jeudi 27 novembre 2008

La ComptaNat, c'est de la balle !

La comptabilité nationale qu'est ce que c'est ? Vous avez toujours voulu tout savoir sur la construction des principaux indicateurs macroéconomiques ? Comment qu'on fait le PIB ? C'est quoi la principale fonction des ISBLSM ? Pourquoi un touriste allemand qui se fait couper les cheveux en France provoque-t-il de fait une exportation ? Toutes les réponses sont là : http://www.comptanat.fr

Francis Malherbe, expert chez Eurostat (l'équivalent européen de notre INSEE, c'est le service statistique de la commission européenne), a ouvert un site gratuit, sans pub, à l'ergonomie très carrée (mais pour un comptable national, quoi de plus normal ?) et visiblement hyper complet.

Bonne visite.

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mercredi 19 novembre 2008

Et j'entends siffler la Marseillaise (Hugo Frais)


Non ce n'est pas une reprise d'Hugues Aufray. La Marseillaise sera-t-elle encore sifflée au Stade de France ce soir avant le match amical France-Uruguay ? C'est la question du jour semble-t-il, et c'est en passe de devenir un nouveau marronnier médiatique, à chaque fois que les Bleus jouent à Saint-Denis on n'y échappe pas. Est-ce que la sociologie peut permettre de comprendre quelque chose à ces sifflets ? Bonne question.

En préambule, je tiens à préciser que comprendre et expliquer ne signifie pas tolérer, justifier ou cautionner. La sociologie tente d'expliquer le monde social, un point c'est tout. Des fois ça plait et souvent non, et c'est tant mieux.

"Arbitre, salaud, on crèvera ton vélo".
Au lendemain de France-Tunisie, le pouvoir exécutif s'est offusqué d'entendre la Marseillaise huée. Sans trop savoir qui huait et pourquoi, des décisions ont été prises, décisions qui risquent bien d'amplifier le phénomène plutôt que de calmer la situation. Si tant est que celle-ci a besoin d'être calmée. Après tout siffler dans un stade est un comportement tout à fait normal pour un supporter. Ici normal s'entend au sens de la norme sociale, c'est à dire du comportement majoritaire dans un groupe. Au sein du groupe des supporters, siffler les joueurs, huer, crier sur l'entraîneur, applaudir une belle action, et même insulter l'arbitre, à défaut d'être fair-play, c'est normal. Comme le rappelait le sociologue William Nuytens, spécialisé dans les comportements des supporters, dans un interview accordée au journal Le Monde, "il y a forcément une dimension récréative, de sociabilité festive. Je suis convaincu que certaines gens sifflent parce que c'est l'occasion de s'amuser, qu'il y a un jeu. Les supporters sont beaucoup dans la provocation, le jeu, "l'intox". Mais ensuite, on fait immédiatement un amalgame et l'on donne tout de suite une dimension politique à ces sifflets sans même savoir si c'est effectivement le cas".

Est-ce la Marseillaise symbole de l'équipe de France qui est sifflée, ou bien la Marseillaise symbole de la France, de la nation ?? Est-ce qu'on siffle pour des raisons sportives ("Bidule est une quiche, il devrait pas jouer", "Machin est le plus mauvais entraineur que l'équipe de France ait connue", etc) ou bien pour des raisons culturelles et politiques ? Voire même, est-ce qu'on se siffle pas plutôt la chanteuse ? Ce soir, le dispositif est clair : si la Marseillaise est huée, le volume de la sono sera augmenté pour couvrir les sifflets. Encore une bonne raison pour Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, de se prendre le bec avec son Secrétaire d'Etat au sport, Bernard Laporte. J'espère que les supporters de Saint-Denis ont de bons ORL.

Le rejet d'un symbole, le symptôme de l'acculturation ?
Toujours dans le journal Le Monde, le journaliste Mustapha Kessous est allé dans une classe de Seine-Saint-Denis assister à un cours d'éducation civique en collège, au lendemain du fameux France-Tunisie. Il a pu recueillir plusieurs témoignages intéressants, qui mériteraient d'être plus souvent exposés dans nos médias.

Anissa, aussi, a hué. Elle ne regrette rien. "Mais ça ne veut pas dire que je suis raciste des Français", clame-t-elle. "Je ne suis pas française, souffle Anissa. Si, de nationalité". Elle hésite, silence dans la classe. "J'en sais rien. Je ne sais pas ce que je suis. Je veux me considérer comme une Française, mais dès qu'on me traite de sale Arabe, ça me perturbe, ça me travaille." Sahra lui vient en aide. "On se sent plus français quand on est au bled, argue la jeune fille, parce que, là-bas, on nous prend pour des immigrés. Mais, ici, on est des Arabes." Anissa : "C'est vrai, on ne sait pas d'où on vient : t'es d'ici, de là-bas, nous sommes un peu de nulle part."

Toute la classe acquiesce. M. Tchicaya : "Quand vous dites "On nous traite d'Arabe, de sale nègre", qui est-ce, "on" ?" Sahra : "Les Français, les Blancs, qui se croient supérieurs." Sabrina, 16 ans, la plus ancienne, riposte. "Si, en France, on me pointe du doigt en disant que je suis arabe, où est le problème ?, débite-t-elle. Je ne veux pas choisir entre la France et mes origines, et quand on te dit "T'es une Arabe", il ne faut pas le prendre comme une agression. Tu es les deux à la fois !" Yacob : "Je respecte, mais moi j'ai choisi le Maroc." Puis, il médite : "Peut-être que ces sifflets vont créer encore plus de préjugés sur nous." "De toute façon, dit Anissa, les Français pensent que ce sont que les Arabes et les Noirs qui foutent la merde dans ce pays."


Ces témoignages (en plus de faire réfléchir le citoyen français blanc qui ne connaît pas les contrôles d'identité récurrents), sont particulièrement utiles pour comprendre ce qu'est l'acculturation. L’acculturation désigne l’ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact continu et direct entre des groupes d’individus de cultures différentes, et qui entraîne des changements dans les modèles culturels initiaux de l’un ou des deux groupes. C’est un phénomène à la fois universel (toutes les cultures y sont confrontées, il n'existe pas de culture "pure") et permanent. L'acculturation a trois types de conséquences : l'adoption d'une nouvelle culture (assimilation), la combinaison de deux cultures (syncrétisme), ou encore la réaction (contre-acculturation). Nos petits collégiens sont de véritables cas d'école.

Bien qu'étant de nationalité française pour la plupart, ils ne se sentent pas intégrés à la société française, notamment du fait des discriminations et du racisme qu’ils subissent (« on me traite de sale arabe », « sale nègre », « préjugés », « les Français pensent que ce sont que les Arabes et les Noirs qui foutent la merde dans ce pays »).

Les élèves ont le sentiment d’être « entre deux cultures » : « on ne sait pas d'où on vient : t'es d'ici, de là-bas, nous sommes un peu de nulle part ». L’un d’eux souhaite clairement être assimilé à la culture française (« Je suis Française de nationalité, Je veux me considérer comme une Française »), mais face à la discrimination subie par les enfants français de parents immigrés, c’est une réaction qui se développe, plus qu’une adoption. La réaction peut se traduire par un retour à la culture d’origine : « Je respecte, mais moi j'ai choisi le Maroc », « je veux rester là-bas ». Sabrina, citée dans l'article, n’exprime ni une volonté d’assimilation (être uniquement considérée comme Française), ni un retour total vers sa culture d’origine qui traduirait une contre-acculturation. Au contraire elle plaide en faveur de la combinaison de ses deux cultures.

Enfin la réaction peut également prendre la forme de comportements contre-culturels, comme les sifflets lorsque l’hymne national, symbole de la France et de sa culture, est chanté. Cette contre-culture apparaît alors comme un refus actif de la culture dominante. Dans ces conditions, il semblerait que l'on prenne le problème à l'envers en menaçant de vider les stades.

Sources :
- "Le stade, c'est un des rares endroits où l'on peut encore manifester publiquement", Interview de William Nuytens, propos recueillis par Alexandre Roos, Le Monde, 15 octobre 2008

- Mustapha Kessous, « Ceux qui se sentent français, levez le doigt », Le Monde, 18 octobre 2008

Photos :
Empty chairs in Stade de France par WouteR

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jeudi 30 octobre 2008

Coupure réseau...

Blog en veille jusqu'au retour de la connexion internet.

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mercredi 29 octobre 2008

Sexe, blog... et économie

Je vais essayer de faire simple mais ce n'est pas forcément facile à comprendre tout de suite pour qui n'est pas quotidiennement bercé dans le petit monde de l'économie (la vraie). Du 20 au 22 novembre se tiennent les Journées de l'Economie à Lyon. Qui organise cela ? Ça se complique, un comité de pilotage dirigé par Pascal Le Merrer (ENS Lyon) et Guy Barriolade (Fondation Scientifique de Lyon), un conseil scientifique (présidé par Roger Guesnerie), et tout un tas de partenaires, du Codice à l'INSEE en passant par le Ministère de l'Education Nationale... Sans oublier l'Association Française de Science Economique qui prend une part active dans ces journées.

En clair, trois jours pour parler d'économie et que d'économie. Le programme est là. Et la liste des intervenants ici (que du beau monde !). Je n'y serai pas, mais si j'avais le don d'ubiquité, j'aurai aimé assister à la conférence débat Les manuels scolaires : regards croisés dans laquelle vont discuter Michel Pébereau et mon collègue et ami Rémi Jeannin.

C'est toujours dans ce cadre des journées de l'économie que l'AFSE organise ses entretiens (Les entretiens de l'AFSE), le vendredi 21 novembre. Et dans le cadre de ces entretiens, qui porteront sur la formation des économistes, un blog a été ouvert.

Ouf... on y est, tout ça pour vous expliquer d'où sort le blog :

Le blog des entretiens de l'AFSE

La question se pose, comme tout blog attaché à un évènement, de la pérennité de celui-ci. Va-t-on pouvoir y lire des billets au delà du 22 novembre ?

Je m'arrête quelques secondes sur l'auteur du dernier billet lisible à l'heure actuelle sur le blog des entretiens de l'AFSE. Il s'agit d'un billet de Stéphane Ménia qui analyse les relations entre blog et enseignement, mieux connu sous l'acronyme SM, co-auteur du blog d'éconoclaste et du livre Sexe, drogue... et économie avec Alexandre Delaigue. D'où le titre de mon billet. J'ai pu, entre deux cartons de mon déménagement, prendre le temps de lire le premier chapitre de leur livre, chapitre intitulé La Polygamie, pensez-y.

Je vais aimer le reste du livre, c'est sûr. C'est bien écrit, c'est intéressant, accessible et distrayant, avec plein de bonnes citations que j'aime et un traitement tout particulier de l'économie que l'on connaît déjà sur le blog, mais sur le papier c'est encore mieux. Bref, c'est le bouquin à lire le soir, en étant sûr de se coucher moins con.

Mais... Mais...
Dès le premier chapitre je note une première erreur de définition. Malheureusement c'est une erreur tellement ancrée, y compris dans les dictionnaires, qu'on ne peut blâmer les auteurs. Ils confondent tout simplement la polygamie et la polygynie. Étymologiquement, poly- signifie plusieurs, et -gamie vient du grec gamos qui signifie mariage, alliance, union. Littéralement, polygamie veut donc dire "plusieurs mariages" et non pas "plusieurs épouses". A l'intérieur de la polygamie on distingue donc le fait d'avoir plusieurs épouses (c'est la polygynie), et d'avoir plusieurs maris (la polyandrie). L'erreur vient du fait que la polyandrie n'étant pas commune dans les sociétés proches de la notre, on a tendance à assimiler la polygamie systématiquement à la polyginie. A ne pas confondre avec la Polynésie donc (revival les inconnus, à la 3e minute).

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jeudi 23 octobre 2008

Fin des retraites par capitalisation en Argentine

Après les décisions prises au Royaume-Uni, des décisions tout aussi marquantes sont prises en Argentine par la Présidente Cristina Kirchner. Le système de retraite par capitalisation géré par les fonds de pension privé va disparaître, et sera progressivement remplacé par un régime de répartition géré par la puissance publique. Cela n'est pas sans poser des problèmes financiers puisque les dix fonds de pension qui assuraient jusqu'à maintenant la gestion du système de retraite sont les principaux investisseurs institutionnels (les fameux zinzins) du pays.

C'est à lire dans Le Figaro :
L'Argentine nationalise son système de retraite

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mercredi 22 octobre 2008

Une relance keynesienne au Royaume-Uni

Sur les terres de Keynes, Gordon Brown, après avoir été le premier dirigeant européen à prendre le taureau par les cornes en nationalisant Bradford&Bingley et consorts au début du mois, n'a pas peur de parler de récession et de plan de relance. A la keynésienne, des hopitaux, des porte-avions, des lignes de train, des logements sociaux, un engagement de l'Etat à régler ses factures sous 10 jours...

C'est à lire dans Le Monde :
Le gouvernement britannique opte pour une relance keynésienne

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