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lundi 29 novembre 2010

Quand la Suisse et les USA sont aux antipodes.

Les géographes pensaient que le point antipodal de Washington tombait dans l'océan Indien. Que nenni, il se situe quelque part entre les Alpes et l'Autriche.

Hier, la moitié des Suisses en âge de voter se sont déplacés dans le cadre de référendums d'initiative populaire. Dans les media français on parle beaucoup du "Oui au renvoi des criminels étrangers" mais peu du "Non à plus de justice fiscale". Pourtant, 58.5% des bulletins ont exprimé une opposition à l'idée d'une légère augmentation de l'impôt des très riches et d'une limitation de la concurrence fiscale entre cantons.

Pendant ce temps, outre atlantique, des grosses fortunes font savoir qu'elles aimeraient bien payer plus d'impôt ! En effet les initiatives allant dans ce sens se multiplient comme le rapporte l'AFP dans une dépêche parue ce matin. Le projet "Responsible Wealth" de l'association United for a Fair Economy par exemple, réunit plusieurs centaines de millionnaires qui militent pour des hausses d'impôt ! Au pays de Laffer, c'est assez intéressant pour être noté.

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mercredi 30 avril 2008

Des nouvelles de nos amis outre-atlantique

Via Greg Mankiw : le PIB en volume des Etats-Unis progresse sur le premier trimestre 2008 (+0,8%). Ce n'est donc pas encore le début de la récession tant annoncée. Rappelons que, par convention, la récession correspond selon la définition américaine à une diminution de la production pendant deux trimestres consécutifs.

Via le NY Times : Ben Bernanke, le gouverneur de la Federal Reserve, vient d'annoncer une nouvelle baisse du taux d'intérêt directeur de 0,25pt à 2%. C'est le taux le plus faible depuis 2004. Pour mémoire, le taux directeur était de 5,25% en septembre dernier.

Un billet intéressant chez OBO à propos de l'évolution des inégalités aux Etats-Unis.

La note de veille du Centre d'analyse stratégique à propos des chiffres (trompeurs) du commerce extérieur américain.

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mardi 23 octobre 2007

Le New York Times critique l'amendement ADN


L'amendement ADN continue de faire parler de lui (voir ma précédente note : ADN et famille). Cette fois, l'attaque vient d'outre-atlantique, du grand quotidien The New York Times. L'agence de presse Reuters rapporte l'éditorial outré paru dans l'édition du 21 octobre du NYT. A suivre, la dépêche de Reuters et le lien vers l'article orginial.


La dépêche de Reuters :

Le New York Times part en guerre contre le projet de loi sur l'immigration de la France, qualifié d'"abject", qui introduit des tests ADN "comme fondement potentiel pour l'exclusion de familles immigrées cherchant à retrouver leurs parents qui vivent en France".

Dans un éditorial très virulent publié dimanche 21 octobre, le quotidien américain insiste sur le fait que l'utilisation de la génétique peut se révéler utile seulement "pour déterminer la culpabilité et l'innocence en matière criminelle", mais n'a "aucune place légitime au sein du droit de l'immigration". Le journal s'étonne que la France ne se souvienne pas des leçons imposées par son histoire. "En effet, rappelle le NYT, les premières notions de pseudo-science du 'sang' ont été introduites dans le droit français sous l'Occupation, par les Nazis et leurs collaborateurs de Vichy, avec les conséquences tragiques que l'on connaît".

Le NYT interpelle Sarkozy

S'il souligne que l'opposition à l'amendement sur les tests ADN a réuni des politiques de "centre-gauche", comme "des membres de la majorité de centre-droit encore pourvus de principe", le New York Times est choqué que les politiques français se soient contentés de "modifications d'ordre sémantique", qu'il juge largement insuffisantes.

Pour finir, le journal s'adresse directement au président français, "qui aurait pu à n'importe quel moment intervenir pour empêcher ce projet de loi, et en a encore la possibilité", mais qui "ne l'a jamais fait." Et conclut par cet appel, on ne peut plus clair : "Nicolas Sarkozy veut être considéré comme un homme d'Etat. Qu'il agisse en tant que tel".


Retrouvez l'article sur le site du NYT
Le Figaro se fait l'écho de l'édito du NYT

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mercredi 1 août 2007

Le salaire minimum et l'Ecole du Public Choice

Il est des économistes qui ne croient plus en la bonté de l'Homme. Ou plus précisément, en l'homme politique. Ils se retrouvent, ces économistes, dans l'Ecole dit du Public Choice (ou "Choix public" pour ceux qui n'ont pas révisé leur anglais en lisant le dernier tome de Harry Potter). Que racontent-ils ces économistes ? Pour William D. Nordhaus, la conjoncture est fonction des actions politiques, actions menées par des hommes et des femmes qui ne sont pas moins rationnels que les autres. Conséquence : les hommes politiques nous disent qu'ils oeuvrent pour l'intérêt général, alors que leur rationalité les fait oeuvrer dans le sens de leur intérêt personnel, en l'occurence leur réélection. Voyons de quoi il retourne, en examinant les dernières nouvelles concernant le salaire minimum en France et aux Etats-Unis.


Monsieur N. Sarkozy l'a dit, "pas de coup de pouce au SMIC". Et il l'a fait : aujourd'hui un Smicard gagne à peine 1000€ net par mois, pour peu qu'il ait la chance d'avoir un emploi à temps complet. La progression est fixée au minimum légal de 2% par rapport à 2006. Pourtant M. Sarkozy s'était proclamé candidat du pouvoir d'achat pendant la campagne des Présidentielles. Oui mais voilà, le SMIC c'est pas bien puisque c'est une entrave à libre fixation du salaire sur le marché du travail. Et puis le "paquet fiscal" c'est tellement chouette que ça vaut bien une augmentation de salaire. Comment ça le "paquet fiscal" ne concerne quasiment pas les Smicards ? Ah zut... Bon, on s'en fout, on vient d'être élu, on a 5 ans devant nous pour contenter les Smicards. C'est très caricatural, mais c'est un peu comme ça que ça marche les théories du Public Choice. La politique, c'est un marché, où l'on échange des promesses contre des voix. Plus question de projet de société, mais une sorte de démocratie individualisée, de check-list qui permet de n'oublier personne, de contenter tout le monde et de récolter un maximum de voix : les retraités, les paysans, les industriels, les handicapés, les gars du batiment, les parisiens, les corses, les smicards, les autres... Tiens, les smicards ? Boaf, 2.5 millions de personnes, une catégorie de la population comme une autre.

Sur le marché politique, il n'y a pas que des relations entre hommes politiques et électeurs, il y a également des contrats entre politiques. "Vote pour mes paysans, je voterai pour tes industriels", c'est comme ça que le résume le très très libéral Cercle Bastiat (gauchistes, attention les mirettes !). Frédéric Bastiat, penseur, économiste et homme politique libéral du XIXe siècle, n'était autre que l'économiste préféré de Ronald Reagan. Revenons à nos moutons, l'accord entre hommes politiques de partis opposés sur des questions précises est particulièrement employé aux Etats-Unis où on le nomme "logrolling". Et c'est l'observation de cette pratique qui a conduit Tullock et Buchanan à faire une analogie entre la vie politique et la microéconomie : les acteurs sont rationnels et ils cherchent à maximiser la satisfaction de leurs intérêts individuels.

Le salaire minimum aux Etats-Unis, c'est différent. Le salaire minimum n'a rien à voir avec celui que nous connaissons. Il est quasiment l'apanage des moins de 25 ans, il concerne également plus de 2 millions de personnes (mais rappelons que la population américaine est 5 fois plus nombreuse que la population française). Pour autant le salaire minimum n'y est pas moins symbolique. Un entrefilet de la dernière Note de veille du CAS nous apprend, au risque de flanquer la migraine à notre Président, que le salaire minimum américain connaîtra une progression de 40% en deux ans ! Cela faisait 10 ans qu'il n'avait pas été revalorisé, il fallait plus qu'un coup de pouce. Eh oui, le Smic américain c'est le truc qu'on oublie toujours au fond du garage. Qu'on ressort tous les 10 ans. Il y avait quoi en 1997 déjà ? Ah oui, la réélection de Bill Clinton... Il y a quoi en 2009 ? Ah oui, les élections présidentielles américaines. George W. Bush ne pourra s'y présenter une troisième fois, mais tout est bon à prendre pour que la place encore chaude revienne à un copain Républicain. En se référant au récent article de Catherine Sauviat de l'IRES, on apprend que "cette mesure a été adoptée grâce à son inclusion par les Démocrates dans une vaste proposition de loi portant à 120 milliards de $ les dépenses supplémentaires prévues pour le maintien des troupes américaines en Irak et en Afghanistan, proposition soutenue par les Républicains et la Maison Blanche." Autrement dit, "vote pour mes smicards, et je voterai pour tes soldats".

Sources :
Buchanan James D., Tullock Gordon, The Calculus Of Consent, 1962
Nordhaus William D., The Political Business Cycle, 1970
Conseil d'Analyse Stratégique, Note de veille n°69, 30 juillet 2007
Sauviat Catherine, "Etats-Unis. La revalorisation du salaire minimum : une réalité après dix ans de gel", Chronique internationale de l'IRES, n°107, juillet 2007.

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mardi 10 juillet 2007

Quel futur pour les Petits-Beurres ?

J'habitais plus près de la BN que de l'usine LU. Par vent d'ouest, ce sont les Chocos plus que les Pailles d'or que je pouvais sentir, en allant à la piscine (la BN est derrière la piscine de Saint-Sébastien-sur-Loire). Pourtant je suis passé souvent devant l'usine LU (la récente à la Haye-Fouassière, comme l'ancienne le long du canal Saint-Félix). Je me revois, casser les coins des Petits-Beurres, pour mieux les tremper dans mon gobelet, chez ma mamie. On a tous des souvenirs d'enfance. Et pour moi, les Petits-Beurres y occupent une place des plus importantes. Ah... l'industrie agro-alimentaire. La Biscuiterie Nantaise c'est maintenant United Biscuits, et dans quelques jours Lefèvre-Utile sera américain, il rejoindra Toblerone, Côte d'Or et autre Suchard dans l'escarcelle de Kraft Foods.

Fusion, acquisition, extension...
"Le planté du baton, Monsieur Dus, tout est dans le planté du baton : flexion, planté du baton, extension". Plus sérieusement, qu'est ce qui pousse une entreprise à acquérir une autre ? Quels sont les résultats escomptés ? Quels sont les résultats réels, dans la majeure partie de cas ? Voici un petit billet pour tenter de comprendre quelque chose à la concentration.

Ici, la logique de Kraft Foods est claire : en rachetant la branche biscuit de Danone, l'entreprise américaine compte augmenter son pouvoir de marché, afin de sortir de sa place d'éternel numéro deux, et pouvoir concurrencer le géant Suisse, Nestlé. Elle avait déjà commencé l'année dernière en reprenant 25% de United Biscuits au travers de sa branche Europe du Sud. La concurrence est de plus en plus rude, car le gateau que se partagent ces géants industriels risque de se réduire de manière continue : la chasse à la mal bouffe est ouverte, les distributeurs de cochonneries en tout genre sont progressivement retirés, taxés, la publicité comporte enfin des messages du genre "manger gras tue", mais en moins trash. En clair, le marché du bio est porteur, quand celui des lipides est condamné.

Le but ultime : devenir numéro un.
Nous sommes donc là en face d'un cas de concentration financière horizontale. Le problème, c'est qu'à force de racheter ses concurrents directs, on tue de fait la concurrence, la concentration devient alors synonyme d'oligopole, voire de monopole dans certains cas. Quels sont les avantages des fusions-acquisitions, en dehors de l'accroissement du pouvoir de marché ? On peut sommairement en dénombrer trois :
  1. Cela permet d'optimiser le rapport entre coût de transaction et coût d'organisation. En clair, il peut être plus économique d'intégrer une activité au sein d'une firme que de recourir sans cesse au marché.
  2. On peut ainsi dégager des économies d'échelle et des économies d'envergure.
  3. Pour les actionnaires, la menace du rachat permet de motiver les managers puisque ceux-ci risquent leurs places. Les fusions-acquisitions sont donc un outil pour contrôler les dirigeants de grandes entreprises.
Ces trois arguments n'illustrent pas vraiment la situation commentée ici. Kraft Foods ne va pas intégrer des coûts en achetant LU à Danone. Il n'est pas évident que des économies d'échelle soient réalisés, peut-être plus des économies d'envergure, et encore... Enfin, les dirigeants de LU n'y sont pas pour grand chose si la maison mère Danone souhaite réorienter sa stratégie de long terme. Il s'agit donc purement et simplement de récupérer des parts de marché, et de continuer son implantation en Europe pour le géant américain.

Quelles conséquences pour les firmes ?
Elles sont souvent ambiguës. La firme gagnante n'est pas toujours celle que l'on croit. Ici, celle qui perd directement, c'est Danone : moins de parts de marché, elle perd une entreprise rentable. Mais les quelques 5.3 milliards d'euros dégagés par l'opération ne seront pas de trop pour racheter le néerlandais Numico. Et même si en règle générale les fusions acquisitions se traduisent bien en hausse de rentabilité, et donc à l'avantage de l'acheteur, celui-ci a tendance à surévaluer l'entreprise achetée. C'est tout bénef pour les actionnaires de cette dernière. Seul l'avenir nous dira si la biscuiterie LU valait bien ces 5.3 milliards. En tout cas, dans le coeur des Nantais, elle n'a pas de prix !

Après quelques jours de vacances, nous reviendrons sur les conséquences sociales des fusions-acquisitions. Si Kraft assure ne pas vouloir "dégraisser" les effectifs de LU en France, rien n'est moins sûr quant aux belges, espagnols, italiens, polonais ou russes, qui s'inquiètent pour leur sort.

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mercredi 20 juin 2007

De la communication en politique

Le dernier clip de campagne de Hillary Clinton vient de sortir sur le net. On la voit, avec son président de mari, dans un de ces millions de restaurants typiques qui parsèment les Etats-Unis d'Amérique, ça sent le "cliché" (en anglais dans le texte). Hillary ne sait pas quelle chanson choisir sur le juke box du bout de la table, pendant que Bill regarde son assiette un peu désolé par ce qu'il y trouve.



Nous y voila, la politique 3.0, vous voulez savoir quelles chanson Hillary va choisir ?? Mais choisissez vous-même ! Allez voter... C'est ce qu'ont fait des millions d'américains. Ma chanson est la votre, mon avis est le votre, mon projet est le votre. Ca rappelle quelque chose. Nous sommes bel et bien passés d'une démocratie de parti, de projet, à une démocratie d'opinion. Et l'utilisation du net version 2.0 est là pour l'illustrer parfaitement.

La mise en scène est digne de la meilleure série américaine (d'ailleurs les connaisseurs des Sopranos devraient apercevoir quelques clins d'oeil). Et le résultat est tombé hier :



Tout ça pour choisir Céline Dion... pffff, ça valait bien la peine.

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