jeudi 24 janvier 2008

Jedi's links [1]

Sur le net on pouvait déjà lire les liens du lundi, les choses utiles du mardi, les choses en listes, voir la photo du week-end ou encore l'heure de lecture. De plus en plus de "blogueurs" se mettent à poster plus ou moins régulièrement des listes de choses. Un peu comme les séries américaines qui envahissent vos écrans de télés, à force de les voir toutes les semaines on finit par s'accrocher à ces petits rendez-vous. Le lundi et le mardi étant déjà pris par Versac et François et le week-end par Manuel, je revendique les liens du jeudi, pour nos amis anglophones Jedi's links (bon d'accord, elle est nulle, mais tant pis). Il n'y a pas de raison que je reste à côté de cette mode. En cette période de crise boursière, le comportement moutonnier a le vent en poupe !
  • La revue des profs de SES, Idées, change de maquette. Comme à chaque numéro le CNDP propose en téléhargement un article, ce trimestre il est consacré au jeu vidéo Les Sims, article que l'on doit à Fanny Lignon de l'Université de Lyon I - Claude Bernard.

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mardi 22 janvier 2008

Le cumul des inégalités

Les inégalités monétaires sont les plus visibles et en conséquences les plus dénoncées. Les inégalités de revenus d'un côté (j'en ai parlé récemment dans une note sur les basketteurs américains) et celles de patrimoine de l'autre, encore plus importantes. Car non seulement le patrimoine est alimenté par la part des revenus qui est épargnée (part qui augmente avec le revenu, cf la loi psychologique fondamentale de Keynes), mais ce patrimoine génère lui-même des revenus. Si le revenu est un flux, le patrimoine est un stock, qui s'accumule au fil du temps. Plus le patrimoine est important, et plus il génère des revenus. L’écart se creuse donc entre ceux qui ont du patrimoine et ceux qui n’en ont pas, et les inégalités se cumulent.

En France, en 2004, un ménage de cadre disposait selon l’INSEE de revenus 2.2 fois supérieurs à un ménage d’employés après impôts. Mais en terme de patrimoine, il en détient 7.3 fois plus. De même, les 10% de ménages qui gagnent le plus reçoivent 25% des revenus distribués, mais possèdent 46% du patrimoine des ménages (ces derniers chiffres sont à prendre avec précaution tant il est difficle en France d'avoir des données fiables sur ce sujet : pour en savoir plus www.inegalites.fr). Enfin un patrimoine peut se transmettre de génération en génération, par la donation ou l’héritage, ce qui renforcent l’inégalité des chances (on ne choisit pas ses parents).

Les inégalités non monétaires.
Mais il existe également des inégalités qui n'ont pas grand chose à voir avec le revenu ou le patrimoine, du moins pas directement, et qui sont autrement plus injustes. Le dernier numéro de Population & Sociétés, publication de l'INED, est consacré à l'espérance de vie en bonne santé. Nos actuels dirigeants politiques répètent à l'envi que la progression de l'espérance de vie (Un an tous les quatre ans) conduit inéxorablement à l'allongement de la durée du travail. Est-ce si inéxorable ? Et est-on sûr que les années de vie gagnées sont des années en bonne santé ? Telle est la question que posent les auteurs de l'étude.

Il ressort de cette étude que les ouvriers non seulement disposent d'une espérance de vie plus courte que la moyenne, mais également d'une espérance de vie en bonne santé considérablement raccourcie par rapport aux autres catégories socio-professionnelles. A 35 ans, les ouvriers peuvent espérer vivre en moyenne encore 41 ans, contre 47 pour les cadres. Mais ces derniers vivent 34 de ces 47 années sans incapacités, alors que les ouvriers n'en disposent que de 24 (soit 59 ans, 1 an avant l'âge légal de liquidation des droits à la retraite à taux plein). Pour compléter le tableau, à mesure que les individus avancent en age, les différences s'accroissent : après 60 ans, les ouvriers (de deux sexes) vivront plus d'années avec des incapacités que sans, et avec des incapacités plus sévères que les cadres.

Sources : Emmanuelle Cambois, Caroline Laborde, Jean-Marie Robine, La "double peine" des ouvriers : plus d’années d’incapacité au sein d’une vie plus courte, Population et sociétés n°441, Janvier 2008.

Crédit photos : Construction Worker Houston Texas 1 par BillJacobus

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jeudi 17 janvier 2008

Qui sont les idéologues ?

Depuis quelques jours on peut lire, écouter, voir dans les media une critique de la discipline Sciences économiques et sociales dans l'enseignement secondaire français : elle véhiculerait une idéologie néfaste pour notre jeunesse, par le biais d'enseignants peu scrupuleux et des manuels scolaires à l'objectivité relative. Mais de quel côté se situe réellement l'idéologie ?

A la Une du Figaro du 15 janvier on pouvait lire ce gros titre "Les manuels scolaires en accusation". A l'intérieur du quotidien, une pleine page était consacrée à ce dossier, clouant au pilori les manuels d'économie. Les critiques sont vives : les manuels sont un désastre, la formation des enseignants laisse à désirer, et les patrons d'entreprises devraient intervenir plus souvent, dans les classes auprès des élèves, voire dans la conception même des programmes scolaires.

Comme souvent, l'enseignement de Sciences économiques et sociales se trouve réduit à la seule discipline économique, minimisant ainsi sa dimension sociale. Pourtant c'est bien cela qui fait la richesse de cet enseignement : le croisement des regards scientifiques qu'ils viennent de l'économie, de la sociologie et de la science politique, pour expliquer des faits économiques et sociaux toujours plus complexes, pour permettre aux lycéens de s'ouvrir au monde qui les entoure, pour comprendre les enjeux qu'ils soient locaux, nationaux ou à l'échelle planétaire.

Des critiques qui font le plus souvent preuve d'une réelle méconnaissance des programmes.
Ainsi Michel Pébereau, Président du Conseil de surveillance de BNP Paribas, Président de l'Institut de l'entreprise et membre du Medef, interviewé dans les colonnes du Figaro critique les programmes et les manuels parce qu'ils ne donneraient pas "à la production et à l'échange, à l'entreprise et au marché la place centrale qui devrait être la leur". C'est bien mal connaître l'enseignement de Sciences économiques et sociales. La production (et donc les entreprises) constitue un pan entier de l'enseignement dispensé en Seconde. Les entreprises et les autres agents économiques sont à nouveau abordés longuement, dès le début de l'année de Première, dans un chapitre consacré au circuit économique, suivi par un chapitre sur la mesure de la production et des échanges. Ces items constituent la base du cycle terminal (classes de Première et Terminale) qui conduit les élèves vers l'épreuve du baccalauréat. Le marché occupe également une place importante au coeur de l'année de Première. Dans cette partie sont présentés les principes de la concurrence parfaite et du contrôle des abus de position dominante, mais également les stratégies mises en oeuvre par les entreprises pour améliorer leur compétitivité. Ces notions sont approfondies en Terminale, qu'il s'agisse du marché, des entreprises, de leur contribution à la croissance, de l'innovation, de la compétitivité, du rendement, du coût du travail... Toutes ces notions sont explicitement définies comme devant être parfaitement maitrisées par un élève se présentant au Baccalauréat dans la série ES.

Ce qui semble déplaire, c'est que des nuances sont apportées afin de garantir une présentation pluraliste des théories économiques et sociales. Le marché a des limites, il peut s'avérer défaillant dans la production de certains biens pourtant nécessaires à la collectivité, et des règles juridiques sont nécessaires pour assurer le bon fonctionnement du marché. De la même manière, les avantages de l'intervention des pouvoirs publics sont abordés, puis nuancés pour permettre d'étudier les contraintes qui pèsent sur cette intervention, et les limites de celle-ci en terme d'efficacité.

Pour conclure, je rappelerais les propos tenus par M. Pébereau le 23 février 2006 à la CCI de Paris (le texte intégral est disponible ici) :

"Il serait peut-être bon d'effectuer un travail pédagogique de fond sur nos lycéens, comme cela a été fait par les entreprises depuis 20 ans auprès de leurs salariés, afin de les sensibiliser aux contraintes du libéralisme et à améliorer leur compétitivité, en adhérant au projet de leur entreprise."

Propos sans nuance, édifiant même, que l'on pourrait interpréter comme l'expression d'une volonté que l'Education nationale devienne le lieu de l'embrigadement de la jeunesse au service de l'idéologie libérale. A cela il est plus qu'impératif que l'enseignement dont il est question conserve le pluralisme qui le caractérise, et ce afin de poursuivre sa finalité : conduire les élèves à la connaissance et à l'intelligence des économies et des sociétés contemporaines, concourir à la formation du citoyen, capable d'exercer son esprit critique. Les Sciences économiques et sociales n'ont pas pour finalité de faire l'apologie de quelque doctrine économique ni de quelque idéologie que ce soit.

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mercredi 16 janvier 2008

Idéologie du don


Le Futur En Dépend
Originally uploaded by Sfar.
Parce que tout professeur, quelque soit sa discipline, devrait avoir des notions de sociologie de l'éducation (heureusement que les IUFM sont là pour la jeune génération d'enseignants et la formation continue progresse dans ce sens pour les plus expérimentés), je renvoie plutôt deux fois qu'une à la lecture de la préface du dernier livre de Marie Duru-Bellat et Martine Fournier, L'intelligence de l'enfant, l'empreinte du social, disponible sur le site inegalites.fr.

C’est la vocation naturelle des sciences humaines et sociales que de démontrer comment sont fabriqués les faits sociaux que nous percevons volontiers comme naturels. Mais dans certains cas, comme en ce qui concerne l’intelligence, il s’agit d’une tâche à reprendre sans cesse, tant sont lourds les enjeux sociaux de sa naturalisation.

En effet, combien de fois entend-on "il n'est pas doué pour les maths", "les filles sont faites pour étudier les lettres", etc. Comme une évidence, un trait naturel, tel élève se rélève "naturellement doué" et tel autre se considère "définitivement nul". Ses parents, ses camarades, ses professeurs vont le conforter dans cette perception des choses tant il est difficile de se défaire de cette idéologie du "don". Intériorisé, l'échec personnel sera alors vécu de manière individuelle par l'élève en difficulté. S'il ne réussit pas, c'est qu'il n'est pas "méritant".

Se défaire des jugements automatiques, c'est à cela que doivent servir les sciences sociales.

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mardi 15 janvier 2008

63 800 000

L'INSEE vient de publier les résultats des enquêtes de recensement 2004-2007. Les prévisions laissent penser que l'année 2008 vera la France franchir la barre des 64 millions d'habitants.

Les grandes tendances et ordres de grandeurs à retenir si vous voulez briller en société ou améliorer votre culture gé :

  • La population a augmenté de 361 000 personnes en 2007, chiffre que l'on peut décomposer comme il suit : 816 500 naissances moins 526 500 décès nous donne un solde naturel de 290 000, auquel il faut ajouter le solde migratoire (immigration - émigration) évalué à 71 000 (en forte baisse par rapport aux années précédentes).
  • Le nombre de naissances reste donc très élevé (Indice conjoncturel de fécondité : 1,98 enfant/femme) et pour la première fois la proportion de naissances hors mariage dépasse les 50%. L'âge moyen des femmes au premier enfant continue d'augmenter pour friser les 30 ans (29 ans et 8 mois).
  • Ces naissances n'empêchent pas le vieillisement de la population : en effet on assiste à un très bel effet de structure puisque les moins de 20 ans augmentent en nombre, mais leur part dans la population totale continue de diminuer. Ils passent pour la première fois sous la barre des 25%. Cela prouve notemment qu'à court et moyen terme, seule une politique migratoire ouverte peut permettre d'enrayer le vieillissement de la population, mais le solde migratoire est en forte baisse cette année (- 22% par rapport à 2006).
  • L'espérance de vie garde le même rythme de progression : nous gagnons 3 mois par an, soit 1 an tous les 4 ans, ou encore 2,5 ans tous les 10 ans.
Source :
Bilan démographique 2007 : des naissances toujours très nombreuses, Insee première n°1170, janvier 2008
Photo : le blog de Joël Ronez

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lundi 14 janvier 2008

L'Alliance des Civilisations

Alors qu'on parle beaucoup de "civilisation" ces derniers temps, et que l'on ne sait pas toujours s'il faut comprendre le terme au sens d'Edgar Morin, ou bien au sens de Samuel Huntington, je lis un article du Financial Times assez intéressant à propos du projet d'Alliance des Civilisations, rédigé par le Premier Ministre Malaisien et intitulé "Muslim nations can pursue knowledge". J'ai entrepris de le traduire rapidement pour en faire bénéficier ceux qui ne s'aventurent pas dans la presse anglophone.

Il y a quelques semaines il se trouve que j'ai parcouru le dernier ouvrage d'Emmanuel Todd et Youssef Courbage, Le rendez-vous des civilisations (dont on peut lire des recensions ici, ou ). Les auteurs parviennent, avec force démonstration démographique, à prouver que le monde musulman serait en train de connaître sa phase de modernisation, et que plus qu'un choc de civilisation, nous devrions connaître un "rendez-vous", plus pacifique. Une fois que le taux de natalité se sera stabilisé et que le taux d'alphabétisation aura atteint partout un certain niveau, le monde musulman nous rejoindra. J'ai toujours trouvé étonnant que la démographie soit une discipline qui puisse se permettre de ne pas prendre ses distances avec l'évolutionnisme, mais passons, ceci est un autre débat. E. Todd et Y. Courbage évacuent relativement rapidement la variable religieuse en ne lui accordant que peu d'influence, et en se focalisant sur les formes familiales, les systèmes de parenté, et les variables déjà nommées ci-dessus.

L'article rédigé par le Premier ministre Malaisien, connu pour sa défense d'un Islam moderne, fait prendre à la religion une part importante dans les facteurs qui influent aujourd'hui sur les sociétés du monde musulman. Mais il affirme également que c'est une certaine pratique de cette religion qui pourra permettre à cette partie du globe (qui va quand même de l'Afrique à l'Extrême Orient) de connaître une véritable situation de développement, notamment grace à l'accès à la connaissance. Et l'auteur de mettre en garde "l'ouest" contre sa tentation d'imposer au reste du monde sa propre conception de la "civilisation" (intéressant cette opposition Est/Ouest, n'est ce pas ? On n'est pas dans l'opposition Nord/Sud des économistes).

Bonne lecture :

Les nations musulmanes peuvent accéder à la connaissance.

Ce mardi, à Madrid, des dirigeants politiques, d’ONG et de la société civile du monde entier vont entamer deux jours de conférence dans le but de promouvoir la compréhension interculturelle, mais également de créer et développer des partenariats et des initiatives visant à la promotion d’une « Alliance des Civilisations »

C’est, à mon sens, un objectif honorable autour duquel nous devrions tous nous unir. Mais en faisant cela nous devons nous assurer que même la voix des faibles et des marginaux sera entendue. L’ère moderne est caractérisée par une rapide diffusion des idées et des valeurs depuis les centres de pouvoir vers le reste de l’humanité. Malheureusement, le puissant a tendance à attendre du reste du monde qu’il accepte son monde sans poser aucune question. Cela n’est ni toujours possible, ni même désirable.

Les cultures et les civilisations non occidentales ont leur propre histoire, leurs propres traditions et religions, qui s’incarne souvent dans des idées et des valeurs fondamentalement différent de ce que l’Ouest a à offrir. Et ce tout particulièrement en matière de religion.

Beaucoup à l’Ouest attendent que les sociétés musulmanes se développent matériellement, qu’elles séparent la religion de la sphère publique, la traite comme un fait purement privé, à la manière de ce qui s’est passé en Europe pendant à la période des « Lumières ». Cependant, alors que de nombreuses sociétés musulmanes s’urbanisent et se modernisent, nous assistons à un attachement grandissant à l’Islam. Les causes de ce phénomène sont complexes ; les gens veulent protéger leur identité du risque de voir leur identité absorbée par une norme globale. Dans certains cas, l’attachement à la religion est une réaction contre les forces monolithiques de la globalisation, forces qui parfois rompent violement avec certaines caractéristiques de l’Islam : la recherche d’une spiritualité toujours plus profonde, de son dessein, et sa préoccupation à l’égard de ceux qui sont dans le besoin. C’est pourquoi, pour les musulmans, la religion ne peut en aucun cas relever de la seule sphère privée. Pour Mahomet, à la différence d’autres prophètes, a dirigé un état et établi des principes de gouvernement qui incorporaient ces valeurs.

Cela ne signifie pas pour autant que les Musulmans soient contraints de créer des états Talibans partout ! Ni que l’Islam soit l’anathème de la croissance économique. L’assimilation de l’Islam et du monde musulman à la violence, l’instabilité, la pauvreté, l’illettrisme, l’injustice et l’intolérance est hautement fallacieux.

En dépit de cela, on ne peut dénier qu’une large part du monde musulman est en effet parmi les territoires les plus économiquement sous développés. Dans tous les cas, les pays musulmans sont en retard car ils ont renoncé à la poursuite de la connaissance, une injonction fondamentale de l’Islam. La plupart des musulmans ont fermés leurs esprits et laissé la tradition et les interprétations religieuses étriquées affaiblir la recherche, l’innovation. La limitation de la connaissance aux faits religieux et l’apprentissage en cercle fermé a éteint l’esprit de découverte. Ce n’est pas rendre service à l’Islam.

De la même manière, les musulmans ont souvent oublié que le travail est aussi une forme de culte et que l’Islam demande de l’application et de la persévérance. Si les musulmans adhèrent à ces valeurs, alors l’Islam se présentera de lui-même comme une vision progressiste et moderne du monde, focalisé sur la recherche de la connaissance et le développement du capital humain. Le monde musulman ira encore plus loin lorsqu’il débloquera et développera son propre potentiel, à travers de hauts niveaux de qualifications. Mais cela ne sera pas possible si certains musulmans continuent de négliger le droit des femmes à l’éducation et au travail. Les femmes constituent la moitié du capital humain du monde musulman ; en marginalisant les femmes, on ne fait que s’appauvrir nous-mêmes.

On ne saurait attribuer la faute à la seule récession économique que connaît le monde musulman ou aux seuls problèmes récents qui l’ont opposé au monde occidental. Les problèmes persistant en Afghanistan, en Irak, au Liban et en Palestine sont les restes des projections passées du pouvoir mondial. En conséquence, l’humiliation ressentie par les musulmans engendre toujours un manque de confiance vis-à-vis de l’Ouest. Mais, quelque soit la cause, ces questions stratégiques sont maintenant entrelacés et interdépendantes, et leur résolution va requérir aussi bien une plus grande compréhension et une confiance accrue, que la création d’opportunités économiques.

Si, dans les jours qui viennent, nous parvenons à effectuer les premiers pas vers une Alliance des Civilisations, le monde musulman et l’Ouest auront tout deux beaucoup à apprendre l’un de l’autre, et beaucoup à y gagner.

Abdullah Ahmad Badawi, Premier ministre de la Malaisie
Article paru le 14 janvier 2008, dans le Financial Times

Pour en savoir plus sur l'origine du projet d'Alliance des Civilisations

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