mercredi 4 février 2009

Mais pourquoi les journalistes de France Info n'ont-ils pas lu "Sexe, drogue et économie" ??

...et plus particulièrement la page 51, "La dette publique est un faux problème" !!!

Tout affolés qu'ils sont par le rapport annuel de la Cour des Comptes, présenté aujourd'hui par Philippe Séguin, les journalistes de France Info tombent dans le piège débile qui consiste à rapporter l'encours de la dette publique aux nombre de français.

D'habitude on entend "la dette est colossale, plus de 20000€ par français, vous vous rendez compte ??". Là ils ont poussé le vice encore plus loin, le titre du journal de 17h c'était "50000€ par français qui travaillent !!". Encore pire dis donc, ça c'est de la dette !!

Petite plaisanterie de mauvais goût : on ne sait pas s'ils ont rapporté le montant de la dette à tous les actifs (27 millions de Français) ou aux seuls actifs occupés. Parce que je peux déjà leur dire que ça va pas s'arranger s'ils ne prennent que les actifs occupés, vu l'augmentation actuelle du chômage

Bref, s'ils peuvent pas se payer le bouquin de Delaigue et Ménia, je leur conseille quand même d'aller faire un tour sur le blog d'Econoclaste ici et !

Ca me fait penser que l'Elysée aurait pu choisir des journalistes spécialisés en économie pour interviewer Notre Président demain, en temps de crise cela aurait pu être pertinent. Ah oui... on a beau être au XXIe sicèle, c'est encore Notre Président qui choisit les questionneurs.

11 commentaires:

Denis Colombi a dit…

Attends, attends : si Jeunesse & Entreprises, Lanxade ou Pebereau passent par là, ils vont vouloir reporter la dette seulement aux français "productifs", c'est-à-dire le secteur privé... Et là, la dette va vraiment explosé !

Anonyme a dit…

Il faut croire que le statut de fonctionnaire de certains économistes biaise leur réflexion.

La dette est le pire des poisons.
Un Etat ne peut voter son chiffre d'affaire que dans une certaine limite.

Surtout l'Etat peut créer de la monnaie et rembourser par l'inflation mais au-delà de l'immoralité d'une telle spoliation il faut voir ce que cela implique comme cout pour les français:
-abandon de l'euro actuel
-pour que la planche à billet fonctionne, la monnaie galvaudée doit être imposée par la force ce qui implique nécessairement le contrôle des capitaux, le repli sur soi...

La fin d'une certaine liberté, celle de ne pas devoir justifier à une administration l'achat de quelques dollars pour faire d tourisme par exemple...

Pierre Maura a dit…

Cher Courageux Anonyme,

Je n'arrive pas à savoir si votre commentaire se veut ironique ou bien sérieux.

Pensez vous sérieusement qu'un "Etat vote son chiffre d'affaires" ?

Ensuite je ne vois pas bien le sens de votre paragraphe sur la création monétaire...

Enfin je ne comprends pas votre dernier paragraphe.

Mais peut-être était ce une blague ??

Anonyme a dit…

"Pensez vous sérieusement qu'un "Etat vote son chiffre d'affaires" ?"

Les irresponsables qui prétendent que la dette publique n'est pas un problème affirme que l'Etat prélève l'impôt comme il le veut.

Effectivement, l'Etat est un prestataire de services collectifs en monopole qui décide du prix de ses services.

Mais ce prix, s'il n'a pas de limite légale a tout de même des limites physiques. Au-delà d'un certain poids de prélèvement, l'économie ne tourne plus. C'est comme pour une mule que l'on charge trop ou un maître qui tuerait au travail son esclave.

"Ensuite je ne vois pas bien le sens de votre paragraphe sur la création monétaire..."

Le second argument des irresponsables est que de toute façon, on peut rembourser par l'inflation.
1) C'est immoral, c'est du vol.
2) Pour que l'inflation produise ses effets sans que les taux d'intérêt s'envolent il faut imposer aux capitaux de rester. C'est le contrôle des capitaux. On ne peut plus librement acheter des devises ou de l'or mais pas non plus des produits étrangers car il faut les payer en devises tout comme le tourisme à l'étranger...

et l'on se retrouve comme dans les années 1950

Pierre Maura a dit…

Bonjour,

J'aimerais bien que vous nous citiez vos sources. Parce que j'ai beau chercher Les Irresponsables, je ne trouve rien.

PLaisanterie mise à part, je ne sais pas qui peut aujourd'hui, au XXIe siècle en Europe prétendre que l'on peut créer de l'inflation pour annuler la dette publique. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais l'objectif unique de la Banque Centrale Européenne c'est de contenir l'inflation (ce ne sont donc plus les Etats qui ont la main sur la politique monétaire, et l'immense majorité de la création monétaire est effectuée par les banques commerciales : la planche à billet n'existe plus pour les Etats !). Certes, en situation de crise, la BCE a baissé ses taux d'intérêts, mais les risques d'inflation ne sont plus vraiment à l'ordre du jour, il faudrait plutôt veiller à ne pas tomber dans la déflation.
J'ai cité A. Delaigue et S. Ménia, dans mon billet. Je ne sais pas si c'est à eux que vous faites référence aux "Irresponsables qui prétendent que la dette n'est pas un problème", mais sachez que sur leur site vous pouvez lire deux billets susceptibles de vous intéresser :
Quels sont les coûts de l'inflation ?

La courbe de Laffer (``trop d'impot tue l'impot``) existe-t-elle ?

Anonyme a dit…

Irresponsables:

1) Ne pas rembourser:
ici :

"Mais surtout, présenter cette dette comme un montant à payer "par français" néglige le fait que l'essentiel de cette dette est contractée... auprès des français."

Donc on peut ne pas rembourser, c'est pas grave ????

2) Payer en monnaie de singe :

C'est comme cela que l'histoire se termine souvent,
Dès que la BCE baisse ses taux en-dessous du taux qui serait celui d'équilibre sans intervention, il y a création monétaire.

Certains demandent maintenant à la BCE d'acheter des bons du trsor o des dettes souveraines LT : c'est comme cela qu'à tourné la planche à billet à partir de 1915.

Heureusement pour l'instant les Allemands veillent,

3) Que ce soit par 1 ou 2 ou en payant correctement, la dette publique devra bien être remboursée par chacun des français et elle est déjà payée chaque année par l'effet d'éviction et les intérêts.

Bertaga a dit…

... et avec tout les satellites qu'ils envoient dans le ciel, pas étonnant que la météo soit détraquée...

Pierre Maura a dit…

"Donc on peut ne pas rembourser, c'est pas grave ????"

Bien sûr que non. Vous avez déjà vu l'Etat ne pas rembourser sa dette ? Les pouvoirs publics français et leur gestion de la dette (par l'agence france trésor) sont unanimement reconnu pour être une des dettes les mieux gérées au monde !

"C'est comme cela que l'histoire se termine souvent,
Dès que la BCE baisse ses taux en-dessous du taux qui serait celui d'équilibre sans intervention, il y a création monétaire."

Excusez moi mais ça ne veut rien dire : c'est quoi "le taux d'équilibre sans intervention". Est ce que vous ne confondez pas taux d'intérêt, taux de croissance de la masse monétaire et taux de croissance tout court ? Oui dans une perspective monétariste, la masse monétaire doit croître au même rythme que la production, pour maintenir le niveau général des prix (ou tout du moins faire en sorte que son augmentation ne dépasse pas un rythme raisonnable : 2% pour la BCE, même si en ce moment la BCE a d'autres chats à fouetter que de regarder l'inflation. C'est peut etre la première fois de son histoire qu'elle détourne un tant soit peu les yeux de son objectif principal). MAis je ne suis pas sur que ce soit ce que vous ayez voulu dire.
Ensuite ce n'est pas l'abaissement de ses taux par la BCE qui provoque la création monétaire : elle facilite le refinancement des banques commerciales qui peuvent ainsi proposer plus facilement des crédits à leurs clients. Nuance. Ce sont bien les banques commerciales qui assurent la majorité de la création monétaire.

Le coup de la planche à billet en 1915 (pourquoi 1915 ?), je suis pas historien et je n'ai pas le temps d'aller vérifier. Mais la planche à billet ça n'existe plus : nous sommes dans une union monétaire, et comme le montre le triangle d'incompatibilité de Mundell, nous ne pouvons à la fois disposer de taux de change fixe, d'une politique monétaire autonome et de la liberté de circulation des capitaux. C'est pourquoi l'Europe a fais le choix du passage à la monnaie unique, en abandonnant la politique monétaire à la BCE (puisqu'en Europe les taux de change étaient fixes, et que le marché commun puis la CEE et l'UE ont consacré le libre-échange des capitaux, des marchandises, etc.)

"Heureusement pour l'instant les Allemands veillent,"

Sur quoi ? Les Allemands, qu'est ce qu'ils viennent faire ici. J'aimerais comrpendre.

"Que ce soit par 1 ou 2 ou en payant correctement, la dette publique devra bien être remboursée par chacun des français et elle est déjà payée chaque année par l'effet d'éviction et les intérêts."

Encore rien compris à ce que vous écrivez. C'est marrant que vous parliez d'effet d'éviction. Je ne sais pas ce que vous mettez derrière, mais si nous avons la même définition, vous évoquez souvent des théories économiques qui n'ont jamais été prouveés empiriquement (comme Laffer dans votre précédent commentaire).

Bon je veux pas être méchant, mais si vous continuez à poster des commentaires incompréhensibles, je vais finir par croire comme Bertaga que vous n'êtes qu'un troll. Faites un effort la prochaine fois. Et évitez d'être Anonyme, c'est pas très beau comme pseudonyme.

jean a dit…

@Anonyme: en période de déflation, le taux d'intérêt optimal peut être nominalement négatif. Pendant la crise de 1929, le taux de déflation a atteint 10% par an. Même avec un taux nominal de base à 0%, le taux d'intérêt réel était monstrueux.
Il est donc normal que la banque centrale tente d'éviter d'enclencher une spirale déflationniste en baissant les taux.

@PM: 1914 correspond à l'instauration du cours forcé du billet (et donc de la suspension de la convertibilité en or) lors de la 1ere guerre mondiale. La convertibilité est rétablie à une parité inférieure en 1928 par Poincaré, après une déflation volontaire (non sans avoir auparavant occupé la Ruhr pour obtenir les réparations de l'Allemagne pour obtenir de l'or. Outre-Rhin, le gouvernement a refusé de céder, appeler à la grève générale et provoqué une hyper-inflation. Autant le dire franchement, l'occupation de la Ruhr n'a pas contribué à l'amitié entre les peuples).

Anonyme a dit…

"Bien sûr que non. Vous avez déjà vu l'Etat ne pas rembourser sa dette ? "

entre 1915 et 1983, l'Etat a essentiellement remboursé par l'inflation, la rentabilité réelle des emprunts dEtat a été négative. Pour drainer quand même l'épargne, les frontières devaient être fermées.

la planche à billet est une image depuis celle des assignats: elle tourne lorsque l'institut d'emission achète des titres émis par l'Etat. La FED envisage de le faire, certains pressent la BCE de faire de même. C'était une Banque de France "indépendante" et cotée en bourse (jusqu'en 1945) que le gouvernement a utilisé comme planche à billet.

dans une crise de crédit, les banques devraient augmenter la rémunération des capitaux pour qu'ils soient attirés à hauteur du risque. Les BC avec leurs taux 0 biaisent totalement le mécanisme des prix qui aurait permis un retour plus rapide à l'équilibre (et éviter les dernières dérives). On ne résout pas une crise d'excès de crédit par encore plus de crédit, elle se résout par plus d'épargne.
(Le + fort de taux de déflation est -8.8 en1932)

Que de la dette publique évince des investissements privés ou que l'impôt réduit l'activité est du simple bon sens (sous l'Ancien régime, on disait "les hauts taux tuent les totaux". Mais s'il faut attendre des vérifications empiriques...faisons de même avant d'appliquer l'alchimie keynésienne.

Il faut avoir l'esprit particulièrement tordu pour penser que l'Etat peut dépenser sans que cela ne coute.

betise a dit…

Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». La définition, ainsi écrite dans le rapport Notre avenir à tous (Commission Brundtland), valait en 1987 pour l’environnement. Elle s’applique aujourd’hui en matière d’investissement, de recherche et d‘innovation, alors que le gouvernement lance un nouveau Grenelle, consacré cette fois-ci à l‘innovation. Elle s’applique aussi à la question de la dette publique. Comment sera financé in fine le sauvetage des banques ? Première édition et bientôt Deuxième édition. De quel principe de précaution s’entoure-t-on ? En matière environnementale, le principe de précaution a été inscrit dans la Constitution en 2005, en y adossant la Charte de l‘environnement. Pour ou contre l’inscription du principe de précaution dans la Constitution ? Le débat anima de nouveau la communauté scientifique, les juristes et les politiques en 2007 lorsque la Commission Attali proposa de revenir sur ce point. Ne peut-on admettre que la tentation de réduire (voire le fantasme d’abolir) le risque, au nom de ce principe de précaution, pèse sur la dynamique de l’innovation et de la recherche? Ne faut-il pas relire l’histoire et mieux considérer une vision du progrès qui a fait ses preuves, où l’inconnu et le risque étaient partie intégrante de la recherche? Ne faut-il pas tout simplement faire confiance aux chercheurs et admettre que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme »?
Pour les défenseurs de l‘environnement, le principe de précaution est l’un des piliers du développement durable. Dont acte. Revenons donc aux générations futures et à la dette publique, en opposant à la finance ce qui l’a été la science en matière de risque. De quel principe de précaution ne s’est-on pas entouré, même finalement, en tirant les leçons de l’affaire Enron ? En 2009, le total des emprunts des Etats va franchir la barre des 3000 milliards de dollars. 3000 milliards de dollars! De quel principe de précaution s’entourent