mercredi 6 juin 2007

Parité en politique : la France à la ramasse

L'Observatoire des Inégalités a publié hier sur son site une petite note très intéressante : La représentation des femmes dans les parlements mondiaux... histoire de prendre la mesure de notre retard en la matière.

Il en ressort qu'en Europe le Top 5 est celui que l'on retrouve souvent : Suède, Norvège, Finlande, Danemark, Pays-Bas. Les pays du Nord, toujours en avance sur la musique, ne parviennent pourtant pas à atteindre la parité synonyme de représentation plus fidèle du peuple ; la Suède dépasse tout juste les 47%.

577 députés dont 506 hommes pour la XIIe législature
Et la France dans tout ça ? Détachée du peloton, elle se retrouve à 12,3% avec 71 femmes pour 577 députés, au même rang que la Slovénie. Seuls la Roumanie, la Hongrie et Malte font pire... honte sur nous. Un malheur ne venant jamais seul, le classement est établi en ne prenant compte que des assemblées dont les membres sont élus au suffrage universel direct (ce que l'on comprend très bien pour la cohérence et la pertinence d'une telle étude comparative). Cela signifie que les chiffres du Sénat français ne sont pas pris en compte, chiffres qui sont meilleurs que l'Assemblée Nationale (59 Sénatrices sur un total de 331 sénateurs soit 17.8 %). Au passage on égratigne l'idée reçue selon laquelle le Sénat serait un repère de vieux croulants machos.

A l'échelle de la planète, c'est pas beaucoup mieux puisque la France, pays dont le mot "Egalité" figure au fronton des mairies et des écoles, se contente du 104e rang mondial (sur les 189 pays classés) !!! Ainsi il y a proportionnellement plus de femmes dans les parlements du Bengladesh, du Soudan ou de la Chine qu'en France. Evidement, nous faisons mieux que l'Arabie Saoudite et son 0%... Mais il n'y a vraiment pas de quoi s'en réjouir, que l'on soit Français ou Saoudien.

Les prochaines legislatives vont elles permettre de rééquilibrer un tant soit peu les choses ? On peut en douter. Il n'y a déjà pas 50% de candidates. Parmis ses candidats, le PS compte pratiquement 48% de candidates, ce qui devrait lui faire éviter les pénalités conséquentes à la loi sur la parité (une fourchette de 2% sous la barre des 50 est en effet tolérée). L'UMP quant à elle devrait parvenir à effleurer la barre des 30%. L'UDF-MoDem, mauvais élève en 2002 avec moins de 20%, atteindrait 38%. Il est à noter que cette progression est surtout due à un travail idéologique de longue haleine au sein des partis, mais également à l'application de la parité dans les parlements locaux qui ont vu leur proportion de femmes progresser fortement. Ainsi les régions et les communes de plus de 3500 habitants comptabilisent plus de 45% de conseillères. C'est donc une génération de femmes politiques qui disposent d'une expérience, d'une compétence et d'une notoriété sur leurs territoires plus importantes qu'auparavant. Et ce point n'est pas le moins significatif, alors que les femmes sont toujours injustement discréditées quant à leurs capacités à gérer les affaires publiques. J'en veux pour preuve les débats parfois hallucinants lors de l'adoption de la loi sur la parité, ou plus récemment le doute permanent qui pesait quant aux compétences de Ségolène Royal.

A lire également, en attendant une mise-à-jour, dans les publications de l'INED
Population & Sociétés, La parité hommes/femmes en politique : bilan et perspective, n°377, mars 2002.

6 commentaires:

Mathias a dit…

C'est très important de parler de la parité hommes-femmes comme c'est très important de parler des "candidats de la diversité" comme le titrait Libé lundi.
Mais n'oublions pas non-plus de prendre en compte les orgines sociales de nos députés. En 1997, 3% des députés étaient ouvriers. Combien seront-ils en 2007 ?

Pierre Maura a dit…

Tout à fait d'accord !
Le même Observatoire des inégalités a mis en ligne des notes sur l'origine sociale de nos élus, thème passionant.

Origine sociale des maires : http://www.inegalites.fr/spip.php?article561&id_mot=92
Origine sociale des députés :
http://www.inegalites.fr/spip.php?article166&id_mot=92

On retrouve également sur le thème de la représentation de la "diversité" un article de 2005 :
http://www.inegalites.fr/spip.php?article303&id_mot=92

Ce site est une mine !!!

Jocelyne a dit…

Merci pour ce blog. Il est important pour nous permettre comprendre les mécanismes et les enjeux.
Bravo

spamy a dit…

Bonsoir,
Il est interessant de constater que dans aucun des pays cités, les femmes obtiennent plus de 50 %.

Pourquoi ?. La réponse est peut être quelque part dans nos 12 %

Cette forme de discrimination positive que n'est autre que la parité, fausse un peu les clivages homme-femmes. Je me doute que bien des femmes aiment faire de la politique. Je doute fort, en revanche, qu'elles représentent une grande proportions de ne serait-ce que de la moitié d'entre elles.

Comptez les déjà sur les blogs politiques. Elles ne représentent peut-être même pas 12.2 % !!! Et elles sont pourtant libre de venir bon dieu. En France, l'approche de la politique n'atire pas vraiment les femmes. Je serais curieux de savoir combien de jeunes suédoises polibloguent sur ".se"

Pierre Maura a dit…

Je me doute que bien des femmes aiment faire de la politique. Je doute fort, en revanche, qu'elles représentent une grande proportion

Je suis curieux de savoir ce qui vous fait penser cela. Selon vous, les femmes dans leur majorité ne s'interesseraient pas à la chose publique, à la politique ? Il est vrai qu'en Suède et dans beaucoup de pays du monde le nombre de femmes dépasse (à peine) celui des hommes (50.3% de femmes en Suède). Mais est-ce parce que la barre ne parvient pas à être franchie que l'on peut conclure que les femmes n'aiment pas cela, que c'est un choix ?

Je pense que si les femmes ne parviennent pas à être représentées à leur juste niveau, c'est à cause de la domination masculine, et l'interiorisation de cette domination masculine par les femmes elles-mêmes.

Anonyme a dit…

http://tunisie-harakati.mylivepage.com

En France, la parité n'est pas respecté et on se permet de soutenir des menteuses et de critiquer la religion musulmane. Il faudrait que certaines personnes balayent devant chez eux avant de balayer devant chez les autres.