aux filles. Oui mais à bien y regarder il occupe une position bien particulière



Monsieur est médecin évidemment, pas hôtesse de caisse. Il semblerait que Smoby n'ait pas encore intégré que cela fait plus de 20 ans qu'il y a plus de jeunes femmes que de jeunes hommes dans les filières médicales de nos universités.

Bref, toute la panoplie de la ménagère est disponible "dès trois ans" pour les petites filles. La socialisation des enfants passe par l’imitation et le jeu de rôle pour s'identifier aux rôles sexués que la société assigne aux individus. La répartition des tâches entre les adultes ne changeant qu'à la marge, les fabricants de jouets ne font que répondre à une demande sociale : fournir les outils de la reproduction des rôles sociaux. Et si on changeait les jouets pour changer la société. Il y a 40 ans, Ellena Gianini Belotti écrivait "Du côté des petites filles" pour expliquer l'influence des conditionnements sociaux sur la formation du rôle féminin et ce dès la petite enfance. Il faut croire que la société n'a pas beaucoup avancée depuis les années 1970.

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mardi 29 septembre 2009

Repassage pour les femmes, bricolage pour les hommes

La sociologie des rapports sociaux de sexe a encore du boulot...

C'était la première de "Tournez Manège !" hier soir sur Tf1, et en prenant la peine de chausser ses lunettes de sociologue, ça valait son pesant de cacahuètes. Tout le travail de Sylvette Denèfle, Annie Dussuet, Kaufman et De Singly... parti en fumée, en moins 15 secondes. Elle, avec son petit accent de Nancy, elle les aime "un peu macho", qui font le bricolage pendant qu'elle s'occupe du linge. Tant qu'il y aura du linge...



Les habitudes ont la peau dure, il semble toujours naturel que les tâches domestiques soient si inégalement réparties. Toutes les enquêtes emploi du temps des ménages le montrent, et si les tâches sont inégalement réparties quantitativement - en terme de temps de travail domestique - elles le sont également qualitativement.

Ces quelques secondes de programme télévisé nous renvoie directement aux travaux de Françoise Héritier. Dans Masculin/Féminin, l'ethnologue démontre que la différence de sexe structure toute la pensée humaine qui finalement repose comme premier critère de classement sur les concepts d'identité et de différence. On oppose homme et femme comme on oppose chaud et froid, extérieur et intérieur, sec et mouillé, vif et inerte, etc... Et chaque culture construit cette différence à sa manière. Pour revenir à notre exemple et dans nos sociétés occidentales contemporaines, c'est aux hommes que semblent revenir naturellement les travaux d'extérieurs (jardinage, bricolage, entretien du véhicule et des façades du logement), pour les femmes les travaux d'intérieur (au point que dans les enquêtes on retrouve un vrai clivage entre plantes d'extérieur, entretenues souvent par les hommes, et plantes d'intérieur arrosées par les femmes).

Pour les femmes la saleté du quotidien, des travaux le plus souvent invisibles car il faut les refaire tous les trois jours. Pour les hommes les taches qui se donnent à voir : jardinage et bricolage ont des résultats visibles et durables, qui pourront être exposés à des regards extérieurs au ménage, l'homme pourra en tirer une reconnaissance. On a encore jamais vu quelqu'un s'esbaudir devant la propreté d'un carrelage. La particularité des lieux de travail domestique des femmes, c'est qu'on ne les remarque que s'ils sont sales.

Du point de vue de la charge psychologique, on jardine, on bricole pour penser à autre chose. Mais la charge mentale de la programmation des différentes taches, la prévision des courses et de leur liste, c'est aux femmes que cela revient.

Des gants Mapa universellement roses, impossible à trouver en grandes tailles pour des mains d'hommes, jusqu'à la toute dernière pub Persil, tout semble fait pour cantonner les femmes dans leurs buanderies.



Pour finir sur une petite note d'humour, rappelons nous quand les inconnus sévissaient encore à la télé.



Pour aller plus loin :
Sylvette Denefle, Tant qu'il y aura du linge à laver, Paris, Arlea-Corlet, 1995
Annie Dussuet, Logiques domestiques, essai sur les représentations du travail domestique chez les femmes actives de milieu populaire, L’Harmattan, 1997
Jean-Claude Kaufman, La Trame Conjugale - Analyse du couple par son linge, F Nathan, 2000
Dumontier, Guillemot, Meda, Evolution des temps sociaux au travers des enquêtes emploi du temps des ménages, Economie et Statistique, INSEE, 2002

L'INSEE est en train de procéder à une nouvelle enquête emploi du temps des ménages en cette fin d'année 2009, la dernière enquête de ce type datant de 1999.

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mercredi 9 septembre 2009

Les filles et les concours

Lu chez Tom Roud en réaction à l'article du Monde intitulé "Les filles brillent en classe, les garçons aux concours" :

Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause l’existence et la logique du sacro-saint concours. Si l’on considère que les performances en classe, les mentions, les représentations en bonnes prépas … bref, les dossiers scolaires, constituent un bon indicateur du niveau, pourquoi alors conserver un concours ?


Je crois que les écrits de Pierre Bourdieu peuvent nous aider à répondre à la question. Dans un court texte "Culture et Politique" publié dans Questions de sociologie (1980), Bourdieu évoque les concours. Ceux-ci sont très pratiques pour produire de la différence là où il n'y en avait pas, et c'est probablement pour cela qu'ils sont encore très prisés dans le recrutement.
La magie sociale peut transformer les gens par le fait de leur dire qu'ils sont différents ; c'est ce que font les concours. Le 300ème est encore quelque chose, le 301ème n'est rien).


Quand Bourdieu cite cet exemple, c'est justement pour expliquer pourquoi on reconnait moins de compétence politique aux femmes qu'aux hommes. Et finalement il explique que n'importe quelle compétence, qu'elle soit technique, politique ou autre, est toujours une compétence sociale : il faut savoir se faire reconnaitre comme digne de disposer du droit et du devoir d'intervenir sur tel ou tel chose. Autrement dit, la compétence technique existe, mais elle est d'autant plus grande qu'elle est reconnue socialement.
La différence entre les hommes et les femmes (...) est fondée sur un coup de force social, sur une assignation à compétence. La division du travail entre les sexes accorde à l'homme la politique, comme elle lui accorde le dehors, la place publique, le travail salarié à l'extérieur, etc., tandis qu'elle voue la femme à l'intérieur, au travail obscur, invisible et aussi à la psychologie, au sentiment, à la lecture de romans, etc. Même si les choses ne sont pas si simples...


Et même 30 ans après l'écriture de ces lignes, les disparités restent très grandes.

Pour ne citer que des professions dont l'accès est sanctionné par un concours, rappelons que si 57% des fonctionnaires de catégorie A de la fonction publique d'Etat sont des femmes, elles ne sont que 16% dans les emplois dits supérieurs, et 10% dans les emplois à discrétion du gouvernement. Incompétence ou discrimination ?
De même que la filière universitaire est très révélatrice : depuis longtemps les filles sont plus nombreuses que les garçons au niveau Bac, elles le restent jusqu'au niveau Master. Côté professionnel de l'enseignement supérieur : 32% des enseignants-chercheurs sont des femmes, la part tombe à 17% chez les professeurs d'université, et 10% chez les présidents d'Université (Manuel C me corrigera au besoin). Dans la fonction publique territoriale, plus de 50% de femmes chez les attachés et autres catégorie A, mais moins du quart des Directeurs Généraux. Le concours ne protège pas.

Source : Pierre Bourdieu, Questions de sociologie, Editions de Minuit, 1980, pp.239-241.

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mercredi 21 janvier 2009

Les femmes plus durement touchées par la crise

Via le Global Sociology Blog on apprend qu'outre-manche une enquête révèle que les femmes sont plus touchées que les hommes par la crise économique. Principale raison : cette crise affecte non seulement des secteurs où l'emploi masculin est très développé (industrie, construction) mais aussi et surtout des secteurs très féminisés (vente au détail, hôtellerie-restauration).

C'est à lire ici : Gee… What a Surprise! Women More Affected By Economic Hard Times

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mardi 16 septembre 2008

Les inégalités tuent à grande échelle

Un enfant né dans une banlieue de Glasgow, en Écosse, aura une espérance de vie inférieure de 28 ans à un autre né à peine treize kilomètres plus loin. L’espérance de vie à la naissance d’une fille au Lesotho est inférieure de 42 ans à celle d’une autre née au même moment au Japon. En Suède, le risque pour une femme de décéder pendant une grossesse ou lors d’un accouchement est de 1 pour 17 400, alors qu’en Afghanistan il est de 1 pour 8. Ces chiffres n'ont aucune explication biologique.

Organisation Mondiale de la Santé, Genève, 28 août 2008



C'est ainsi que débutait le communiqué de presse de l'OMS annonçant la publication d'un volumineux rapport sur les déterminants sociaux de la santé dans le monde. Repris dans un fil AFP, on trouve des traces de l'annonce sur quelques sites d'actualités, mais aucun grand media ne l'a repris à son compte, si ce n'est cet article sur le site du Monde Diplomatique. Article que je n'aurai pas trouvé sans l'accuité d'un expat, François du site Boîte Noire. Les journalistes étaient probablement trop occupés à traiter les marronniers de septembre.

Le communiqué de presse de l'OMS

Le résumé analytique en français

Le rapport intégral en anglais

L'article du Monde Diplomatique

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lundi 31 mars 2008

les femmes, l'avenir du développement durable ?

Ce matin sur France Inter on pouvait écouter l'émission d'Isabelle Giordano, Service Public, qui portait sur un curieux sujet : les femmes et le développement durable. 6e semaine du DD oblige, il fallait trouver un sujet dans l'actu, et des partenaires de choc : le WWF et Femme Actuelle. Ils publient dans un numéro spécial du mensuel féminin les résultats d'un sondage TNS-Sofres qui montre que les femmes sont à la pointe en matière de consommation de produits "verts" et "bios". Mais n'est-ce pas simplement le résultat d'une répartition des tâches domestiques toujours aussi sexuée ?

Il y a un point positif à faire ce genre d'émission, c'est de se rendre compte qu'il n'y a même pas besoin de faire de la sociologie, l'intuition suffit pour se rendre compte du côté grotesque de la chose. Dans les 100 et quelques commentaires d'auditeurs-internautes que l'on peut trouver sur le site, un bon nombre s'étonne de validité du sondage : apparemment seules des femmes ont été interrogées, et cela n'empêche pas les commanditaires du sondage d'affirmer que les femmes sont plus concernées par le développement durable que les hommes. Dans un second temps, nombreux sont les commentateurs qui reviennent sur le fait que la répartition des tâches domestiques au sein des couples est probablement l'explication première des résultats de ce sondage.

Malheureusement l'enquête TNS Sofres n'est pas disponible en ligne, ni sur le site de l'institut de sondage, ni sur celui du WWF, pas plus sur celui du magazine. Il faut bien vendre le papier, me direz-vous. C'est dommage parce qu'on serait très curieux de connaître la teneur des questions posées aux interviewées. En attendant, rien ne nous permet de savoir si les enquêteurs ont tenu compte de la sur-représentation des femmes parmi la population qui fréquente les enseignes de la grande distribution.

Enquête Emploi du temps
Pour satisfaire notre appétit de statistiques, on peut tout de même se retourner vers les enquêtes "Emploi du temps" (EDT) et "Mode de vie" de l'INSEE. Ces enquêtes réalisées environ tous les 10 ans (pour l'enquête EDT) consistent à donner à des milliers d'individus (plus de 15000 pour la dernière en date) un carnet dans lequel ils doivent noter leurs activités et les durées de celles-ci pour une journée donnée, par tranche de 10 minutes.

Dans la dernière enquête (1998-99) on pouvait constater que si les hommes consacraient en moyenne deux heures et demie par jour aux taches domestiques, les femmes y passaient allègrement deux heures de plus. Elles assuraient plus de 80% des tâches domestiques vécues comme des corvées. Sur la période que permet de couvrir les enquêtes EDT (1967-1999), on constate un léger rééquilibrage, à savoir une augmentation de la part des hommes dans les tâches domestiques. Mais que l'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas tant d'un investissement supplémentaire de la gent masculine, mais bien d'une baisse globale du temps consacré aux tâches domestiques qui profite d'abord aux femmes, baisse due aux progrès de la technique et à la démocratisation des équipements ménagers.

Par ailleurs, s'il est vrai que la durée que les hommes consacrent aux tâches domestiques a progressé depuis la fin des années 60, il semblerait que ce processus ce soit arrêté dans les années 80 pour se stabiliser. Faute de données plus récentes, on ne peut conclure ni à une amélioration de la situation, ni à une détérioration. Une chose est sûre, les évolutions sont particulièrement lentes dans le domaine de la répartition des tâches domestiques au sein des couples.

Les mentalités évoluent lentement.
Les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes a cesser (ou diminuer) leur activité professionnelle après l'arrivée du premier enfant. Il y aurait comme une raison supérieure et naturelle à cela (si je choppe celui qui a inventé l'instinct maternel !!!). Cela explique, pour partie seulement, cette répartition au désavantage des femmes. On pourrait discuter encore longuement sur la part que prend la charge intellectuelle de ces tâches : qui est ce qui pense à laver la maison ? à faire la liste de course ? On pourrait également parler d'éducation sexuée : pourquoi, en tant qu'homme, suis-je si incompétent pour faire une liste de courses ?

La preuve que les mentalités évoluent lentement, on la trouve également dans les superbes interventions des invitées de l'émission que je citais en début de billet. Pour Serge Oru, directeur du WWF, "les femmes vont sauver la planète". "L'écologie c'est la science de la maison*, [les femmes] ont le don du temps, le don de la vie, elles sont la matrice de l'avenir écologique". Et ce n'est pas tout, les inepties continuent, dans une interview donnée au magazine que l'on peut lire ici : "L'activisme [des femmes] est bien réel même s'il reste quelques poches de résistances. En majorité elles ne sont pas prêtes à abandonner leur lave-linge". Je vous laisse juge.

Le pire, c'est qu'une femme, Muriel Picard la rédactrice en chef de Femme Actuelle, ne soit pas capable de prendre plus de recul que son acolyte. A tout bout de champs elle se félicitait que la femme soit l'avenir du développement durable (de la consommation verte plutôt) : "c'est elle qui à la charge du quotidien, qui est en prise directe avec la réalité". Si même les femmes se félicitent de faire les corvées à la place des hommes...


* C'est exact. L'étymologie du mot écologie renvoie à Oikos, la maison, et Logos, la science.

Sources :
- France Inter, Service public, Les consommatrices passent au vert, émission du 31 mars 2008
- Numero spécial de Femme Actuel en partenariat avec le WWF
- Dumontier F., Guillemot D. et Méda D., "L'évolution des temps sociaux au travers des enquêtes Emploi du temps", in Economie et Statistique, n°352-353, INSEE, sep 2002.
- Ponthieux S., Schreiber A., "Dans les couples de salariés, la répartition du travail domestique reste inégale", in Données sociales, la société française, INSEE, 2006.

Crédit photo : A woman's work is NEVER done! par Solcookie, sur Flickr.

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dimanche 23 décembre 2007

De la parité en Norvège

La Norvège n'est pas qu'un pays où l'on peut voir de belles aurores boréales, c'est également un pays où l'égalité Hommes-Femmes veut vraiment dire quelque chose. Il y a quelques mois, à l'occasion des élections législatives, j'étais revenu sur la place des femmes dans les parlements à travers l'Europe et le monde. Déjà la Norvège était très haut dans le classement. S'il reste encore une segmentation du marché du travail très marquée, le monde du travail bénéficie de lois très strictes pour assurer l'égalité hommes-femmes.

Contrairement à nous autres Français, les Norvégiens vont plus loin dans l'application de la parité. Ils dépassent la sphère du politique pour l'imposer dans la sphère économique. En effet, janvier 2008 vera une nouvelle loi entrer en vigueur entre la mer du Nord et celle de Barents, loi qui imposera à tous les conseils d'administration des entreprises côtées en bourse de comporter au minimum 40% de femmes. Il faut savoir que la Norvège détenait déjà le record du monde en matière de féminisation des CA avec une moyenne de 35% de femmes.

Ce sujet me permet de faire un peu de publicité pour un blog qui parle des sociétés nordiques et qui vaut le détour : Sociétés nordiques, par Alain Lefevre. On y apprend notamment que c'est une française qui a été récemment nommée Ministre de l'Egalité, Manuela Ramin-Osmundsen.


Crédit photo :northern lights near Berlevag, Norway 6-11-05
Originally uploaded by localsurfer

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jeudi 6 décembre 2007

Le sexe des étudiants

On a parlé récemment des étudiants des universités qui se sont mobilisés (ou pas) contre la récente loi relative à l'autonomie des universités. On en a parlé même beaucoup, parfois en bien, souvent en mal, mais qui sont-ils vraiment, ces étudiants de 2007 ? On m'a demandé tout récemment dans une discussion pourquoi "y a que des filles en lettres et que des garçons en sciences économiques ?". La réalité statistique est plus nuancée que cela, même s'il est vrai que certaine filière sont toujours fortement féminisées alors que d'autres le sont beaucoup moins. Alors voila quelques petites précisions sur la composition des filières.

Alors que des filles en lettres ? Presque... Selon les chiffres de la Direction des Etudes et de la Prospective (et de la Performance, mais ce dernier P est récent) elles seraient entre 70% et 75% selon les filières (Lettres, Langues, Sciences humaines et sciences sociales). Mais cela nous donne tout de même près d'une étudiante sur quatre qui est en réalité un étudiant, ce qui n'est pas négligeable.

Que des mecs en éco-droit ? Que nenni. Plus de 51% de filles en Economie, plus de 59% en AES (Administration Economique et Sociale), et près de 65% en Droit et sciences politiques. Par contre il est vrai que les filles sont minoritaires du côté des sciences dites "dures". C'est vrai en Maths-Physique-Chimie (31%) mais pas en sciences naturelles (biologie géologie). Autre filière où les filles sont encore minoritaires, STAPS (Sc. et techniques des activités physiques et sportives) avec un taux de féminisation de la filière à 41%.

Mais le plus intéressant est peut-être de différencier les niveaux de ces différents cursus universitaires. Entre le niveau Licence (Bac+3), Master (Bac+5) et Doctorat (Bac+8) il y a de fortes disparités. Les femmes s'évaporent au fur et à mesure qu'elles avancent dans leurs études. Plusieurs causes à cela. Si le nombre de femmes dans les études supérieures ne cessent de croitre, il est normal qu'il y en ait relativement plus dans les premières années, en espérant qu'au fil des années elles viennent grossir les rangs des niveaux supérieurs. Mais je ne crois pas trop à cet effet. Je penche plutôt pour un effet d'autosélection des femmes, renforcé par une anticipation de la "carrière familiale" encore très présente dans les mentalités. Les filières étant toutes sélectives à partir du Master 2 (et une bonne partie avant), on peut imaginer une discrimination : à niveau de diplôme égal, à âge égal, un candidat masculin serait préféré à une candidate.

Probablement existe-t-il des enquêtes qui pourraient permettre d'approfondir cette question de l'évaporation féminine dans les études supérieures, notamment du côté de l'OVE (et si vous avez des références, n'hésitez pas à les poster dans les commentaires). Le droit est une discipline particulièrement éloquente sur cette question : quand les étudiants en Master sont pour les 2/3 des étudiantes, il n'en reste "plus que" 48% en doctorat.

Il n'en reste pas moins que les filles restent majoritaires dans le système universitaire français (56%) alors que, contrairement aux idées reçues, il n'y a pas plus de filles que de garçons dans la classe d'âge concernée. Il nait en France, 51 garçons pour 49 filles. Mais si elles sont depuis près de quarante ans plus nombreuses à avoir le bac que les garçons, elles sont 57,4% en cursus Licence, 56,4% en cursus Master, plus que 46,9% en Doctorat, 40% parmi les Maîtres de Conférence, 17,9% parmi les Professeurs d'Université, et moins de 10% parmi les Présidents d'Université... Cela fait réfléchir.

Source :
Repères et références statistiques 2007, "Les étudiants", pp 182-183, DEPP.
"Carrières scientifiques et universitaires : à quand l'égalité Hommes/Femmes", Actes du coloque, 15 octobre 2003, Paris.

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mercredi 29 août 2007

Ca sent la rentrée !

... et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, la preuve irréfutable est le retour de quelques bons papiers dans les quotidiens nationaux ces dernières heures. Alors comme la rentrée est également synonyme d'effervescence pour les profs, je n'ai pas vraiment le temps ces jours-ci de faire une vraie note. Rassurez-vous, j'ai bien un petit quelque chose sur les retraités en préparation. Mais pour vous faire patienter, voilà une toute petite revue de presse, si vous ne deviez lire que cela :

La TVA sociale, une fausse réponse, par Thomas Piketty, Libé du 27 août
Un célèbre docteur qui officie sur FOX et TF1 (beuarkk !) disait très justement il y a peu : "quand on a plus besoin de choisir, on a plus besoin de réfléchir". Comme c'est exactement la stratégie gouvernementale sur pas mal de sujet ("mais non madame, ce sujet n'est ni de droite, ni de gauche ; pas besoin de tergiverser, on n'a pas le choix, il faut faire cette réforme"), je pense que des articles comme ceux de T. Piketty ne peuvent qu'être salvateurs. Si vous n'êtes pas sur la même longueur d'onde politique que l'auteur du papier, ce dernier a au moins le mérite de mettre en avant le fait que la TVA sociale est loin d'être la seule réponse au problème que pose "la réforme de la structure de financement de la protection sociale, à recettes constantes". Il apporte donc des élément au débat public, notamment en faisant un peu de publicité à la Cotisation Patronale Généralisée (CPG). La politique c'est ça, réfléchir et faire des choix, et de préférence, faire les bons. Si on a plus de décision à prendre, alors la politique ne se résume plus qu'à de la communication.

La crise de 1929 n'aura pas lieu, par Daniel Cohen, Le Monde daté du 28 août
Alors que ce matin Jean-Pierre Gaillard s'excitait sur France Info, presque les larmes aux yeux, en nous expliquant que les bourses avaient tout reperdu ce qu'elles avaient consolidé ces derniers jours, Daniel Cohen pose les termes du dilemne auquel les banques centrales doivent faire face. "On aimerait meilleur choix : 1929 aujourd'hui ou demain..." Prochaine réunion de la BCE, 6 septembre, la Fed 10 jours plus tard. Tous les regards se tourneront vers J.-C. Trichet, son discours de gouverneur de la Banque Centrale Européenne sera alors décortiqué. Il nous a habitué à tenir raide la corde qui permet de limiter l'inflation au maximum. La situation des grandes places boursières va-t-elle le faire infléchir ? Va-t-il inclure dans sa politique la prévention des bulles financières et immobilières ? Réponse au prochain épisode.

Lutte des classes et des sexes, par Roland Pfefferkorn, Libé du 28 août
Ca va faire plaisir aux candidats du CAPES 2006, dont le sujet à l'écrit était le suivant : Peut-on parler de l’existence de classes moyennes dans la société française d’aujourd’hui ? Quelques bouquins de Louis Chauvel plus tard, la question paraît plus d'actualité que jamais. Sans se focaliser sur les classes moyennes, R. Pfefferkorn brosse rapidement le tableau de l'analyse de la société en terme de classe telle qu'elle a pu évoluer ces dernières décennies. Il met en avant non seulement la place des rapports de classe dans les objets de recherche en sociologie, mais souligne fortement la place croissante des rapports de genre, et évoque ceux de génération, et de "racisation" (le terme est de l'auteur). "Il faudrait apprendre à penser la structure sociale comme un entrecroisement dynamique de l’ensemble des rapports sociaux, chacun imprimant sa marque sur les autres". Le retour du concept de classe dans les sciences sociales seraient donc la preuve qu'il existe des "cycles concpetuels" semblant correspondre à d’autres cycles ­renvoyant aux rapports de force tels qu’ils s’expriment dans la société, ­notamment ceux que d’aucuns appelaient autrefois les «cycles de la lutte des classes».

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mardi 21 août 2007

Pour vivre vieux, vivons à deux


Retour de vacances, il y a des restes de romantisme dans l'air, et l'Insee nous aide à y voir plus clair : pourquoi recherchons nous l'âme soeur ? Peut-être pour vivre plus longtemps. Non l'amour ne rend pas immortel, mais le couple protège de la maladie et de la mort. Et moi qui aie toujours cru que les vieilles filles devaient leur longévité précisément au fait qu'elles sont restées des "filles"... ai-je eu tort ? L'INSEE nous répond avec une petite enquête plutôt intéressante, voyez plutôt.


Rachid Bouhia, de la division enquête et études démographiques de l'INSEE, nous livre ce mois ci les résultats d'une enquête fort intéressante. Si on ne le savait déjà, elle nous apprend que les femmes de 40 à 90 ans sont moins en couple que les hommes du même âge. Pourquoi ? Parce que les femmes vivent plus longtemps que les hommes, parce que les veuves ont moins tendance à reformer des couples que les veufs, et cette tendance se retrouve à l'identique chez les divorcés/séparés et les divorcées/séparées. On a tous l'exemple du beau-frère ou du tonton qui se remarie avec une jeunette, de la tante ou la cousine qui reste célibataire après le décès de son mari.

Autre élément intéressant, on retrouve dans cette étude le fait que le mariage ou le couple est un outil d'ascencion sociale pour bien des femmes. Ainsi, le fait de n'avoir jamais été en couple est beaucoup plus présent dans les catégories sociales basses pour les hommes (les femmes des catégories sociales basses cherchant un partenaire plus élevé socialement qu'elles), et dans les catégories sociales hautes pour les femmes (là encore, le fait de ne pas trouver de conjoint socialement plus élevés peut conduire à une situation de célibat). Une lecture plus féministe de cette donnée consisterait à penser que les hommes ne veulent pas de femmes ayant un statut social plus élevé que le leur, car ils ne pourraient ainsi laisser exprimer leur domination, trait particulier se rattachant au genre masculin. De même l'ouvrier agricole ne trouve personne à dominer... Cela nous ramène à ce slogan si bien trouvé : la femme est le prolétaire de l'homme.

L'étude nous apprend donc qu'à âge donné, le célibat est moins protecteur que la vie de couple. Les personnes seules sont plus nombreuses à décéder, et cette surmortalité est plus prononcée chez les hommes que chez les femmes. Mais le syndrome de la "vieille fille" que j'évoquais en introduction est bien réel : les individus n'ayant jamais connu que le célibat ont une plus faible mortalité aux trés grands âges. Il y aurait un "effet de choc" du au passage de la vie de couple au célibat. Ainsi, lorsqu'un conjoint décède, le conjoint survivant est plus exposé aux risques de décès. Exposition que ne connaitra pas la personne restée seule toute sa vie.

Par contre, le célibat endurci est à la source d'une surmortalité entre 40 et 60 ans, et c'est plus marqué chez les hommes. "Pour les quadragénaires en célibat continu, le risque de décéder dans l’année est presque double de celui d’une personne de mêmes caractéristiques mais vivant en couple." Gare au passage de la quarantaine si vous êtes seuls ! Mais comme pour les femmes, le rapport s'inverse lorsque l'on se dirige vers les grands âges. Et les hommes qui ont vécu seuls ont une espérance de vie plus importante que les autres entre 70 et 80 ans.

Au niveau sociologique, l'enquête nous montre que "la surmortalité au sein de la catégorie des individus en célibat continu est amplifiée par la présence de personnes qui cumulent les difficultés. Un état de santé dégradé, l’exclusion du marché du travail ou des conditions de vie précaires interagissent et s’imbriquent avec la difficulté de se mettre en union."

Enfin, on apprend que les hommes sont plus fragiles que les femmes après une séparation ou le décès de leur conjoint. Et l'auteur de l'étude de rappeler très justement que "la répartition des tâches dans le ménage rend les hommes moins autonomes pour vivre seul, notamment aux âges avancés, et accentue pour eux le choc d’une séparation ou du décès de la conjointe." La séparation va de pair avec des risques de mortalité accrus dans les milieux sociaux défavorisés. On peut ici penser à la carrière de l'exclus tel que V. de Gauléjac a pu le mettre en avant dans son ouvrage La lutte des places. D'une position fragile, l'individu peut évoluer vers une situation de rupture : si trop de lien sont rompus, alors les autres rompent aussi. C'est l'enchaînement des chocs : chômage, éloignement de la sphère productive, perte de revenus, rupture conjugale, perte du logement, addictions et comportements à risques, etc. La rupture conjugale apparaît donc comme une étape dans un processus d'exclusion (je préfère le terme désinsertion, mais bon..) qui fragilise l'individu et l'expose à un risque de surmorbidité et surmortalité.

Heureusement, les enfants sont là pour protéger le couple. Cela pourrait être une réponse à Corinne Maïer, auteur du livre No Kid : 40 bonnes raisons de ne pas faire d'enfants. En voilà une bonne pour en faire deux ! Pour les hommes comme pour les femmes, le fait d'avoir deux enfants protège des conduites à risques et apporte une meilleure intégration sociale, deux éléments qui font chuter la surmortalité.

Voilà une petite note de vacances, qui apporte son lot de réponses à nos préjugés sur les hommes, les femmes, la vie, le couple... Seul sur le sable, les yeux dans l'eau, mon rêve était trop beau... Pauvre Roch, il a aujourd'hui 44 ans, j'espère qu'il a retrouvé Hélène. Moi en tout cas, j'ai bien fait de me marier !

Source :
INSEE Première, Les personnes en couple vivent plus longtemps, n°1155, août 2007.

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lundi 18 juin 2007

Record de femmes !

Il y a 10 jours je revenais dans Parité en politique : la France à la ramasse sur le faible taux de représentation du sexe féminin à l'Assemblée Nationale. Au lendemain du second tour des législatives, elles sont désormais 107 à siéger au Palais Bourbon. De 13.2% on passe à 18.5% de femmes qui siègeront dans l'hémicycle pour cette XIIIe législature, ce qui n'améliore pas vraiment la situation française. Parmi elles, notons l'arrivée de Michèle Delaunay, tombeuse d'Alain Juppé à Bordeaux, et le retour de ma voisine, Roselyne Bachelot pour un quatrième mandat (88-93, 93-97, 97-2002, 2007-2012). Michèle Delaunay

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mercredi 6 juin 2007

Parité en politique : la France à la ramasse

L'Observatoire des Inégalités a publié hier sur son site une petite note très intéressante : La représentation des femmes dans les parlements mondiaux... histoire de prendre la mesure de notre retard en la matière.

Il en ressort qu'en Europe le Top 5 est celui que l'on retrouve souvent : Suède, Norvège, Finlande, Danemark, Pays-Bas. Les pays du Nord, toujours en avance sur la musique, ne parviennent pourtant pas à atteindre la parité synonyme de représentation plus fidèle du peuple ; la Suède dépasse tout juste les 47%.

577 députés dont 506 hommes pour la XIIe législature
Et la France dans tout ça ? Détachée du peloton, elle se retrouve à 12,3% avec 71 femmes pour 577 députés, au même rang que la Slovénie. Seuls la Roumanie, la Hongrie et Malte font pire... honte sur nous. Un malheur ne venant jamais seul, le classement est établi en ne prenant compte que des assemblées dont les membres sont élus au suffrage universel direct (ce que l'on comprend très bien pour la cohérence et la pertinence d'une telle étude comparative). Cela signifie que les chiffres du Sénat français ne sont pas pris en compte, chiffres qui sont meilleurs que l'Assemblée Nationale (59 Sénatrices sur un total de 331 sénateurs soit 17.8 %). Au passage on égratigne l'idée reçue selon laquelle le Sénat serait un repère de vieux croulants machos.

A l'échelle de la planète, c'est pas beaucoup mieux puisque la France, pays dont le mot "Egalité" figure au fronton des mairies et des écoles, se contente du 104e rang mondial (sur les 189 pays classés) !!! Ainsi il y a proportionnellement plus de femmes dans les parlements du Bengladesh, du Soudan ou de la Chine qu'en France. Evidement, nous faisons mieux que l'Arabie Saoudite et son 0%... Mais il n'y a vraiment pas de quoi s'en réjouir, que l'on soit Français ou Saoudien.

Les prochaines legislatives vont elles permettre de rééquilibrer un tant soit peu les choses ? On peut en douter. Il n'y a déjà pas 50% de candidates. Parmis ses candidats, le PS compte pratiquement 48% de candidates, ce qui devrait lui faire éviter les pénalités conséquentes à la loi sur la parité (une fourchette de 2% sous la barre des 50 est en effet tolérée). L'UMP quant à elle devrait parvenir à effleurer la barre des 30%. L'UDF-MoDem, mauvais élève en 2002 avec moins de 20%, atteindrait 38%. Il est à noter que cette progression est surtout due à un travail idéologique de longue haleine au sein des partis, mais également à l'application de la parité dans les parlements locaux qui ont vu leur proportion de femmes progresser fortement. Ainsi les régions et les communes de plus de 3500 habitants comptabilisent plus de 45% de conseillères. C'est donc une génération de femmes politiques qui disposent d'une expérience, d'une compétence et d'une notoriété sur leurs territoires plus importantes qu'auparavant. Et ce point n'est pas le moins significatif, alors que les femmes sont toujours injustement discréditées quant à leurs capacités à gérer les affaires publiques. J'en veux pour preuve les débats parfois hallucinants lors de l'adoption de la loi sur la parité, ou plus récemment le doute permanent qui pesait quant aux compétences de Ségolène Royal.

A lire également, en attendant une mise-à-jour, dans les publications de l'INED
Population & Sociétés, La parité hommes/femmes en politique : bilan et perspective, n°377, mars 2002.

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